| jeudi 04 août 2011, a 19:38 |
| LES DIFFICULTES SEXUELLES DU COUPLE |
INTRODUCTION
Dans les rangs des musulmans, le mariage fait l'objet d'une forte recommandation. Diverses activités sont menées pour inciter les uns et les autres à fonder des foyers : prêche, causeries, conférences…
Cependant, les structures et les occasions d'information et de formation sur la vie conjugale de manière générale et la sexualité du couple musulman en particulier sont presque inexistantes. Cette situation, loin de faciliter la gestion des difficultés sexuelles des conjoints laisse voir la pertinence du thème : « les difficultés sexuelles du couple musulman ». L'intérêt d'un tel thème réside dans le fait qu'il permet d'informer les couples musulmans sur la nature et les conséquences des problèmes sexuels et d'y proposer des pistes de résolution. De cette considération, découle le plan suivant :
I-DEFINITION ET NATURE DES DIFFICULTES SEXUELLES
1. Définition
Selon le petit Larousse illustré de 2002, difficulté vient du latin difficulté qui signifie complexité, empêchement, obstacle, opposition.
Quant à la sexualité, elle est l'ensemble des phénomènes sexuels ou encore l'ensemble des diverses modalités de la satisfaction instinctuelle liée à la reproduction de l'espèce.
Est sexuel ce qui est relatif à la sexualité. Ainsi, l'acte sexuel ou les rapports sexuels désignent ils le coït, la copulation ou accouplement tandis que les relations sexuelles touchent au comportement de manière générale entre les deux sexes.
Comprenons alors par difficulté sexuelle toute chose qui bouleverse, compromet la vie sexuelle normale du couple. C'est tout ce qui nuit à l'expression des sentiments de manière générale et à l'accomplissement de l'acte sexuel en particulier, considération faite des principes islamiques.
2. Nature des difficultés sexuelles
Les difficultés sexuelles que peut connaître le couple sont de nature différente et sont classable de la manière suivante :
1- L'absence de désir ou anaphrodisie
C'est le cas où le ou les conjoins manquent même l'envie de faire des rapports sexuels. C'est le désintérêt pour le sexe.
2- Le manque de plaisir ou anorgasmie
Ici, le ou les conjoints ne ressentent aucun plaisir durant le processus de l'acte charnel. Tout est fade et se passe sans gout. C'est le cas typique de la femme atteinte de frigidité. Quand le mari fait une éjaculation précoce, l'épouse ne peut normalement pas atteindre l'orgasme.
3- Les saignements et les douleurs lors des rapports sexuels
Dans certains cas, l'acte sexuel s'accompagne des saignements et des douleurs superficielles ou profondes chez la femme présentant des anomalies physiques ou mal préparé à l'acte. L'homme peut vivre des douleurs en présence d'une « femme à lame» c'est-à-dire dont le vagin est rugueux.
3. Les cas d'impossibilités de rapports sexuels
Dans les cas suivants la pénétration de la verse dans le vagin est impossible :
a) L'impuissance
C'est le cas où l'organe viril ne peut pas se mettre en érection, se dresser de manière satisfaisante
b) Le vaginisme
Suite à certaine intervention médicales ou à des traumatismes sexuels (excision, viol), le vagin de certains femme se contractent involontairement et empêchent ainsi toute pénétration.
c) Les chéloïdes
Ce sont des boutons qui poussent suite à l'excision et ferme le passage au niveau du vagin.
4. Les désaccords sexuels
Indépendamment des cas précédents certains conjoints ont souvent du mal à accorder leur violon sur certains détails concernant les rapports sexuels tel le moment et la manière. Les divergences de point de vue sexuel provoquent ainsi des échecs sexuels.
II- LES CAUSES DES DIFFICULTES SEXUELLES
Les principales causes des difficultés sexuelles sont :
1-les défauts anatomiques et physiologiques
La malformation ou le dysfonctionnement des organes sexuels ou annexes (appareil circulatoire par exemple) peuvent compliquer ou rendre impossible des rapports sexuels. L'impuissance de l'homme peut s'expliquer par un faible débit sanguin. Des rapports sexuels avec la femme au vagin rugueux provoquent des douleurs
2- Les séquelles de l'excision et certaines interventions médicales
L'excision et les interventions médicales peuvent provoquer des vaginismes et chéloïdes rendant la pénétration du vagin impossible.
3- Le stress et la fatigue
Le stress et la fatigue provoque soit l'absence de désir, soit l'absence de plaisir, soit enlève la performance physique nécessaire à l'accomplissement de l'accouplement
4-Les divergences culturelles
Des conjoints de culture différente peuvent vivre des échecs sexuels liés à la vision que chacun a de la sexualité. Il peut y avoir désaccord sur les moments, les techniques ou les positions sexuelles. Par exemple au temps du prophète (saw) les hommes de quouraich avaient l'habitude de commercer avec leurs épouses dans la position genoux-coude. Quand ils prirent des femmes médinoises et voulurent en faire autant avec elles, ces dernières refusèrent considérant cela comme malsain et préférant la position latérale jugée plus pudique.
5-L'ignorance ou la méconnaissance des pratiques sexuels
L'acte sexuel pour être réussi demande une procédure à suivre sous peine d'échec. La copulation humaine n'est ni mécanique ni brutale. Prise comme telle, elle provoque des déceptions et des douleurs.
6-Les problèmes psychologiques
Les traumatismes vécues dans le domaine sexuel (viol, défloration violente…) laissent des souvenirs très amers qui reviennent chaque fois qu'il est question d'acte sexuel et confonde le sujet. Les faits sociaux tels le remariage et la condition sociale du conjoint peuvent provoquer aussi la timidité, la gêne et le sentiment de culpabilité, toute chose nuisible à l'épanouissement sexuel.
7-La sorcellerie
Pour empêcher l'épanouissement du couple, le sorcier peut envoûter le ou les conjoints de sorte que les rapports sexuels ne réussissent. L'homme devient impuissant, la femme devient détestable ou se refuse à son mari ou encore les rapports sexuels deviennent douloureuses pour le couple.
III- CONSEQUENCES DES DIFFICULTES SEXUELS
Les difficultés sexuelles ont des effets néfastes pour la vie du couple musulman. Elles sont à l ‘origine de divers maux
1-Les maux physiques
Les échecs sexuels provoquent généralement des déchirures vaginales, des douleurs intérieures et des céphalées.
2- les troubles de comportements
Les besoins sexuels mal comblés entraînent surtout la nervosité vis-à-vis du conjoint ou par extension à d'autres personnes. L'insatisfaction sentimentale peut donner aussi lieu à des « actes manqués ». Par exemple, la femme confond le sel et le sucre pour le café du mari. Enfin, le conjoint insatisfait peut perdre le sens de la vie et se délaisser totalement.
3- L'infidélité
A force d'échouer dans le couple, l'époux ou l'épouse peuvent succomber à la tentation de faire l'aventure au dehors.
4- Le divorce
Il se présente comme une résolution de se séparer du conjoint devenu source de cauchemars.
5-Le déséquilibre spirituel
Autant la sexualité réussie contribue à l'équilibre spirituel, autant la déception sentimentale la menace. Sous l'effet de l'anxiété et des soucis causés par les problèmes sexuels, les conjoints ne peuvent réussir la concentration qu'exigent les activités spirituelles.
IV- LES SOLUTIONS AUX PROBLEMES SEXUELS
Pour prévenir ou venir à bout des difficultés sexuelles, les époux doivent faire sienne un certains nombres d'attitudes et d'habitudes.
1. Démystifier la sexualité
L'enseignement de l'islam est le sexe n'est ni un tabou, ni une banalité. C'est une source d'épanouissement et de bénédiction. Le coite bien accomplie dans le cadre licite du mariage est une adoration.
2- S'informer sur le corps du sexe opposé
Il s'agit de connaître et de prendre en compte les mécanismes sexuels : zones hérogènes, manifestation de l'excitation et condition d'atteinte de l'orgasme. Le processus sexuel est plus mécanique et rapide chez l'homme tandisqu'il est plus lent et psycholoqique chez la femme.
3- Connaître la technique des relations sexuelles
Cette technique comporte des phases à connaître et à observer : prelude-jeux amoureux-coite-épilogue.
4-Cultiver les échanges entre époux
Cela permet de chercher ensemble les sources des problèmes d'échecs sexuels et leur solution. L'intervention de tierces personnes aggravent généralement les choses.
5-Cultiver la complicité
Il faut laisser passer les erreurs non graves et se focaliser sur ses qualités. Tant que c'est licite, il faut accepter les doléances du ou de la conjointe.
6-Bannir l'égoïsme
L'acte charnel doit viser à satisfaire son époux ou son épouse et non à satisfaire de manière égoïste à sa libido au détriment de l'autre.
7-Consulter des spécialistes pour les cas qui l'exigent.
Pour les anomalies physiques, il faut consulter un médecin. Les cas de sorcellerie seront confiés à un spécialiste de la rouqya.
Conclusion
Les difficultés sexuelles englobent tous les cas d'insatisfaction et d'échec touchant à la sexualité dans son ensemble. Leur survenue peut s'expliquer par des faits anatomiques, physiologiques, psychologiques, psychiques et culturels. C'est dire toute la complexité de la question dont la résolution exige sagesse, communication et sacrifice. Quand la situation l'exige, il faut recourir à l'appui d'un médecin ou un raqi. Toutes les voies licites sont à explorer surtout que les conséquences des échecs sentimentaux sont néfastes à tout point de vue et insupportable à long terme.
Puisse Allah aider les couples musulmans à surmonter les problèmes sexuels pour vivre dans la quiétude.
Ousséni SAVADOGO
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| jeudi 04 août 2011, a 19:36 |
| LA NOTION D'ABTINENCE SEXUELLE |
S'abstenir c'est se retenir volontairement d'une pratique c'est-à-dire d'activité sexuelle dans certaines conditions. Le prophète (saw) a dit : « celui qui me garantit ce qui est entre les mâchoires et entre les jambes je lui garantit le paradis. De façon globale la religion enseigne l'abstinence. Adam et sa femme devaient s'abstenir de manger le fruit de l'arbre défendu.
1 DE QUOI DOIT-ON S'ABSTENIR SUR LE PLAN SEXUEL ?
Le musulman se garde et s'abstient de tout acte religieusement illicite, de déviations. Il en va de tout ce qui peut y conduire. On peut retenir la promiscuité, les rendez-vous, la fréquentation de milieux suspects, les attouchements.
2- POURQUOI S'ABSTENIR ?
Tout d'abord parce qu'on est musulman et qu'on doive être pieux. Aussi nous devons vivre en humain et non en animal ou pire qu'eux. Les animaux ne font l'acte sexuel que par besoin de procréation.
3- COMMENT S'ABSTENIR ?
Il faut cultiver sa foi et se fixer des objectifs de vertu. Observer aussi le jeûne du célibataire, développer l'éducation à la pudeur et aux mœurs en évitant de s'exposer comme de la marchandise
CONCLUSION
L'abstinence est donc une disposition spirituelle de l'islam pour que l'homme puisse s »approcher de son Seigneur. C'est une occasion pour le croyant de bénéficier de la miséricorde divine. Allah dit : « quant à celui qui aura redouté la comparution devant son Seigneur et préserver son âme de la passion, le paradis sera alors son refuge ».
El hadj Yacoub TRAORE
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| jeudi 04 août 2011, a 19:31 |
| L'EDUCATION SEXUELLE EN ISLAM |
Toutes la louange est à Allah qui a crée le genre humain en homme et en femme. Que sa miséricorde et sa paix se répandent sur l'ultime envoyé Mouhamad (SAW).
Parmi les phénomènes les plus curieux, qu'Allah a bien voulu créer se trouve la sexualité ; il se trouve que la société traverse justement une crise sexuelle des plus aigues tant au niveau des individus que des groupes. Cette pathologie si tant soit peu qu'il en est n'épargne les musulmans. Cependant la religion de vérité l'islam a ébauché des pistes pour que l'humain se comporte sexuellement de façon raisonnable, hors des déviations, des excès et de l'irresponsabilité ; toute chose qui nous exclus de la miséricorde d'Allah. L'islam a établi tout un plan dont l'objectif est de permettre aux fils d'Adam d'assouvir sa sexualité de sorte à demeurer croyant. Ce processus d'éducation peut se comprendre à travers l'étude des méthodes et techniques préconisées par l'islam en éducation sexuelle d'une part, puis du programme et enfin des difficultés actuelles de l'éducation sexuelle pour les musulmans.
I-LES METHODES ET TECHNIQUES D'EDUCATION SEXUELLE EN ISLAM
Ce sont les pistes et les procédés qu'on empreinte pour aboutir aux objectifs islamiques en matière sexuelle. De fait, l'islam n'envisage pas la sexualité en tant qu'élément isolé, mais dans celui de l'éducation à la spiritualité et à la vie familiale. En cela le prophète (saw) a enseigné les sahabas de différentes façons :
- l'enseignement : transmettre des savoirs surtout cognitifs (les douas par exemple)
- l'exhortation : encourager par des conseils à se reformer et à abandonner les mauvaises pratiques. Ne pas rester silencieux face à la situation actuelle ;
- la responsabilité du croyant (on rendra compte de tous les moindres plaisirs)
- le partage d'expérience avec les inexpérimentés dans un cadre licite ;
- la protection surtout des tout petits contre les agressions des médias ou autres (participation à des bals ou activités d'exhibition érotique, idéologie viciée) ;
- la discrétion : sélectionner pour son regard, son ouïe, son toucher, ses fréquentations…
- la pratique spirituelle pour renforcer sa crainte d'Allah.
II- LE CONTENU DE L'EDUCATION SEXUELLE EN ISLAM
Il est fonction de plusieurs spécificités comme l'âge, le sexe… Pour l'islam, l'homme est éducable et changeable. L'islam ne considère pas l'homme comme étant formé de corps et d'esprit statique, mais cet ensemble qui vogue vers le Seigneur suivant le chemin de la perfection. En ce qui concerne les enfants, les thèmes les plus abordés seront surtout la propreté sexuelle (apporter de l'eau aux toilettes), l'explication de la différence avec l'autre sexe, les causes de la séparation des couches ; comprendre leur pudeur naissante lorsqu'ils veulent protéger leur nudité.
Les adolescents se verront enseigner en plus de la chasteté, le règlement des menstrues, les fréquentations, le jeûne de préservation mais aussi une communication très accrue avec les parents.
L'adulte a aussi une part importante en ce qui concerne le contenu. Elle est de plusieurs facettes :
- les savoirs : les douas, les théories, pour contredire les mauvaises idéologies
- les comportements : s'habituer à plaire à son conjoint de sorte qu'il (elle) puisse se contenter de son halal et ne soit pas tenter par autre
- comprendre les implications des actes : ce que nous faisons peut attirer sexuellement ou induire les autres à la tentation y compris ne pas tenter les démons et les génies
- le maintien des formes physiques par des exercices physiques
III- LES DIFFICULTES DE L'EDUCATION SEXUELLE
Malgré ces bonnes dispositions, que dire de la situation aujourd'hui ? Les garçons et les filles musulmans sont ils sexuellement bien éduqués ? Non probablement et pour cause :
- le poids des traditions ;
- la justification de la foi (on croît que parler de la sexualité c'est manquer de foi) ;
- l'idéologie sociale (médias, compagnie de gens mauvais) ;
- la difficulté du langage.
El hadj Yacoub TRAORE
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| mardi 05 juillet 2011, a 13:25 |
| LA SEXUALITE : INTERDITS ET TABOU A LA LOUPE DE L'ISLAM |
L'éducation sexuelle a été depuis toujours l'un des sujets les plus difficiles à évoquer à cause de l'intimité et de la gêne qui l'entourent. Elle nage aussi dans beaucoup d'interdits, tabous et traditions qui ont traversé le temps et l'espace rendant encore plus difficile son approche. Nul pourtant n'ignore son importance, car mal gérée, elle peut être source de gâchis, de fléaux sociaux, de conflits entre génération,…
L'islam a cerné le problème de la meilleure manière et l'application de sa législation est la meilleure solution dans le domaine.
Quels sont donc les traditions, tabous et interdits qui entourent la sexualité et quel est le point de vue de l'islam les concernant ?
I-LES TRADITIONS ET INTERDITS DE LA SEXUALITE
Ils sont nombreux, ces traditions et interdits autour de la sexualité et varient selon l'espace géographique, les clans, les ethnies,…
Certains sont louables car partageant le même message que l'islam. D'autres sont pure aberration car n'ayant aucun fondement. D'autres encore sont dangereux et constituent de ce fait des péchés aux yeux de l'islam.
Quelques exemples de traditions et d'interdits :
- Beaucoup d'ethnies interdisent les relations sexuelle hors mariage c'est-à-dire tant qu'on n'est pas marié avec la personne. La fornication et l'adultère sont donc interdits.
- L'excision et la circoncision sont une obligation et constituent même une initiation, une preuve de maturité pour la fille et le garçon. Ainsi donc un non circoncis ne peut participer à la prise de décisions importantes. Pour l'excision, elle empêche la fille d'être beaucoup excitée et donc d'être dévergondée.
- Des peuples vont jusqu'à obturer le vagin de la fille après l'excision pour l'empêcher de faire des rapports sexuels. Quand le mariage est en vu maintenant, on pratique une légère intervention pour dégager le vagin.
- La première nuit de noce, étaler un tissu blanc sur le lit conjugal afin de contrôler la virginité de la fille. Si du sang est constaté sur le tissu, la fille était vierge. Or pour éviter la honte, beaucoup fraude (blessure volontaire d'une partie du corps pour tacher le tissu,..)
NB : des filles peuvent perdre leur virginité à la suite d'un accident et sont considérées comme non vierges le jour de noces et accusées injustement.
- Des contrées ou des clans annulent systématiquement le mariage dès qu'on se rend compte que la fille était déflorée. Exemple en Arabie Saoudite, une histoire vraie d'une fille vierge mariée a été déclarée non vierge parce que le drap n'était pas tacheté de sang. Elle a juré le coran à la main mais le mariage a été rompu.
- Chez d'autres encore, si la femme commet un adultère elle doit l'avouer. Autrement l'un des deux conjoints meurt si le mari lui fait des rapports sur le même lit.
- une fille portant une grossesse à la suite d'une fornication est bannie d'office. Chez d'autres elle n'est pas bannie mais ne doit pas accoucher étant dans la maison paternelle.
- un homme ayant fait la cour à une femme dont le mari est de la famille est bannie d'office. Exemple : X et Y sont des frères. Si X commet des rapports avec la femme de Y, il est banni.
- dans certaines tribus, c'est le chef des traditions qui donne les filles aux prétendants et fait des rites pour le mariage. En cas de refus, la fille est d'office bannie.
- il est interdit de faire des rapports avec la femme d'autrui. Celui qui le fait ne doit en aucun cas manger, voyager, aller à la guerre avec le cocu. S'ils font ensemble quelque chose ensemble dans un endroit, l'un des deux au moins va périr.
- il est interdit de faire des rapports si la femme est en période de menstrues au risque d'être victime d'un accident par exemple. Si l'homme va à la guerre alors qu'il l'a fait, il périra.
- il existe aussi des gens qui, après le mariage, confient leurs nouvelles mariées à des supposés sages pour les bénir en se couchant avec elles avant le mari. Le comble, est que ce dernier aussi est fier de cela.
- Beaucoup de traditions et de coutumes sont faites avec les filles vierges. Leur tri se fait de la manière suivante : les filles doivent passer par une ouverture faite dans un mur. Les vierges pourront effectivement passer mais celles qui connaissent des hommes ne pourront le faire. Ce jour, beaucoup de filles fuient le village en connaissance de cause.
- Il existe des jours interdits pour avoir des rapports sexuels comme le mardi, le mercredi, le vendredi et les jours de clair de lune.
- Pour faire des rapports, il faut aller droit au but. De ce fait, pas de caresses et autres. Une fois déshabillée, on ne doit plus parler et la femme ne doit plus regarder son mari. Sinon, l'enfant qui naîtrait de ces rapports sera impudique et n'aura pas honte.
- Si pendant les rapports, un des partenaires tousse, l'autre doit tousser. Autrement il aura la tuberculose.
- Il existe beaucoup d'ethnies qui font accompagner la nouvelle mariée chez son mari par une tante. Elle a pour rôle de conseiller la fille et éventuellement de vérifier sa virginité. Elle reste donc à côté la première nuit et suit les choses de près. C'est elle qui ramasse le drap ou le tissu après pour vérification et qui le montre à tout le monde. Il arrive qu'elle lance un cri de joie pendant les rapports. Il en est de même en montrant le drap aux gens.
II-Point de vue de l'Islam sur la sexualité
La vie sexuelle n'est exercée que dans un cadre légal, en toute intimité et sans pression extérieure. Les rapports sexuels peuvent avoir lieu 24/24 et 7jours/7. Ils sont cependant interdits pendant la période de menstruation.
L'homme doit obligatoirement être circoncis qu'il soit marié ou pas car la circoncision est une pureté. L'Islam a rendu sacré le sexe d'une personne avec qui on n'est pas marié interdisant du même coup la fornication et l'adultère.
La connaissance de la virginité ou non de la fille incombe au seul mari qui doit garder le silence en la matière.
L'homme étant susceptible de tomber dans le péché puis se repentir, il ne faut pas systématiquement blâmer une mariée non vierge ou rompre le mariage. Si cependant, la virginité était une condition de l'homme pour marier la fille, il a le droit de la répudier.
Le musulman ne pratique pas les coutumes qui sont des péchés ou du chirk. De ce fait il ne doit pas laisser un chef de traditions donner sa fille en mariage ou faire des rites maléfiques, des sacrifices illicites.
La mariée ne doit en aucun cas être lavée le jour du mariage.
Il n'y a pas à surveiller les rapports sexuels du couple pour chercher une information ni confier sa femme pour bénédiction. C'est purement satanique.
Les rapports sexuels s'apprennent à deux dans le mariage. Il n'y a pas de position particulière à adopter ni de honte car tout est confidentiel. Parler de cela est un péché sauf en cas de contrainte. En Islam, les rapports sexuels ne doivent pas être secs et brutaux. Le prophète (SAW) a dit d'envoyer un messager avant l'union. Ce messager peut être le regard (la femme peut bel et bien regarder son mari), les paroles tendres, les touchers, les amusements, les plaisanteries, les rires, les caresses…
Durant même la journée, le messager peut être envoyé en vue de la nuit : cadeau, bon habillement, travaux ménagers…
Le couple doit éviter les influences étrangères même venant des proches. Il doit s'assumer pleinement et vider tout mauvais conseil, toute mauvaise coutume de leur vie sexuelle.
Ils s'améliorent seuls s'ils sont patients et animés de bonne volonté.
Comme on le voit, tous les aspects de la vie connaissent des coutumes et interdits inexplicables et particulièrement la vie sexuelle.
Il est du ressort du musulman de s'informer sur le message de sa religion affin de tirer le bon grain de l'ivraie.
La bonne coutume sera ainsi considérée comme islamique et la mauvaise de satanique.
Qu'Allah nous éduque et nous fasse comprendre parfaitement sa religion. Qu'Il nous fasse vivre correctement jusqu'à notre dernier souffle.
OUILY Abdoul Fatah |
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| mardi 05 juillet 2011, a 13:19 |
| LE HARCELEMENT SEXUEL |
On ne peut parler de sexualité sans évoquer le problème du harcèlement sexuel. Il est d'actualité et paraît difficile à aborder car dans la pratique, le public est rarement témoins d'actes ou de scènes de harcèlement. Habituellement, Il ne se fait pas au grand jour. D'où la difficulté de le cerner dans tous ses contours. Selon notre foi, il n'est pas bien d'être harceleur, encore moins d'en être une victime.
Qu'est ce que le harcèlement ?
Quelles formes peut-il prendre ?
Comment s'en préserver et comment se comporter lorsqu'on subit un harcèlement sexuel ?
Autant d'interrogation qu'il nous faut tenter d'élucider en tenant compte des principes de notre religion.
I. Définition
Le harcèlement sexuel est le fait pour toute personne de harceler autrui par des agissements dont le but est d'obtenir des faveurs de nature sexuelle à son profit ou au profit d'un tiers.
La loi définit le harcèlement sexuel par le fait de harceler autrui en donnant des ordres, proférant des menaces, imposant des contraintes ou exerçant des pressions graves, dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle, par une personne abusant de l'autorité que lui confèrent ses fonctions ou sa position .
Ainsi il y a harcèlement sexuel chaque fois que :
- Quelqu'un qui dispose d'une autorité fonctionnelle sur vous, c'est-à-dire, concrètement, à qui vous êtes subordonné(e) ;
- Vous impose des contraintes (ordres injustifiés, insultes, chantage…) ;
- En vue d'obtenir de vous le bénéfice d'actes de nature sexuelle.
Normalement quand il est prouvé, le harcèlement est puni par la loi (amende, même emprisonnement dans certains pays…).
Si dans certaines cultures notamment occidentales, les déclarations d'amour ou les propositions indécentes avec une pression forte, les demandes insistantes et excessives ne sont pas nécessairement perçues comme harcèlement sexuel, il faut savoir que l'islam condamne toute invite à la débauche.
II. Les pratiques rencontrées
Les pratiques du harceleur ou de la harceleuse peuvent aller des paroles apparemment simples aux plus grossières et indécentes ou même aller aux actions les ignobles.
De façon générale, le harcèlement sexuel comporte les caractéristiques suivantes :
- des paroles, des gestes, des comportements ou des contacts physiques qui ont un caractère sexuel envers une autre personne c'est-à-dire qui sont une invite à avoir des relations sexuelles ou qui sont même des préliminaires;
- généralement répétés (ces paroles et gestes, mais un seul acte grave ou une parole graves peut suffire);
- non désirés par la personne, homme ou femme, qui les subit;
- souvent accompagnés de chantage, même quand cela n'est pas dit ouvertement (quand un supérieur laisse planer l'idée de «sanctions » injustifiées)
Quand le coupable n'a pas exercé de pression en utilisant son autorité mais a imposé un contact physique "inapproprié" à la victime cela devient une agression sexuelle (tentative de viol) condamnable.
Généralement, le harcèlement sexuel débute par une "sexualisation" du rapport de travail qui va dans le sens d'une humiliation et d'un abus d'autorité : "je profite de ma fonction pour te dominer et obtenir de toi le bénéfice d'actes sexuels, que je ne peux obtenir par ta volonté ou un rapport de séduction".
III. Comment s'en préserver et comment se comporter lorsqu'on subit un harcèlement sexuel ?
En général, il faut simplement respecter les principes islamiques dans tout milieu professionnel ou social :
- Demander l'aide et la protection de DIEU contre les tentations
- Le respect de l'habillement islamique surtout pour les sœurs;
- Ne pas séduire intentionnellement (par la voix, la démarche, surtout pour les sœurs, etc.)
- Ne pas donner l'impression d'être une personne qui veut être draguée, facile à draguer
- Eviter se s'isoler avec une personne du sexe opposée quelle que soit sa foi ou l'étendu de son savoir islamique, pas questions non plus de partager la même chambre qu'une personne du sexe opposée qui n'est pas un parent interdit pour le mariage; ALLAH, Le Très Haut dit dans la sourate 17 verset 32 : « Et n'approchez point la fornication. En vérité, c'est une turpitude et quel mauvais chemin ! »
Que faire en cas de harcèlement sexuel ?
Lorsqu'on est victime d'harcèlement sexuel :
- il faut demander l'aide de DIEU, résister et refuser le péché. Le prophète Youssouf est le modèle en cela. Pour ce qui est de récompenses dont on peut s'attendre de la part du Seigneur des mondes. Le prophète (saw) parlant des 7catégories de personnes qui seront à l'ombre du trône de DIEU une personne qu'une autre de bonne condition sociale invitait à commettre l'adultère ou la fornication et qui refusa par la crainte de DIEU.
- Il faut en parler à des frères ou sœurs de confiance .Il ne faut pas avoir cette prétendue honte de la situation que vous traversez et vous enfermer dans un isolement. Parler du problème n'est pas toujours facile mais c'est essentiel, cela signifie qu'on enclenche quelque chose pour s'en sortir, pour prendre de la distance avec ce qui s'est passé et pouvoir être aidé pour savoir quoi faire. Le plus important est de ne pas rester seul. Il faut solliciter de l'aide, en parler, que ce soit à des amis, à ses parents… Il faut en parler à entre conjoints, à la cellule d'écoute du CERFI, à un imam etc.…surtout ne pas se confier à une seule personne qui ignore ou ne pratique pas l'islam.
- Vous pouvez demander à la personne qui vous harcèle dans votre milieu de travail d'arrêter,éviter de vous isoler avec la personne pour en discuter
- Ne jamais céder au harcèlement, utiliser tous les moyens à votre disposition : l'ensemble de vosfrères et sœurs (si nous sommes enseignants, nous avons des frères et sœurs conseiller,inspecteurs, Directeurs Régionaux, Directeurs Provinciaux, magistrats etc. qui n'hésiteront pas à nous soutenir).
Si vous pensez être victime de harcèlement sexuel, il est impératif de réunir des témoignages des personnes qui travaillent avec vous afin de corroborer la preuve des pressions exercées par votre supérieur hiérarchique. Il est par ailleurs impératif de conserver toutes les preuves des prises de contact initiées avec vous par votre supérieur hiérarchique, telles que SMS, lettres, copies d'e-mail, enregistrement de conversations sur votre portable par exemple, cadeaux, etc.
Enfin, dès que vous pensez être victime de harcèlement sexuel, vous devez absolument ne pas vous isoler et, au contraire, faire appel à des personnes susceptibles, soit de vous soutenir dans l'introduction d'une défense psychologique et juridique, soit de témoigner en votre faveur :
Si vous êtes victime de harcèlement sexuel qui persiste, vous pouvez déposer une plainte auprès du tribunal, du commissariat de police, de la gendarmerie. Car il faut le rappeler, Toute personne qui commet des actes de harcèlement sexuel encourt le risque d'être poursuivie devant la juridiction pénale. En outre, le salarié coupable de harcèlement encourt une peine sanction disciplinaire de la part de son employeur ; vous pouvez adresser aussi une plainte à votre direction des ressources humaines.
Pour terminer, nous exprimons le souhait qu'une petite cellule du CERFI soit mise en place afin d'assister psychologiquement et juridiquement les cerfistes et les musulmans en général qui seraient victimes de harcèlement ou d'autres situations plus graves mettant en péril leur foi.
Que Dieu nous protège contre Satan, ses alliés et leurs différentes tentations. |
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| mardi 05 juillet 2011, a 13:13 |
| NABI YOUSSOUF OU LA RESISTANCE A LA TENTATION |
Rappel sur l'histoire du prophète Youssouf
L'histoire de Youssouf (Joseph) est appelée la plus belle histoire du Coran. Elle est relatée dans un chapitre entier contenant 111 versets (chapitre 12).
Joseph fut jeté dans un puits par ses frères qui étaient très jaloux de lui. Une caravane le récupéra et le vendit comme esclave en Egypte.
Celui qui l'acheta était en fait un grand intendant d'Egypte et la femme de ce dernier succomba totalement au charme de Joseph.
Un jour, elle organisation une combine en fermant toutes les portes et en voulant se donner à Joseph. Celui-ci refusa et demanda protection auprès de Dieu. Elle se mit alors à le poursuivre dans la maison jusqu'à ce qu'elle déchire le vêtement de Joseph par derrière. Tous les deux se retrouvent nez à nez avec le mari à la porte.
Après explications et preuves à l'appui, la femme fut reconnue coupable.
La rumeur courut dans la ville sur la scène qui s'est passée. La femme de l'intendant, pour faire savoir qu'elle a raison de séduire Joseph et en même temps se venger des autres femmes qui la critiquent, organisa un banquet chez elle. Elle les invita et remit à chacune d'elles un couteau. Quand elle fit sortir Joseph devant l'assemblée, toutes les femmes furent éblouies par la beauté de Joseph et elles se coupèrent les mains sans savoir. Elles dirent que Joseph n'est pas un humain mais un ange.
La femme de l'intendant fit de nouveau la proposition à Joseph publiquement cette fois-ci mais il la refusa. Il fut jeté ainsi en prison et y passa des années.
II Les leçons de l'histoire
Le premier constat qu'on fait de cette histoire est la difficulté de gérer la sexualité. C'est un domaine qu'on ne maîtrise pas totalement et même étant averti, on peut tomber dans le péché.
Nos aspects physiques, comportementaux et autres peuvent séduire autrui et parfois on ne s'en rend pas compte. Joseph ne savait pas que la femme de l'intendant était amoureuse de lui tout simplement parce qu'il était beau. Toute personne peut donc séduire quelqu'un à travers un trait particulier de son corps ou parce qu'il a un bon comportement ou une bonne moralité. (Exemple dans les services : quand quelqu'un travaille bien, on l'aime et cet amour peut devenir une attirance).
Autre leçon : le fait de vivre ensemble sans être mariés est une bombe à retardement. Tout frottement produit de la chaleur et tôt ou tard ça peut exploser. Les exemples sont légion :
a. Patron avec sa fille de ménage ;
b. Femme avec son employé (chauffeur, jardinier…) ;
c. Chef avec sa secrétaire.
La jeunesse aussi est source de troubles dans les cœurs. Cette jeunesse est appelée fleur de l'âge. Or, la fleur est ce qu'il y a de plus beau et de plus attirant dans un arbre. Ainsi, des filles de 14, 15 ans ou plus attirent même des hommes de 40, 50 ans et des femmes d'un certain âge tombent amoureuses des jeunes de 20 ans.
Il faut alors exécuter l'injonction de Dieu qui dit : « Mariez les célibataires d'entre vous ! ». Combien sont les jeunes qui disent : « je ne suis pas prêt, je n'ai pas l'âge, je ne travaille pas,… » alors qu'ils font des dégâts dans la société ? Ce sont de vrais terroristes. Ils ne vont jamais dire qu'ils sont prêts.
La solution que Joseph a trouvée à la tentation était de se remettre à Allah en lui demandant sa protection et de fuir. Rester pour résister est un grand risque car on peut être excité et la situation devient incontrôlable.
Frapper ou commettre des actes de violence n'est pas la solution. Cela constitue une contre preuve car on dira que tu t'es vengé parce que l'autre a refusé.
De nos jours, il faut chercher des preuves pour qu'au cas où on est accusé, qu'on puisse se disculper. Exemple : enregistrer en secret les avances d'une personne. Sachez qu'en tout état de cause, l'être humain ne se laisse pas vaincu, surtout les femmes ; le cas de Joseph est un exemple. D'abord la femme a menti quand ils se sont trouvés devant le mari. Ensuite, elle a continué de séduire Joseph et même publiquement. Pire, Joseph est allé en prison à cause d'elle.
Tout cela montre que quand la femme veut, elle met tous les moyens pour être satisfaite. En cas de résultat négatif, elle se venge. Il ne faut donc pas croire qu'après avoir refusé les avances d'une personne, le dossier est clos. Préparez-vous à des mensonges, des accusations, des humiliations, à des restrictions d'intérêts, … tout en se remettant à Dieu. Il est en effet au courant de tout et peu importe ce qu'on subira.
Une autre leçon de l'histoire est qu'il faut résister à la tentation quelle que soit la personne en face. Ici, Joseph était avec sa patronne, la femme de son maître et de surcroît d'une certaine classe.
Pire encore, ils n'étaient que deux dans la maison bien fermée et personne ne saurait si Joseph acceptait la proposition.
Le prophète (saw) a cité parmi ceux qui seront à l'ombre du trône de Dieu le jour des comptes un homme qu'une femme de haut rang désire et qui ne commet pas le péché charnel. C'est donc très louable et il faut être à la hauteur de la tentation.
Autre leçon qu'on tire est que l'intendant a un comportement irresponsable. Alors qu'il savait que c'est sa femme qui allumé le feu, il n'a pas été ferme vis à vis d'elle. En la matière, la jalousie de sa femme est permise. Autant je ne dois accepter que quelqu'un veuille ma femme, autant elle ne doit vouloir quelqu'un. Son laisser-aller a fait que la femme a rebeloté. Il ne porte donc pas la culotte.
Evitons aussi le regard. Le prophète (saw) l'a appelé « la flèche de Satan ». C'est à force d'admirer Joseph que la femme a succombé et elle est passée à l'action.
La beauté physique est une tentation et il faut baisser le regard comme nous l'enseigne le Coran.
Autre enseignement : il faut éviter d'être en tête à tête dans un endroit isolé avec une personne de l'autre sexe. Sinon, Satan serait le troisième comme l'a dit le prophète (saw). Car même si on n'a rien dans la tête, qu'est-ce qui montre que l'autre n'a pas fait des calculs ?
Il faut éviter de plaisanter avec les personnes de l'autre genre. Ces plaisanteries enlèvent les barrières qui sont entre nous et nous rapprochent d'une certaine manière. Surtout vider à chaque fois la tête et le cœur de toute idée malsaine et ne pas la laisser se développer. C'est le fort de Satan d'amplifier les projets de péché dans nos têtes et une fois l'idée acquise, on travaille à la réaliser.
Il faut enfin savoir que le péché en général, et le péché du sexe en particulier, entraîne un cercle vicieux et un engrenage dangereux. Dès qu'on en goûte, on est plus attiré et il est plus difficile d'en sortir. C'est donc une dépendance qui se crée contre laquelle il faut désormais lutter pour s'en départir.
Beaucoup de personnes ont un âge avancé mais sont toujours dans le péché à cause de l'accoutumance créée dès le premier jour.
Le péché du sexe est pourtant grave aux yeux de Dieu et les conséquences sur la société sont énormes.
Qu'Allah nous protège de la tentation sexuelle, ainsi que nos familles, nos descendants et qu'Il nous fasse vivre notre sexualité dans le cadre légal et épanouie.
Assalam aleïkoum !
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| mardi 17 août 2010, a 00:33 |
| Le jeûne de Ramadan |
1/ Quel est le caractère légal du jeûne de ramadan [2]?
Le jeûne du ramadan est obligatoire.
2/ Quelle source indique cette obligation?
La Parole du Très-Haut :
« ... ainsi, celui qui assiste à ce mois doit le jeûner [3] ... »
De même, le hadith d'Abdallâh ben 'Omar - que Dieu les ait tous deux en son agrément - qui a relaté que le Messager de Dieu a dit : « L'islam est construit sur cinq choses : le témoignage qu'il n'y a de dieu qu'Allâh et que Mouhammad est le Messager d' Allâh, l'accomplissement de la prière, l'acquittement de l'aumône canonique (zakât), le hadj à la Demeure et le jeûne de ramadan. » (Rapporté par al-Boukhâri et Mouslim).
3/ Qu'est-ce qui permet de confirmer le début du jeûne de Ramadan?
L'obligation du jeûne devient effective par le terme complet [4] du mois de cha'bân ou la vue du croissant de lune (au soir du 29ème jour de ce mois) par deux témoins honorables ('adl).
4/ Le fidèle doit former l'intention de jeûner la nuit précédant la première journée du ramadan. Citer la référence en cela.
Le hadith relaté par 'Omar - que Dieu l'ait en son agrément - :
« Les actes tiennent des intentions ... » (Rapporté par Ahmad, al-Boukhâri et Mouslim).
De même le hadith de Hafça - que Dieu l'ait en son agrément – qui a relaté que le Prophète a dit:
« Qui ne forme pas la résolution, avant l'aube, de jeûner, son jeûne ne sera pas accepté. » (Rapporté par Ahmad, les quatre auteurs de Sounan, Ibn Khouzeyma, Ibn Hibbân et al-Dâraqotni).
5/ Le fidèle devra-t-il former cette intention à chacune des nuits suivantes du ramadan?
Le fidèle n'a pas à former cette intention le reste du ramadan, en référence au hadith :
« ... et pour chaque personne, il y aura ce qu'elle aura formée comme intention … » (Rapporté par al-Boukhâri et Mouslim).
6/ Parmi les actes de la sunna, il y a le fait de rompre tôt le jeûne et de retarder la nourriture prise à la fin de la nuit. Citer en cela une référence.
Abou Dharr - que Dieu l'ait en son agrément - a relaté : « Le Messager de Dieu a dit :
« Ma Communauté ne cessera d'être dans une situation bénéfique tant qu'elle rompra tôt le jeûne et retardera la nourriture prise à la fin de la nuit. » (Rapporté par Ahmad).
De même, le Hadith d'lbn 'Abbâs qui a dit : « J'ai entendu le Prophète dire :
« Nous autres, prophètes, il nous a été ordonné de rompre tôt le jeûne et de retarder la nourriture prise à la fin de la nuit. » (Rapporté par al-Tayâlissi et al-Tabarâni dans al-Kabîr)
7/ Quel caractère prend l'intention formée après l'aube?
Elle n'est pas valable après l'aube, en référence au hadith :
« Le jeûne n'est pas valable pour celui qui ne forme pas l'intention de jeûner depuis la nuit qui précède. » (Rapporté par an-Nasâï).
8/ Que doit-on faire si la vision du croissant de lune est constatée après l'aube?
Il est obligatoire de s'abstenir de manger en ce jour, en raison de l'inviolabilité de ce jour. La personne devra rattraper le jeûne de ce jour, du fait de l'absence d'intention précédente.
9/ Qu'en est-il de l'intention de jeûner formée avant que la nouvelle lune de ramadan soit observée?
Cette intention est nulle, même si la personne l'avait formée avant l'observation du croissant de lune, puis s'était ensuite abstenue de manger ou de boire, avant d'apprendre que le jour en question faisait partie de ramadan. Cela n'est donc pas valable et elle devra rattraper ce jour, en raison de l'absence de certitude et du fait qu'elle avait jeûné dans le doute.
10/ Qu'en' est-il du fait de jeûner le jour du doute pour s'assurer de ne pas manquer le ramadan?
On ne jeûne pas le jour du doute à cette intention.
11/ Quelle source indique qu'on ne jeûne pas dans cette intention?
Le hadith d'Ammâr ben Yâserqui a dit : « Qui jeune le jour sur lequel on a un doute a désobéi à Abou'l-Qâsim, Muhammad . » (Al-Boukhâri l'a cité en note. Les quatre auteurs de Sounan ont déclaré sa chaîne de transmetteurs ininterrompue et at-Tirmidhi, Ibn Khouzeyma, Ibn Hibbân et al-Hâkem l'ont déclaré valide-sûr).
12/ Qu'en est-il lorsque le jour du doute tombe un jour où le fidèle avait fait vœu de jeûner ou qu'il jeûnait de manière surérogatoire?
Cela est permis, car c'est un jour parmi les jours de cha'bân.
13/ Quelle référence indique cette permission?
Ce qui a été rapporté du Prophète :
« Ne faites point précéder le jeûne de ramadan en jeûnant un jour ou deux jours avant, sauf s'il s'agit d'un jeûne que la personne avait coutume de jeûner. Qu'elle jeûne alors ce jour-là. » (Rapporté par al-Boukhâri et Mouslim).
14/ Quel caractère a le fait de s'abstenir de manger au matin du jour du doute [5]?
Il est recommandé que la personne s'abstienne de nourriture au matin du jour du doute, du fait de la possibilité que ce jour soit attesté comme faisant partie du ramadan. Elle évitera ainsi le fait d'avoir mangé durant le ramadan, sans le savoir. Cela même si le rattrapage de ce jeûne sera de toute façon obligatoire pour elle.
15/ Qu'en est-il de la personne qui vomit malgré elle, durant le jeûne obligatoire?
Ce vomissement ne rompt pas le jeûne. C'est le vomissement délibéré qui annule le jeûne.
16/ Citer une référence concernant la question précédente.
Le hadith d'Abou Houreyra qui a relaté que le Messager de Dieu a dit :
« Si quelqu'un vomit malgré lui, il n'a pas à rattraper son jeûne mais s'il se force à vomir, il renouvellera le jeûne de ce jour. » (Rapporté par Ahmad, Abou Daoud, at-Tirmidhi, Ibn Mâja, Ibn Hibbân et al-Hâkem).
17/ Quel caractère ont les pollutions "nocturnes" [6] et la saignée, le jour de ramadan?
Tout cela ne rompt pas le jeûne.
18/ Citer une référence pour la question précédente.
Ce qu'a relaté Abou Sa'îd du Prophète qui a dit :
« Trois choses ne rompent pas le jeûne : le vomissement, la saignée et les pollutions nocturnes. » (Rapporté par at-Tirmidhi et al-Bayhaqi)
De même, le hadith d'Ibn 'Abbâs qui a relaté que le Messager de Dieu se fit pratiquer la saignée alors qu'il jeûnait. (Rapporté par al-Boukhâri, Abou Daoud, al-Nasâï et at-Tirmidhi).
19/ Quelles sont les conditions de la validité du jeûne ?
• L'intention formée antérieurement à l'aube [7], pour le jeûne obligatoire comme pour le surérogatoire. • Pour la femme, être exempte de menstrues ou de lochies, • Sa raison, • S'abstenir de rapports sexuels, de nourriture et de boisson.
20/ Qu'en est-il lorsque le sang des menstrues cesse avant l'aube?
Si le sang des menstrues ou les lochies cessent, ne serait-ce qu'un instant avant l'aube, le jeûne du jour à venir devient alors obligatoire pour la femme. Cela, même si elle ne s'est lavée qu'après l'aube, car la purification n'est pas une condition du jeûne.
21/ Quel caractère a le fait de reformer l'intention du jeûne de ramadan, après que celui-ci fut interrompu par la maladie, les règles ou les lochies?
L'intention est alors reformée dans ces cas ou ce qui est comparable à ceux-ci.
22/ Qu'est-ce qui démontre la solution précédente?
Le fait que la rupture du jeûne se soit interposée pendant la durée du jeûne, chose qui interrompt la continuité de l'intention formée dès le début du ramadan.
23/ Le dément doit-il rattraper la période antérieure de jeûne, après le retour à la raison?
Il est obligatoire qu'il rattrape tout le jeûne ayant eu lieu durant sa démence, même si cela eu lieu pendant de longues années.
24/ Qu'en est-il du résident qui quitte la ville pour une distance non éloignée [8] et rompt le jeûne en pensant que cela lui est permis?
Il n'est pas tenu de l'expiation (kaffâra), car il n'a pas violé le caractère sacré du jeûne.
25/ Qu'en est-il de celui qui coïte, mange ou boit volontairement, durant la journée du ramadan, sans que cela soit dû à une Interprétation ambiguë ou à une erreur?
II est tenu du rattrapage de ce jour (qadâ') ainsi que de l'expiation (kaffâra).
26/ En quoi consiste l'expiation?
Soit le fait de nourrir soixante pauvres, soit l'affranchissement d'un esclave croyant, soit le jeûne de deux mois consécutifs.
27/ Quel caractère a ce qui pénètre dans la gorge par une autre voie que la bouche, durant le jeûne?
Dans ce cas, la personne devra seulement rattraper ce jour, car cette compensation est de toute façon obligatoire dans tous les cas où il y a rupture du jeûne.
28/ Quel caractère prend ce qui arrive, par injection, à l'estomac?
Ce qui arrive à l'estomac par injection, entraîne seulement le rattrapage du jour en question.
29/ Qu'en est-il lorsque la personne mange, bien qu'elle ait eu un doute sur le possible lever de l'aube?
Elle sera seulement tenue de rattraper ce jour, non de l'expiation. La personne n'a guère l'intention, en effet, de violer le caractère sacré du ramadan.
30/ Quel caractère a le brossage (siwâk [9]) des dents, durant le jeûne?
Le brossage des dents est permis au jeûneur, durant tout le jour du jeûne.
31/ Quelle source indique cette permission?
Ce qu'a relaté 'Âïcha - que Dieu l'ait en son agrément - : « Le Messager de Dieu a dit :
« Parmi les meilleures attitudes du jeûneur, il y a le brossage des dents. » (Rapporté par Ibn Mâja et al-Dâraqotni).
De même, le hadith d'Âmir ben Rabî'a qui a dit : « Je ne peux compter le nombre de fois que j'ai vu le Messager de Dieu se brosser les dents alors qu'il jeûnait. » (Rapporté par Ahmad, Abou Daoud et at-Tirmidhi, Ibn Khouzeyma, Abou Ya'la, al-Bazzâr, at-Tabarâni et al-Dâraqotni l'ont déclaré bon, alors qu'al-Boukbâri l'a cité en note dans son Sahih)
32/ Quel caractère a le rinçage de la bouche, suite à la soif?
Cela est permis, car cela aide le jeûneur.
33/ Qu'en est-il de celui qui se réveille au matin du jeûne en se trouvant en état de janâba?
Cela est permis, en référence au hadith de 'Âïcha qui a relaté qu'un homme demanda : « Ô Messager de Dieu! Il arrive que la prière (de l'aube) arrive alors que je me trouve en état de janâba, et je jeûne alors ! Le Prophète de Dieu répondit : - Et moi aussi, il arrive que la prière arrive alors que je me trouve en état de janâba, et je jeûne !... » (Rapporté par Ahmad, Mouslim et Abou Daoud).
34/ Quel caractère a le jeûne de la femme enceinte lorsque celle-ci craint les conséquences du jeûne pour le bébé qu'elle porte?
Dans ce cas, elle rompra le jeûne et ne sera pas tenue de nourrir un pauvre en compensation (en plus du rattrapage obligatoire de son jeûne).
35/ Citer une référence concernant la question précédente.
Le hadith d'Anas qui a relaté que le Messager de Dieu m'a dit :
« Dieu, Puissant et Majestueux, a dispensé le voyageur du jeûne et de la moitié de la prière. Il a aussi dispensé du jeûne la femme enceinte et la nourrice. » (Rapporté par Ahmad et les quatre auteurs de Sounan. At-Tirmidhi l'a déclaré "bon")
36/ Qu'en est-il de la nourrice qui craint pour son enfant?
Si elle craint pour le nourrisson et ne parvient pas à le mettre en nourrice, elle rompra le jeûne et nourrira en compensation un pauvre (pour un jour [10] qu'elle devra aussi rattraper).
37/ Quelle source étaye la question précédente?
La Parole du Très-Haut :
« .. Et à charge pour ceux qui le supportent (difficilement) de s'acquitter en réparation de la nourriture d'un pauvre [11] … »
Ibn 'Abbâs a déclaré : « Cela (ce passage) est applicable pour la femme enceinte et la nourrice [12]. » (Rapporté par Abou Daoud)
38/ Quel caractère a le jeûne du vieillard?
Il rompt le jeûne et nourrit un pauvre par jour, en compensation.
39/ Qu'en est-il de celui qui a négligé de rattraper des jours de ramadan, au cours de l'année en cours, jusqu'à ce que le ramadan suivant soit arrivé?
Il jeûnera le ramadan suivant, puis rattrapera ensuite les jours du ramadan précédent non jeûnés en donnant en plus en compensation la nourriture d'un pauvre, par jour.
40/ Qu'est-ce qui est recommandé pour le jeûneur?
• Tenir sa langue. • Se hâter de rattraper les jours de jeûne dont il est tenu.
41/ Citer une référence concernant la question précédente.
Abou Houreyra - que Dieu l'ait en son agrément - a relaté que le Messager de Dieu a dit :
« Qui ne délaisse point le mensonge et sa pratique, Dieu n'a de toute façon aucunement besoin qu'il s'abstienne de nourriture et de boisson. » (Rapporté par al-Boukhâri, Abou Daoud et an-Nasâï).
42/ Quel caractère a le fait, pour le jeûneur, de goûter le sel?
Cela est non-souhaitable, de crainte qu'une partie arrive jusqu'à la gorge et annule ainsi le jeûne. Si toutefois, rien n'arrive jusqu'à la gorge, cela n'entraîne aucune conséquence pour lui.
43/ Qu'en est-il des gestes pouvant introduire l'acte sexuel, tels que le baiser et le badinage, durant le jeûne?
Cela est non-souhaitable pour le jeûneur, de crainte que cela n'attise son désir et n'entraîne l'annulation de son jeûne. Cela concerne la personne qui est sûre d'elle. Quant aux autres, cela leur est interdit.
44/ Qu'en est-il si le jeûneur émet une sécrétion prostatique (madhy [13]) suite à ce qui peut constituer un préliminaire à l'acte sexuel?
S'il s'agit seulement de la sécrétion prostatique (madhy), il sera tenu de rattraper le jour en question.
45/ Qu'en est-il s'il émet du sperme, suite aux préliminaires de l'acte sexuel?
Dans ce cas, il sera tenu du rattrapage (qadâ ') de ce jour de jeûne, ainsi que de l'expiation (kaffâra), du fait qu'il était déterminé dans l'annulation de son jeûne.
Al Moufîd fil 'ibadat wal mou'amalat de Sheykh Al-Akhdarî et Youssef Alî Bedioui |
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| mardi 17 août 2010, a 00:25 |
| Fatawas sur les femmes |
Fatawas sur les femmes
A mes vaillantes sœurs de l'AEEMB, pour toutes les femmes musulmanes
Mes chères sœurs, Assalamou aleikoum warahmatoullahi wa barakatouhou
J'aurai voulu vous écrire à une période beaucoup plus propice à la discussion qu'à ce mois de ramadan qui est celui de la retenue en toutes choses ; néanmoins je pense que mon intention me dédouanerait inchaAllah des propos désobligeants que j'aurai sans doute à tenir ; de toute façon sachant qu'Allah est seul juge le jour des comptes, c'est vers lui que je me retourne pour implorer son immense grâce. Ainsi donc, beaucoup d'entre vous m'ont soumis leurs inquiétudes suite à la circulation dans le milieu de certaines fatwas de savants musulmans respectables, mais qui véhiculent des points de vue tendancieux sur certaines questions islamiques surtout celles liées aux questions féminines. J'avais promis de vous rencontrer pour qu'on en discute, mais mon calendrier et le votre ne l'ont pas permis. En attendant ce rendez-vous que j'appelle de tous mes vœux, j'ai réuni quelques fatwas de ces mêmes savants que je vous transmets par la présente. L'objectif est de vous faire voir que ces savants (que Dieu agrée à ceux d'entre eux qui ne sont plus et préserve encore les vivants et les pardonne) l'objectif est de vous faire voir que ces savants ont été sincères avec la Umma en intégrant tous les points de vue, mais que certains de nos frères (Dieu seul connait leurs intentions) font une lecture sélective pour servir je ne sais quelle cause. Pour cette première lettre, je me contenterai d'aligner les fatwas des savants et de faire juste quelques commentaires à la fin, question de ne pas dévoiler toutes mes batteries, stratégie obligeant ; Par la suite, si le besoin s'en ressentait, j'irai au bout de mon argumentaire.
En toutes choses, Allah est le plus savant
1-LA FEMME DOIT-ELLE COUVRIR SES MAINS PENDANT SA PRIÈRE ?
Avis de Sheykh Otheymine
L'Imâm Mansoûr Ibn Yûnus al-Bahoûtî [dans « ar-Rawdh al-Mourbi' Charh Zâd al-Moustaqni' »] dit :
« Toute la femme libre est ‘Awrah [partie à dissimuler] en dehors de son visage. »
SHeikh Ibn ‘Uthaymînexplique [de cette parole] :
Il est obligatoire pour elle [selon le sens de cette parole] de dissimuler l'ensemble de son corps en dehors de son visage. Il n'y a pas de preuve claire sur cette question. C'est pourquoi SHeikh al-Islâm Ibn Taymiyyahsoutient que la femme libre doit couvrir tout son corps à l'exception de ce qu'elle laisse apparaître habituellement dans sa maison, à savoirle visage, les paumes et les pieds. Il dit : « Les femmes à l'époque du Messager d'Allah avaient l'habitude dans leurs maisons de porter des chemises. Cependant toute femme ne possédait pas deux habits. C'est pourquoi quand le sang des menstrues entachait l'habit, elle lavait le point souillé et priait vêtue du même habit ». [Voir pour plus de détails Madjmu'al-Fatâwa de Ibn Taymiyyah, Vol-22 p.109-120]
Aussi, les pieds et les paumes ne font pas partis de ce qui doit être couvert par la femme qui prie. Ce qui ne veut pas dire qu'il est permis [à l'homme] de les regarder.
Sur cette base d'absence de preuve qui pourrait rassurer sur la question, j'adopte la position de SHeikh al-Islâm Ibn Taymiyyahsur cette question et je dis : ce qu'il dit est apparemment juste même si nous ne pouvons assurément le qualifier comme tel. Car, même quand la femme est vêtue d'un habit qui touche le sol, elle peut laisser l'intérieur de ses pieds se découvrir en cas de prosternation […]
Kitâb « ach-Charh al-Moumti' 'ala Zâd al-Moustaqni' » de SHeikh Ibn 'Uthaymîn, 2/160-161
2 Quel est le jugement sur le fait de montrer les pieds et les mains pour la femme pendant la prière, sachant qu'elle n'est pas devant des hommes, mais dans sa maison ?
Réponse : Ce qui est bien connu [sur la question] dans le Madhhab [dogme] Hanbalite est que toute la femme adulte libre est « 'Awrah » [partie à dissimuler] dans la prière en dehors du visage ; et d'après cela, il n'est pas permis de découvrir ses mains et ses pieds, bien que de nombreux gens de science soutiennent qu'il est possible à la femme de découvrir ses mains et ses pieds.
Mais la chose la plus sûre pour une femme c'est d'y faire attention, et si une femme le fait, elle doit chercher un avis juridique sur le sujet, mais personne ne doit s'engager à lui ordonner de refaire ses prières. Madjmu' Fatâwa de Ibn Uthaymîn , 12/295
3 -Beaucoup de femmes ne font pas attention dans la prière et laisse apparaître leurs avant bras ou une partie, de même de que leurs pieds et peut-être même leurs jambes. Leur prière est-elle valide dans ce cas ?
Réponse : Il est obligatoire pour la femme pubère libre de cacher l'ensemble de son corps pendant la prière, à l'exception du visage et des mains, car elle doit être couverte entièrement. Donc, si elle prie et qu'apparaît quelque chose qui doit être couvert comme les jambes, les pieds, la tête ou un partie seulement, sa prière n'est pas valide d'après la parole du prophète : « Allah n'accepte pas la prière d'une femme pubère sans voile. » [Rapporté par Ahmad et les auteurs des Sunan, sauf An-Nassa'i, avec une chaîne de transmission authentique]. Et d'après sa parole : « Toute la femme doit être couverte. », et d'après ce que rapporte Abu Dawud , d'après Oum Salama qui a interrogé le prophète à propos de la femme qui prie avec une blouse et un voile (khimar) sans robe, il a alors répondu : « Si la blouse cache le dessus de ses pieds ». Al-Hafidh ibn Hajar a dit dans Bulugh al-maram : Les imams ont confirmé que le hadith s'arrêtait à Oum Salama , et s'il y a auprès d'elle un étranger (un homme qu'elle peut épouser), il lui est aussi obligatoire de couvrir son visage et ses mains.
SHeikh Ibn Bâz dit : […] Quant à la femme, tout son corps est à dissimuler sauf son visage. Il y a une divergence des gens de science pour ce qui est de ses paumes. Certes, certains d'entre eux jugent qu'il est obligatoire de les dissimuler, et pour d'autres, il est permis de les laisser découverts. Il y a là dans cette affaire une grande permission - Inshâ-Allâh. Ceci dit, les couvrir est meilleur afin de sortir de la divergence des savants sur cela.
Quant aux pieds, il est obligatoire de les couvrir quand on est en prière, selon la majorité des gens de science […] Madjmu'Fatâwa de SHeikh Ibn Bâz , 10/410-411
4-LA PRIÈRE A VOIX HAUTE POUR LA FEMME
Avis de Sheykh Fawzan , Sheykh ibn Baz et sheykh el Albani
Lors des prières à voix haute, la femme doit elle réciter à voix haute ou à voix basse ?
Réponse : Il est recommandé à la femme de prier à haute voix ; qu'il s'agisse d'une prière obligatoire ou d'une prière surérogatoire, pourvu qu'elle ne soit pas entendue par un homme pouvant être tenté par sa voix. La femme peut prier à haute voix si elle se trouve dans un endroit où aucun étranger ne l'entend et si elle accomplit une prière de nuit, sauf si elle risque de déranger d'autres prieurs.
Quand elle accomplit une prière du jour, elle le fait à voix basse parce que cette prière doit se faire ainsi et que l'élévation de la voix dans une telle prière n'est pas recommandée parce que contraire à la Sounnah.
Fatâwa al-mar'â al-muslimah - Sheikh Sâlih al-Fawzân , p.322
L'imam des femmes doit se mettre au milieu du premier rang, et elle lit à haute voix pour les prières à haute voix. Fatawa al-mar'a al-muslima, p.141 shaikh ibn Baz
Tout ce qui a été mentionné dans la description de la prière du prophète s'applique aussi bien aux hommes qu'aux femmes, car il n'y a rien dans la Sunna qui montre l'exception de la femme dans toutes ces descriptions. En fait, la généralité de sa parole, « Priez comme vous m'avez vu prier », inclut les femmes. Shaykh Muhammad Nasirud Din Al Albani
5- LA VOIX DE LA FEMME, UNE AWRA ?
La femme est là où les hommes assouvissent leurs désirs, ils penchent donc vers elle par l'instinct du plaisir.
Par conséquent, si elle s'adresse à eux d'une voix trop complaisante, elle ne fait qu'accroître leur tentation.
C'est pour cette raison qu'Allah a ordonné aux croyants de s'adresser aux femmes derrière un rideau s'ils veulent leur demander un service ou un objet :
« Et si vous leur demandez (à ses femmes) quelque objet, demandez-le leur derrière un rideau : c'est plus pur pour vos cœurs et leurs cœurs » [Les Coalisés, v. 53].
Il a par ailleurs recommandé aux femmes d'éviter d'être trop complaisantes lorsqu'elles s'adressent aux hommes, afin que celui dont le cœur est malade ne les convoite pas :
« Ô femmes du Prophète ! Vous n'êtes comparables à aucune autre femme. Si vous êtes pieuses, ne soyez pas trop complaisantes dans votre langage, afin que celui dont le cœur est malade [l'hypocrite] ne vous convoite pas. » [Les Coalisés, v. 32]
Si ceci était la recommandation au moment où les musulmans avaient une foi forte, alors que dire de notre époque où la foi est faible et où l'attachement à la religion a diminué ! Vous devez donc limiter vos contacts avec les hommes étrangers et limiter les conversations avec eux au strict cas de nécessité. Et même dans ce cas, vous ne devez pas être trop complaisante conformément au verset précédent.
De là, on conclut que la voix ordinaire qui ne comporte pas de complaisance n'est pas une Awra, car les femmes s'adressaient au Prophète et l'interrogeaient sur des questions religieuses. De même, elles s'adressaient aux Compagnons pour certains besoins sans que le Prophète ne le leur reproche. Et le succès ne vient que d'Allah.
Le Comité Permanent de l'Ifta, Fatâwâ al-Mar'a (Fatwas concernant les femmes), page 209.
Commentaires
-Quand les savants ont divergé, qui es-tu, toi, pour trancher, toi qui n'es pas savant ? C'est plus sincère de mentionner leurs divergences, quitte à chacun de s'aligner sur la position qui le convainc. Obliger quelqu'un à adopter une position particulière qui n'est pas unanime revient un peu à légiférer à la place d'Allah et chacun sait comment cela est assimilé au chirk, Qu'Allah nous en préserve.
- la majorité des savants connus renforcent l'argument mais c'est l'Ijma « l'unanimité » qui fait loi
-contrairement à ce que l'on fait véhiculer, les points de vue sont partagés sur la awrah de la femme( ce qu'elle doit cacher) ; voyez la position de celui qui porte le titre unique de SHeikh al-Islâm, Ibn Taymiyyah
Nb. Toutes les fatawas sont vérifiables en arabe et certains en français dans les livres réféencés et en français en ligne sur divers sites comme fatawasonline, islamophile, le message, islamlinks…….
Mes chères sœurs, si vous avez bien lu ces fatawas et que vous les comparez à ceux qui circulent, vous conviendrez avec moi, qu'il existe des gens qui ne savent pas où se trouve le bien des musulmans et cultivent le champ de nos ennemis en attisant les causes d'éventuelles divisions. Il se peut qu'ils soient bien intentionnés mais qu'ils ont peu de science en la matière ; dans ce cas priez Allah qu'il les pardonne. Mais s'ils sont de mauvaise volonté, Allah préservera sa religion.
Mes sœurs, je vous laisse sur ces lignes, avec les mots de Fudhayl ben Iyyad®, « faire une chose à cause des gens, c'est du chirk ; laisser une chose à cause des gens, c'est de l'ostentation »
Allahou a'lamou
Que Ramadan nous donne l'occasion de nous repentir sincèrement et de purifier nos intentions afin de ne servir qu'Allah seul
Wassalamou aleikoum
Ouagadougou le 12 aout 2010-08-12
Imam Alidou Ilboudo
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| jeudi 20 août 2009, a 19:46 |
| OBAMA ET LES MUSULMANS |
Les relations entres les Etats-Unis et les musulmans se sont tellement détériorées après huit années d'administration Bush que le monde entier se demande désormais : qu'est-ce que Barack Obama va bien pouvoir dire aux musulmans ? Que devrait-il dire afin de restaurer la confiance. Il serait peut-être bon préalablement d'analyser les causes majeures de la profonde méfiance que nous observons aujourd'hui non seulement dans les pays majoritairement musulmans mais également parmi les musulmans africains, asiatiques et occidentaux. Pendant des décennies, et particulièrement depuis le 11 septembre 2001, les musulmans à travers le monde reçoivent des messages perturbants de la part des Etats-Unis tant dans leur contenu que dans leur forme.
Le Président précédent George W. Bush était perçu comme agressif, souvent arrogant, avec un esprit étroit et particulièrement sourd quand il était question d'aborder les questions islamiques, les affaires liées aux pays majoritairement musulmans ou le Moyen-Orient. Au-delà de ses mots respectueux, les musulmans ont toujours gardé en mémoire ses références spontanées au vocabulaire religieux quand il s'est référé aux « croisades » ou à l' « axe du mal ». La guerre contre le terrorisme, les bombardements sur l'Afghanistan, l'invasion de l'Irak, les mensonges au sujet des armes de destruction massive, les enlèvements extrajudiciaires de la CIA et les révélations des tortures, sont autant d'éléments cumulés attestant que la vie et la dignité des musulmans semblaient n'avoir presque aucune valeur. Au-delà de la rhétorique de George W. Bush, son administration montra ni grand respect ni sens de la justice à l'égard des musulmans, et son soutien unilatéral et aveugle envers Israël en fut un témoignage supplémentaire.
Barack Obama doit faire oublier cet héritage. Pendant sa campagne électorale, il a dû répéter à maintes reprises qu'il n'était pas un musulman comme si, ainsi que l'a relevé très justement Colin Powell, cela était encore un problème en soi pour la société américaine,. De fait, l'une des premières choses que l'on pourrait attendre du Président est de transmettre un message aux musulmans dont il serait prêt à porter la substance dans son propre pays. En parlant aux musulmans, le Président doit parler également aux Etats-Unis et à l'Occident car les séquelles de la suspicion sont profondes. Obama a été intelligent et prudent lorsqu'il prononçait ses messages politiques durant les premiers mois de sa présidence : il a travaillé sur les discours et les symboles. Il a souvent exprimé son respect vis-à-vis de l'islam et des musulmans, annoncé la fermeture de Guantanamo et la cessation de la torture en étant plus exigeant avec le gouvernement israélien quant aux colonies de peuplement. Le caractère positif de ces étapes ne doit pas être nié.
Les symboles et les discours ne sont toutefois pas suffisants. Ce que nous pouvons attendre du nouveau Président est un changement dans l'attitude aussi bien que des actions efficaces. L'humilité est ici un facteur déterminant. A l'heure de la globalisation, les Etats-Unis peuvent bien demeurer la plus puissante nation du monde, il n'en reste pas moins qu'elle ne détient pas le monopole du juste ou du bien. Etre ouvert au monde commence par être ouvert à toutes les civilisations et reconnaître la potentielle contribution positive de chaque religion et de chaque culture. L'Islam est une grande civilisation et Barack Obama doit porter un vrai et profond message de respect en annonçant que nous avons tous à apprendre les uns des autres et qu'il va s'engager à répandre une meilleure connaissance de la diversité culturelle et religieuse aux Etats-Unis même. Les Américains doivent être prêts à apprendre de l'Islam, des musulmans aussi bien que des Hindous et des Bouddhistes. Paradoxalement, la façon dont Obama envisage d'aborder la question de l'éducation à l'intérieur des Etats-Unis sera le réel indicateur de sa politique globale vis-à-vis de l'Islam et des musulmans.
Aucune civilisation ne peut se prévaloir d'avoir le monopole des valeurs universelles et personne ne peut prétendre être toujours fidèle à ses propres valeurs. Le Président Obama doit insister sur les valeurs idéales et les droits de l'homme que défendent les Etats-Unis mais il se doit également de reconnaître les erreurs, les échecs et les contradictions quant à leurs applications concrètes. Le manque de cohérence est une faiblesse partagée par toutes les nations. Le meilleur moyen pour le Président d'être entendu, alors qu'ils appellent aux respects des droits de l'homme, à la démocratisation et qu'il annonce une nouvelle ère de dialogue avec les musulmans, consiste par commencer à être constructivement autocritique et reconnaître que les Etats-Unis peuvent faire – et vont faire – beaucoup mieux quant au respect des valeurs qu'ils défendent et qu'ils chercheront à appliquer des politiques plus justes vis-à-vis des musulmans et des pays pauvres. Cette attitude humble basée sur l'impératif devoir de cohérence n'est pas une position de faiblesse, bien au contraire : de là, il peut rappeler aux leaders aussi bien qu'aux musulmans ordinaires leurs propres contradictions et devoirs. Seul un Président des Etats-Unis cohérent et autocritique peut rappeler aux musulmans qu'ils doivent agir contre la corruption, l'extrémisme, les dictatures, le manque de politiques éducatives, les discriminations à l'égard des femmes et des pauvres, etc. et espérer être entendu avec un minimum de confiance.
Les musulmans attendent des actions et ils savent d'expérience (avec les Etats-Unis comme avec leur propre gouvernement) que les politiciens sont les champions du verbe. Barack Obama a un statut tout à fait spécial aujourd'hui dans le monde et particulièrement dans le monde musulman. Il l'est l'un des seuls Président des Etats-Unis qui possède tout à la fois l'héritage et la capacité d'être davantage qu'un symbole répandant de belles paroles. Il serait triste de perdre cette opportunité historique et on doit espérer qu'il aura une vision et une stratégie efficace et progressive pour son pays comme pour le monde. Sur le plan intérieur, quand il s'agit de discrimination, de sécurité, d'immigration et d'égalité des chances, Barack Obama doit nous aider à oublier qu'il est Afro-Américain en promouvant la justice et l'égalité des droits pour tous. Au niveau international, il devrait nous aider à oublier que son père était musulman en refusant d'être timide et sur la défensive quant au respect du droit des individus et des populations en Palestine, en Irak, en Afghanistan, etc. Le message qu'il s'apprête à envoyer aux musulmans doit provenir d'un Président se positionnant au-delà des couleurs et des appartenances religieuses avec humilité, cohérence et respect. Au moment de s'adresser aux musulmans il doit faire en sorte qu'il soit clair, après des années de surdité à Washington, qu'il les a enfin entendus.
Tariq RAMADAN |
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| mardi 30 juin 2009, a 20:09 |
| Mohamad, l'histoire d'un homme, l'histoire de l'humanité |
Des caricatures du prophète Muhammad (saw) aux critiques du philosophe français Robert REDEKER en passant par les récents propos du pape Benoît XVI, les ennemis de l'islam achèvent de qualifier cette religion de violente et le prophète Muhammad (saw) comme un guerrier. Que cela ne surprenne personne, ce n'est que par pure jalousie sinon le monde occidental est convaincu de l'excellente personnalité du prophète et de la valeur intrinsèque de l'islam qui demeure une religion de paix et de miséricorde. L'Ecrivain et homme politique français Alphonse de LAMARTINE dans son ouvrage ''histoire de la Turquie'', Paris, 1854, vol. II pp276-277 l'avait signifié clairement en ces termes : « si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l'immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l'homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l'histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n'ont remué que des armes, des lois, des empires ; ils n'ont fondé (quand ils ont fondé quelque chose) que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d'hommes sur le tiers du globe habité : mais il a remué, de plus, des autels , des dieux, des religions, des idées, des croyances, des âmes ; il a fondé, sur un livre dont chaque lettre est devenue loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toute race et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des idoles et la passion du Dieu Unique ».
S'adressant au Prophète Muhammad, paix et bénédictions de Dieu sur lui, Allah le Très Haut s'exprime en ces termes : « Et tu es certes d'une moralité éminente. » (Sourate Al-Qalam, verset 4) « En effet vous avez dans le Prophète un excellent modèle, pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment.»(Sourate Al Ahzâb, verset 21)
Muhammad : un homme
d'exception
L'exceptionnalité du Prophète tient à ce qu'il ne fût pas seulement une grande figure de son temps mais une grande figure pour tous les temps et pour tous les peuples, indépendamment des considérations de races, de couleurs, de nationalités ou de situations géographiques. Son exemple valait pour les Arabes du septième siècle comme il vaut pour l'humanité actuelle, en ce début de vingt et unième siècle. Il constitue un excellent modèle pour riches et pauvres, jeunes et vieux, gouvernants et gouvernés, pour les gens doués d'une grande intelligence comme pour les esprits communs. Allah a fait de lui Son Envoyé pour toute l'humanité : « Dis :" Ô hommes ! je suis pour vous tous le Messager d'Allah, à Qui appartient la Royauté des cieux et de la terre. Pas de divinité à part Lui. Il donne la vie, Il donne la mort. Croyez donc en Allah, en son Messager, le Prophète illettré qui croit en Allah et en Ses paroles. Et suivez-le afin que vous soyez bien guidés. » (Sourate Al-A`râf, verset 158)
Le Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, mettait en pratique ce qu'il prêchait. Il a appliqué méticuleusement les préceptes du Coran, Parole d'Allah qui lui avait été révélée, à chaque instant et dans chaque détail de sa vie. C'est ainsi que sa vie fut le reflet de la Parole Divine. Il devint le Coran en personne, son incarnation et même, pour parler par métaphore : « la Parole divine en chair et en os ». Un hadith en témoigne : Sa`îd Ibn Hishâm s'adressa ainsi à Â'ishah, l'épouse du Prophète, que Dieu l'agrée : « Parle-moi du caractère du Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui". "Son caractère, répondit-elle, c'était le Coran. » (Musnad Ahmad)
Quelques qualités du Prophète
La moralité du Prophète ne se réduisait pas à quelques traits de bonne moeurs mais recouvrait une grande diversité d'éléments et d'aspects de sa vie. Bon, compatissant, aimant, généreux et humble, il était également fort, courageux, éloquent, sage et d'une grande perspicacité. S'il fut un grand planificateur, un éminent organisateur et penseur, il fut aussi un homme empli de foi, de confiance et de piété envers Allah.
Son implication active au sein de sa famille et de sa communauté ne lui faisaient aucunement négliger ses prières, son jeûne et son dévouement à Allah. En vérité, nul ne priait autant que lui. Exemplaire comme enseignant, prêcheur, Imam, chef, homme d'Etat, juge, commandeur des armées, il l'était aussi comme époux, père, grand-père, comme homme d'affaires, voisin et ami.
Avant de recevoir l'honneur de la Mission Prophétique (Nubuwwah), il était connu parmi les Mecquois pour être "As-Sadiq Al-Amîn", la personne la plus véridique, la plus honnête et la plus digne de confiance ; caractère qu'il conserva tout au long de sa vie. Il n'a jamais failli à une promesse ou à un engagement. Ses ennemis eux-mêmes ne pouvaient le taxer de malhonnêteté.
Il faisait montre de la plus grande humilité qui soit. C'était son habitude de se mêler aux pauvres et de s'asseoir parmi eux, faisant cesser l'usage de ceux qui restaient debout en sa présence. Toute place disponible dans une assemblée, quelle qu'elle fût, le satisfaisait, jamais il ne cherchait le surplomb ou la mise en avant, il pouvait ainsi arriver que les visiteurs ne sachent pas qui des personnes réunies était le Prophète. Ainsi, lorsqu'à la tête d'une grande armée victorieuse, il entra à La Mecque, ce fut en faisant la démonstration d'une humilité exceptionnelle, son front touchait la selle de son chameau !
Muhammad : une Miséricorde pour l'Humanité
Il était la personne la plus miséricordieuse du monde. Allah dit de lui qu'il est « une miséricorde pour les mondes ». (Sourate Al-Anbiyâ, verset 107) Il exerçait cette qualité auprès de sa famille, de ses partisans, de ses amis mais aussi de ses ennemis. On se rappelle encore de sa tolérance exceptionnelle vis-à-vis des habitants de Taïf qui l'avaient copieusement lapidé et blessé gravement quand il a été chez eux pour prêcher la parole d'Allah. Plutôt que de les maudire, Muhammad invoqua Dieu en leur faveur en disant : « Seigneur pardonne à ce peuple car il ne sait pas ce qu'il fait. C'est plutôt moi qui me suis mal pris dans la transmission de ton message ». En bénéficiaient également jeunes et vieux, humains comme animaux. Ceux qui le persécutèrent à la Mecque, tuant ses proches et ses compagnons faits prisonniers lors des défaites, eurent eux-mêmes droit à son pardon. La constance constituait une donnée primordiale de son comportement moral. Après avoir déterminé une pratique saine ou une voie bénéfique, il s'y tenait et l'observait à jamais, répétant volontiers que : « L'action la plus aimée d'Allah est celle qui est accomplie régulièrement, même si elle n'est que peu de chose. » (Al-Bukhârî, n°5983).
Ses noms
Le Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, a plusieurs noms, à l'unisson de ses qualités. Mentionnés à la fois dans le Coran et les hadiths, voici quelques-uns de ses plus beaux noms :
Muhammad (le Loué) ; Ahmad (le Plus Digne de louange) ; Hâmid (le Dispensateur de louanges et de remerciements) ; Ar-Rasûl (le Messager) ; An-Nabî (le Prophète) ; Shâhid (le Témoin) ; Rashîd (le Droit) ; Bashîr (l'Annonciateur de bonnes nouvelles) ; Nadhîr (l'Avertisseur) ; Dâ`î (Celui qui appelle à Allah) ; Hâdi (le Guide) ; Mâhî (celui par qui Dieu efface le mal et la mécréance) ; Fâtih (le Conquérant) ; Râ'ûf (compatissant) ; Rahîm (miséricordieux) ; Mujtabâ (Celui qui a été choisi) ; Mustafâ (l'Élu) ; Murtadâ (L'Agréé) ; As-Sâdiq (le véridique) ; Al-Amîn (le loyal) ; Musaddiq (Celui qui corrobore la vérité) ; Habîbullâh (l'Aimé d'Allah) ; Safiyyullâh (Celui qu'Allah a choisi) ; Najiyyullâh (le Protégé d'Allah) ; Shakûr (Le très reconnaissant) ; Karîm (généreux) ; Hakîm (sage) ; Sayyid (le maître ou le leader) ; Sirâj Munîr (luminaire rayonnant) ; Jawâd (très Généreux) ; `Âdil (Juste) et Khâtam Ar-Rusul (le Sceau des Prophètes).
Que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui !
Et Allah Tout Puissant est
plus savant.
Source: islamophile.org
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| samedi 02 mai 2009, a 00:40 |
| ESTHETIQUE ET SENS |
Peur et Confiance
Nous avons vu comment le cerveau pouvait soudain être sous le pouvoir de l'amygdale et produire chez l'individu une réaction émotionnelle totalement incontrôlée… de joie, d'audace, de peur ou de violence. Tout se passe comme si, à l'époque de la communication globalisée, les images et les informations circulant par millions et sans discontinuer sur nos téléviseurs et nos écrans d'ordinateur produisaient des signaux qui pouvaient s'emparer des centres nerveux de sociétés et de collectivités entières. Le mariage entre la lourde charge psychologique (pas toujours consciente) des informations qui nous parviennent par tant de différents canaux du monde entier, d'une part ; et le stress de la vie quotidienne, le manque de temps pour réfléchir, lire et essayer de comprendre, le sentiment d'insécurité et les frustrations, d'autre part ; ce mariage, disions-nous, fragilise le « corps social » et nous pourrions plus justement dire ici, en poursuivant notre comparaison, qu'il fragilise le « cerveau social », et le rend tout à fait fébrile.
D'une société à l'autre, selon les sujets sensibles et les controverses de l'heure (il s'agit parfois de phénomènes planétaires), on assiste à des réactions collectives et l'on constate que les symptômes qui étaient visibles chez un individu sous l'emprise d'une charge émotionnelle sont les mêmes que ceux que l'on peut identifier dans la collectivité sociale. Ce peut être l'effet de l'actualité, d'une controverse (orchestrée ou non), d'une déclaration, d'un accident, ou d'une simple rumeur, et voilà que des phénomènes incontrôlés se répandent comme une traînée de poudre. La société et le débat public semblent tout à coup s'agiter sous le coup de la passion, une effervescence s'installe qui peut parfois aller jusqu'à l'hystérie collective : les réactions sont imprévisibles, les gens ont de moins en moins la capacité d'écouter et d'entendre, les arguments, les jugements et les conclusions manquent souvent de logique et sont lancés à l'emporte-pièce et l'émotivité collective s'impose par la force et la vérité du nombre et de l'instantané. La démocratisation amplifiée de l'émotion a souvent raison de la nécessaire démocratisation de la raison, collective et raisonnable, et du débat d'idées. Une époque dangereuse où les technologies planétaires sont des instruments dont le pouvoir nous échappe et qui peuvent exercer un ascendant terrible sur les individus, une perte de contrôle généralisée, un vrai « coup d'état émotionnel » collectif, qui peut aller jusqu'à la dictature de l'émotion. Nous l'avons dit, ce que les neurologues nous ont révélé quant au fonctionnement du cerveau, nous pouvons le constater dans les collectivités : les parallèles sont troublants et parfois effrayants. Des informations-stimuli qui provoquent une sorte de choc, une réactivité immédiate de doute, de peur et d'insécurité et la passion s'installe qui peut influencer la nature des décisions populaires. Les forces armées américaines ont mis en scène « l'affaire des pouponnières » au Koweït lors de la première guerre du Golfe en 1990 (les soldats de Saddam Hussein auraient arraché des bébés à leur pouponnière en provoquant sadiquement leur mort) et ce afin d'émouvoir la population américaine et de la convaincre de s'engager dans la guerre : l'opération a été malheureusement couronnée de succès et les conséquences en furent des centaines de milliers de morts. Nous avons pu voir ces manifestations émotives après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ou encore avec le renversement politique en Espagne après le séisme des attentats perpétrés à Madrid le 11 mars 2004 (la gauche a été élue en contradiction avec tous les pronostics établis quelques jours auparavant). C'est ce même phénomène d'amplification émotionnelle qui a drainé les réactions passionnées (et parfois violentes) dans les sociétés majoritairement musulmanes au moment des caricatures danoises, début 2006.
Le monde global, comme un cerveau aux multiples instances, aux pouvoirs parallèles et parfois contradictoires, subit des crises et des controverses à répétition, nationales ou internationales. Celles-ci sont des réactions à des événements-signaux, parfois fortuits parfois instrumentalisés, qui produisent systématiquement des phénomènes de masse plus ou moins contrôlables. Ce pouvoir de l'émotion sur les collectivités (et la maîtrise de ses « moyens de production » dans les pays les plus riches avec leur armée de spécialistes en communication) est une invitation, en bonne et due forme, au populisme en politique. On n'attire plus l'électeur par la force des idées et des convictions (ou la vision de l'idéologie partagée) mais on le mobilise par l'intensité de ses peurs, de son besoin de sécurité, d'assurance, de confort, de repères et d'identités définies. Sous la pression de la communication, des medias, de la nécessaire réaction politique immédiate, il importe de rassurer, de calmer les ardeurs ou, au contraire, d'exciter les peurs. Rassurer, calmer, exciter…les mots sont en relation avec l'affect et nous voici entrés au royaume de la politique émotionnelle ou plus précisément de la politique de l'émotionnel. La technique est connue et fut utilisée depuis bien longtemps par les partis populistes d'extrême-droite attisant les peurs, stigmatisant l'autre et glorifiant l'identité pure de la race ou de la nation. Nous assistons à une normalisation de cette technique mais également à la normalisation de la substance même du propos politique populiste destiné à séduire l'électeur plutôt qu'à le convaincre. Cette attitude politique, qui s'intéresse davantage à l'amygdale individuelle et collective qu'au néocortex permet, certes, de gagner des élections mais à long terme, elle a des effets dévastateurs sur l'avenir des sociétés et des démocraties.
Les critiques de ces perversions sont anciennes et ont été formulées par des penseurs ou des politiciens représentant l'ensemble de l'éventail des positions philosophiques et politiques. Pas toujours pour les mêmes raisons. Les milieux élitistes, aristocratiques, bourgeois ou conservateurs ont pu craindre que le peuple soit davantage mû par la passion aveugle que par la raison savante à l'exemple de Socrate, de Kant, de Nietzsche, de Tolstoï et de tant et tant d'autres penseurs (dont la sensibilité est si différente) : il fallait penser à des garde-fous pour protéger les bonnes décisions politiques de l'élite et des « sages » de l'incontrôlé des mouvements populaires. L'expression ultime de cette peur du peuple est l'idéal du « despote éclairé » qui sait agir pour le bien du peuple mais sans se soumettre aux souhaits parfois contradictoires et aux élans passionnés de celui-ci : c'est le « chigalevisme » philanthrope dont parle Albert Camus dans L'homme révolté et qui consiste à asservir le peuple pour le bien du peuple. Dans les milieux plus enclins à faire confiance à ce dernier, des premiers humanistes de la Renaissance à Saint-Just puis aux penseurs socialistes, de Marx, Proudhon, Bakounine, Spencer à Marcuse, Noam Chomsky ou Naomi Klein (également de sensibilités très différentes), on trouve cette crainte de la possible instrumentalisation du pouvoir du peuple par les instances des pouvoirs économiques, politiques, et aujourd'hui des moyens de communication et des lobbies. La récente « doctrine du choc » (The Shock Doctrine) élaborée par Naomi Klein repose sur cette instrumentalisation manipulatrice du pouvoir (dont celui du peuple reconnu dans les démocraties) pour protéger des intérêts particuliers et inavoués et, à terme, agir contre l'intérêt des peuples eux-mêmes.
La nature des dangers est multiple, nous le voyons. Le plus grand péril néanmoins, à l'époque moderne, tient dans les conséquences de cette nouvelle suprématie de l'émotion, de la politique émotionnelle et de la réactivité populaire instantanée. Nous avons affaire à des phénomènes de mise en alerte des populations, de réactivité émotionnelle avec leur lot d'irrationalité et de peur. Comme le sujet se sent sous l'emprise de ses émotions, la collectivité se pense en « victime » de ce qui la dérange ou apparemment l'agresse. L'époque de l'émotionnel populaire est une ère de l'attitude victimaire de masse. Dans un climat d'insécurité permanent, la présence de « l'autre », sa visibilité, ses revendications, ses luttes pour la justice et le respect dérangent et produisent un sentiment de mal-être qui peut justifier une surdité ou des traitements différenciés. Face à la menace du terrorisme, l'effervescence est telle que l'on a pu accepter de revoir à la baisse l'exigence du respect des droits humains et de la dignité des personnes : des traitements discriminatoires, des individus incarcérés sans jugement, des extraditions sommaires ou extraordinaires et jusqu'à la torture qui serait désormais légitime tant le danger est énorme. L'émotion octroie le droit à ceux qui se pensent en « victimes » d'agir au-delà du droit vis-à-vis de ceux qu'ils identifient comme leurs potentiels bourreaux déshumanisés.
Avec le sentiment victimaire, c'est bien sûr la déresponsabilisation qui s'installe. En réagissant aux menaces extérieures, les victimes de ces attaques sont légitimées à blâmer l'agresseur qui ne les aime pas, ni leur simple existence, ni leur civilisation, ni leurs valeurs. La peur de l'agressé projette sur l'autre la seule justification de sa « haine » essentialiste. Nous avons donc affaire à un pur conflit d'émotions où la peur répond à la haine et il lui faut se protéger avec un dispositif intellectuel qui devrait « clarifier » les termes de l'opposition et de la polarisation. Cette politique de l'émotionnel convainc les peuples, par des campagnes récurrentes, de la nécessité de ces mesures sécuritaires due aux menaces qui rôdent alentour (et parmi nous). Elles sont le fait de cet « autre » dangereux, si loin, si près et même parmi nous : au point que nous ne sachions plus qui est « nous ». Qui sommes-« nous » ? C'est la troisième conséquence de la suprématie de l'émotion : l'obsession de l'identité. Victimes et sans responsabilité particulière vis-à-vis du désordre alentour, il ne nous intéresse plus de parler de justice et de politique, d'ordre économique et de redistribution des richesses : tout est question de conflit de civilisations et de valeurs, d'identité culturelle et religieuse. La justice sociale et politique ne serait rien, la différence culturelle et religieuse serait tout !
On se souvient que la hiérarchie des instances du cerveau pouvait craindre les attaques de l'intérieur autant que celles de l'extérieur : toutes deux avaient les moyens de bouleverser son ordre et de placer le cerveau sous l'emprise de l'émotion qui rend passionné et sourd. Les sociétés et les peuples courent le même risque d'être tétanisés par la peur, l'insécurité, l'obsession de la protection dans l'isolement et le rejet de l'autre. Le problème est autant intellectuel que psychologique. Comment donc retrouver les chemins de la confiance, de la confiance en soi, qui passent par la connaissance, la connaissance de soi, la maîtrise personnelle et l'esprit critique ? Il s'agit de redonner la priorité au sens des choses plutôt qu'aux signaux et aux stimuli. Nos émotions ont besoin de spiritualité ; nos affects ont besoin d'être spiritualisés. Il faudrait ainsi trouver les moyens, collectivement, de célébrer les noces de l'émotion et de la raison raisonnable car il s'agit somme toute bien de cela : il n'est pas de spiritualité sans émotion… mais la première accueille la seconde quand celle-ci a su épouser la part digne et noble de l'humain.
Esthétique du Sens
Nos émotions nous enferment alors que la spiritualité est souffle et quête de liberté. Des spiritualités anciennes aux psychologies modernes, en passant par les religions et les philosophies, les enseignements sont les mêmes : il s'agit de prendre conscience de ses propres fonctionnements individuels et collectifs, d'établir une distance critique entre soi et soi de même qu'avec l'univers alentour, d'apprendre à écouter, d'apprendre à dire et à communiquer, d'appréhender enfin positivement la complexité de soi et d'autrui. Cela peut paraître étrange et paradoxal mais le premier acte de libération spirituelle réside dans l'attitude initiale qu'adoptera le sujet. La spiritualité vécue exige du sujet humain trois conditions majeures que l'on retrouve transversalement dans toutes les traditions : l'autonomie du sujet (par opposition à la dépendance vis-à-vis de ce qui l'affecte), la responsabilisation de la conscience (par opposition à la mentalité de victime) et, enfin, une disposition optimiste et constructive (par opposition au désespoir, au défaitisme ou au nihilisme qui ne croit pas le changement possible). Si l'émotion peut être subie, la spiritualité exige un acte premier (et déterminé) de la volonté qui affirme sa liberté ontologique où que se trouve l'individu. En sus, il doit assumer sa responsabilité fondamentale quant à sa propre transformation et enfin nourrir la conviction profonde que tout est possible, toujours, pour le meilleur.
Il s'agit, on l'aura compris, des trois conditions de la confiance en soi. Comment donc, à notre époque traversée par les peurs et les obsessions sécuritaires, acquérir cette confiance en soi individuelle et collective. La spiritualité libère et donne du sens ; elle se fonde sur une initiation et une éducation à la prise de conscience, à la maturation, à la responsabilisation et à la transformation progressive. Les mystiques juive, chrétienne et musulmane n'ont de cesse de rappeler les étapes archétypales de cette élévation de l'être : elles ont traduit, pour l'initié, ce qui représentait, somme toute, l'expérience la plus naturelle et la plus banale pour le commun des mortels. Face aux stimuli et aux signaux qui viennent de l'extérieur et qui peuvent prendre le pouvoir à l'intérieur du cerveau et/ou du cœur de l'homme (et de sa conscience), il importe de s'armer préalablement afin de garder la maîtrise de ses réactions. C'est le moyen de rester libre et humain. L'éducation commence donc à l' (apparente) périphérie ; par les sens et les perceptions des individus car ce sont les canaux par lesquels passent les premiers stimuli et qui sont les voies de la réactivité émotionnelle. Il faut enseigner aux enfants et aux adultes à voir, à toucher, à écouter, à sentir et à goûter : prendre le temps de réfléchir et de méditer sur les sentiments qui nous envahissent à la vue de certains paysages, ou des gens que l'on aime (ou que l'on déteste) ; étudier le sens de l'écoute et les façons d'entendre… apprendre à mieux toucher, à goûter et à sentir la matière, les parfums, la nature et les êtres humains. Insuffler (au sens d'emplir de souffle) du sens à nos sens et spiritualiser ainsi nos perceptions afin de ne pas les subir au détour de l'instantané d'une émotion-reflexe mais de les accueillir avec la confiance de la conscience qui s'est enrichie, a su dompter et s'est ainsi libérée.
Dans l'univers de la communication et de la culture globales, l'éducation des perceptions – à la périphérie – impose de renouer avec les enseignements fondamentaux. Il paraît nécessaire effectivement que chaque conscience puisse acquérir quelques connaissances des principes et de l'histoire des spiritualités et des religions, maîtriser des notions de philosophie et avoir une connaissance élémentaire des arts et de leur évolution. Religions et spiritualités, philosophies et arts sont les trois disciplines qui devraient faire partie du cursus imposé à chaque intelligence si l'on veut offrir à cette dernière les moyens de son autonomie, de sa liberté et de sa responsabilisation. Que l'on soit croyant ou non, il est impératif de connaître les principes fondateurs des spiritualités et des religions du monde. Ces dernières sont parfois l'horizon de l'épanouissement des êtres ou le refuge de leurs angoisses mais elles font sens et donnent du sens. Chacun est libre ensuite de choisir sa route mais ce doit être en connaissance de cause. Affirmer que l'on offre la liberté de choix à un individu alors qu'on l'a privé de connaissance est un mensonge : la liberté dans l'ignorance est une illusion. La philosophie façonne la conscience et l'esprit critiques : elle impose à l'intelligence d'observer, de savoir questionner et de prendre son temps. Rien n'est simple et même le simple est complexe : l'apprentissage de la philosophie devrait être une école de la prise de distance et de l'humilité qui enseigne aux individus à suspendre leurs jugements. Les philosophies arrogantes, qui ont le fin mot de la vérité et qui jugent et méprisent les vérités d'autrui ne sont pas des philosophies mais des idéologies. Il est bon pour chacun d'entre nous d'accompagner un philosophe jusqu'à l'instant qui précède ses conclusions et ses certitudes : l'exercice intellectuel consiste à se rappeler que la première partie est bien une quête philosophique et la seconde partie une série d'hypothèses et de postulats. Telle est la destinée intellectuelle de l'homme : sans le questionnement critique il n'accède pas à son humanité ; en assénant ses vérités comme étant « la vérité » il outrepasse avec arrogance les limites de son humanité. Il importe de s'initier à l'art, à la créativité et à la capacité des hommes à explorer les voies du beau. La beauté donne du sens et l'esthétique, de fait, est une double quête : celle du sens et celle du beau. Socrate pensait qu'il existait un lien continu, une unité de genre, entre la beauté physique, celle des corps, et la Beauté métaphysique, celle des essences et des Idées. Il s'agissait de s'élever par l'exercice appliqué de la philosophie : ainsi le Beau est le mariage de la philosophie, de la spiritualité et de l'art. Toutes les spiritualités associent la rencontre avec le sacré ou le divin avec la proximité du beau, du dépassement qui, par l'esthétique de la forme, rappelle le sens de la substance. « Dieu est Beau et Il aime la Beauté » dit une tradition prophétique islamique qui synthétise la portée de ces enseignements communs. Les arts, avec ou sans sacré, appellent l'homme à découvrir en lui les ressources de son dépassement par un imaginaire capable de lui donner du sens et du souffle. Le poète romantique John Keats, qui fit inscrire sur son épitaphe qu'il était celui « dont le nom était écrit dans l'eau », chanta le dépassement de soi dans la proximité de la Beauté : « La Beauté est Vérité, la Vérité Beauté ». Sur cette terre, sur laquelle nous passons, « c'est tout ce que nous savons » et le poète en rencontrant le Beau dit le sens qui est l'éternité au bord de laquelle sa finitude vient accoster. Le poète s'en ira comme la vague, et tous les artistes avec lui…il restera l'océan, les œuvres d'art, la Beauté et le Sens : comme si la belle déesse de la Lune (Séléné), s'étant baignée dans l'océan, et veillant sur la beauté du berger (Endymion), ouvrait la voie de l'éternité et du divin. « La Beauté est Vérité », la Beauté est à proximité du sacré.
Eduquer le cœur, l'esprit et l'imagination afin de se former à mieux voir, à mieux entendre, à mieux sentir, à mieux goûter et enfin à mieux toucher, est une exigence de l'autonomie et de la liberté au cœur de la modernité, des technologies avancées et de la globalisation des moyens de communication. A l'ère de l'information tous azimuts, celui qui n'est pas formé à la critique de l'information devient un esprit vulnérable, fragile, objet de toutes les potentielles instrumentalisations. Encore faut-il avoir le temps de prendre de la distance, d'analyser les situations, d'évaluer de façon critique ses perceptions. Rien n'est facile : il s'agit d'un exercice spirituel de première importance parce qu'il donne du sens aux actions les plus élémentaires de la vie : voir, entendre, toucher mais également penser, prier, créer. La spiritualité consiste en ce supplément de sens qui habite l'agir humain dans sa simplicité et cela peut être de la foi, de la pensée, de l'art ou de l'amour mais il s'agit toujours d'un choix, d'un acte de la volonté libre, par opposition à l'émotion qui est une réaction subie, imposée et parfois incontrôlée. Un océan de différence. L'émotion est à la spiritualité ce que l'attirance physique est à l'amour.
Extrait du dernier livre de Tariq Ramadan "L'autre en nous, pour une philosophie du pluralisme" publié aux éditions Presses du Châtelet
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| dimanche 08 mars 2009, a 22:31 |
| QUE DIT L'ISLAM DES FIANCAILLES |
Selon l'islam, les fiançailles sont assimilables à un engagement. Contrairement au copinage et au concubinage, les fiançailles sont tolérées par la religion musulmane sous réserve d'observer certaines règles.
Les fiançailles ne sont pas une mode. Elles sont, pour l'islam, une parole donnée et de ce fait, comme tout engagement, elles doivent être respectées. Il faut donc éviter ce comportement qui consiste à promettre pour, par la suite, revenir sur ses paroles.
Lorsque pertinemment l'on est pas prêt pour ces genres de relation, alors mieux vaut ne pas s'engager. Il est donc plus raisonnable pour un(e) très jeune frère ou sœur de s'occuper de ses études que de se préoccuper de fiançailles (engagement). Il faut éviter l'empressement, car souvent on confond des sentiments passagers à des relations sérieuses, et on ne s'en rend compte qu'après engagement. Il peut arriver que s'engager, dans le cas de certaines personnes, relève d'une nécessité. Tout de même, elles doivent agir avec précaution: il faut observer, enquêter, consulter Dieu (surtout) et prendre l'avis des aînés, bien interroger son cœur, évaluer ses conditions financières et/ou sociales avant de s'engager. Cela vous évitera des amertumes par la suite. Il ne faut jamais donner sa parole parce qu'on veut apprendre à aimer le frère ou la sœur après.
Pourquoi les fiançailles ?
Les fiançailles ont une finalité bien précise et sérieuse en islam.
Durant cette période, les fiancés doivent s'observer pour mieux se connaître. Ce moment doit être mis à profit pour discuter également des projets à élaborer pour l'avenir notamment la programmation de la date du mariage. Par exemple une sœur qui voudrait se marier dans deux ans alors que le frère, en deuxième année de médecine, voudrait finir ses études avant de se marier. Les fiançailles peuvent également servir à la formation des fiancés, à l'initiative de l'un ou de l'autre, dans divers domaines: c'était la pratique de certains sahabas. Enfin, la gestion des fiançailles est laissée à la volonté des fiancés. Il y a toutefois des limites à ne pas franchir.
Les fiançailles ne remplacent pas le mariage
Comme toute relation humaine, les fiançailles s'entretiennent. En la matière, les cadeaux y jouent un rôle très important ainsi que les visites. Les visites doivent toujours s'effectuer en présence d'une tierce personne. Les contacts physiques, les paroles perverses, l'isolement, les sorties sont prohibés en tout temps et particulièrement pendant les fiançailles.
En somme, il faut retenir que les fiançailles, simple engagement de se marier (différent du mariage), ne donnent aucun droit ni devoir (en dehors du respect de la parole donnée) à un des fiancés sur l'autre. Elles doivent être gérées comme une fraternité toute particulière. Elles ne sont ni une mode, ni une perversion, juste un bon acte en vue d'un meilleur.
Les fiançailles préparent au mariage
Les périodes de fiançailles peuvent être mises à profit pour préparer le mariage. Elles permettent à chacun de se préparer pour la future vie conjugale. En plus, cette période favorise les échanges en vu d'un mariage réussi (sur le plan organisationnel ). En effet, de ces discussions va se dégager une position commune qui sera exposée aux parents. L'avantage est que dans l'organisation du mariage, ces derniers pourront tenir compte des réalités que vous leur aviez exposées. Également pendant les fiançailles on peut arriver à convaincre les quelques parents qui sont encore réticents à la future union .
Il peut arriver que malgré les précautions prises, les relations se dégradent à tel point que le mariage ne soit plus envisageable. Alors dans ce cas, la sagesse recommande qu'on revienne sur son engagement. Cependant, cela doit se faire par des bonnes manières. Après la rupture, il faut s'empêcher de divulguer les erreurs de l'un ou de l'autre en vue de ternir son image. L'islam recommande qu'on se sépare sans haine ni rancune pour le grand bonheur du militantisme islamique.
Imam ILBOUDO |
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| mardi 03 mars 2009, a 22:15 |
| Imam Al Ghazali : sa vie et son oeuvre |
Imam Al-Ghazali, de son vrai nom Abû Hâmid Muhammad Al-Ghazali ( أَبُو حَامِد الغَزَالِيّ) est né en 450 de l'Hégire, soit 1058 de l'ère chrétienne, dans la ville de Tus (Khorassân), en Iran oriental. Il rendit l'âme dans cette même ville en 505 de l'hégire (1111 ap. JC).
Il fut à la fois Docteur de la Loi (Achari'a), Théologien Scolastique (Philosophie religieuse) et Théoricien du Soufisme (Mysticisme). Sunnith d'obédience, il fut un grand animateur de ‘'l'école théologique de Abu Al-Hassan Al-Ach'ârî'' (de 260-324/ 874-935).
Imam Al-Ghazali a lui même relaté son parcours, dans on célèbre ouvrage autobiographique intitulé « Al Munquîdh mine Ad-dholâl : La délivrance de l'égarement (l'erreur) », traduit en français par Farîd Jabre.
Alors on peut distinguer 3 grandes périodes dans la vie de l'Imam Al-Ghazali :
1. La période de sa Formation et son Enseignement initial (450-488 / 1058-1095) ;
2. La période de retraite pieuse (488-499 / 1095-1105) ;
3. Son Retour à l'Enseignement et Sa Guidance Mystique (499-505 / 1405-1111).
Notre étude va donc être articulée autour de ces 3 axes principaux.
I- La période de Formation et d'Enseignement initial l' Imam Al-Ghazali(450-488 / 1058-1095)
L' Imam Al-Ghazali naquît au sein d'une famille persane de condition modeste, dont certains membres étaient déjà connus pour leur grand savoir et leur penchant pour le mysticisme soufi. Al-Ghazali était encore jeune lorsque son père mourut, après avoir chargé un de ses amis soufis (l'Imam Al-Haramay) de s'occuper de l'éducation de ses deux fils. L'ami en question s'acquitta de cette mission jusqu'à épuisement des fonds légués par le père et conseilla aux deux frères de s'inscrire dans une madrasa (3) où les élèves suivaient des cours et étaient pris en charge matériellement. Al-Ghazali aurait commencé, vers l'âge de sept ans, par étudier l'arabe et le persan, le Coran et les principes de religion. À la madrasa, il entra dans le cycle des études secondaires et supérieures comportant le fiqh (jurisprudence islamique) et l'exégèse (tafsir) du texte coranique et des hadiths (propos du Prophète).
Vers l'âge de 15 ans, al-Ghazali s'installa à Jurjan (centre florissant du savoir à l'époque, situé à 160 km environ de Tus) pour étudier le fiqh auprès de l'imam Al-Ismayli. Ce type de «voyage à la recherche du savoir» en vue de suivre l'enseignement des maîtres réputés du moment, était une des traditions éducatives de l'islam. Il revint l'année suivante à Tus, où il demeura trois années, consacrées à mémoriser et mieux comprendre ce qu'il avait transcrit de l'enseignement de ses maîtres et à poursuivre l'étude du fiqh. Il se rendit ensuite à Naysabur (Nishapur), où il étudia le fiqh, la théologie dogmatique (kalam) et la logique, ainsi que, semble-t-il, des éléments de philosophie, auprès de l'imam Al-Juwayni, le jurisconsulte de rite chaféite le plus célèbre de l'époque. Al-Ghazali avait alors 23 ans. Durant les cinq années qui suivirent, il fut l'élève et l'assistant de l'imam al-Juwayni, et commença à publier quelques ouvrages et à étudier le soufisme auprès d'un autre cheikh, Al-Farmadhi.
La mort d'Al-Juwayni (478 H/1085) voit s'achever la période d'apprentissage de l' Imam Al-Ghazali- qui avait alors 28 ans - et débuter celle de l'immersion dans la politique et de la fréquentation des allées du pouvoir. Il se rend au « camp » du ministre Seljoukide Nizam al-Mulk, où il mène pendant six années la vie des « juristes de cour », faite de combats politiques, de joutes savantes et d'écriture, jusqu'à ce qu'il soit nommé professeur à la madrasa Nizamiya de Bagdad, l'un des centres de savoir et d'enseignement (sorte d'université) les plus importants et les plus connus dans l'Orient islamique à l'époque. Durant les quatre années où il occupe ce poste, il publie un certain nombre d'ouvrages sur le fiqh — qu'il enseigne — la logique et le kalam, les plus importants étant le Mustazhiri et Al-Iqtisad fil-I'tiqad [le juste milieu dans la croyance], deux ouvrages de jurisprudence à caractère politique.
L'Imam Al-Ghazali prend part à trois affrontements politiques et intellectuels majeurs qui secouent le monde islamique à cette époque, à savoir :
1- la lutte entre la philosophie et la religion (entre la culture islamique et la culture grecque) — il prend position pour la religion contre la philosophie ;
2- la lutte entre le sunnisme et le chiisme — il prend position pour le califat abbasside contre les bâtinites ;
3- la lutte entre l'inspiration et la raison et entre le fiqh et le mysticisme.
Durant la période où il enseigne à la Nizamiyya de Bagdad, al- L'Imam Al-Ghazali étudie longuement la philosophie (celle des Grecs, Aristote, Platon et Plotin en particulier, et la philosophie islamique, notamment Ibn Sina [Avicenne] et al-Farabi) afin de mieux la réfuter. Le problème essentiel auquel il est confronté est celui de concilier la philosophie et la religion, et il le résout en ces termes : « la philosophie est dans le vrai dans la mesure où elle est conforme aux principes de la religion (de l'islam) et dans l'erreur lorsqu'elle est en contradiction avec ces principes ».
En prélude à ses attaques contre la philosophie, l'Imam Al-Ghazali écrit un ouvrage, ‘'Maqasid al-Falasifa'' [Les intentions des philosophes], dans lequel il expose l'essentiel de la pensée philosophique connue à son époque suivi de son célèbre ouvrage, ‘'Tahafut al-Falasifa'' [L'incohérence des philosophes]. Il résume son opposition à la philosophie en vingt questions touchant l'homme, le monde et Dieu. Pour l'Imam Al-Ghazali, le monde est une création récente, les corps rejoignent les âmes dans l'au-delà et Dieu connaît les particuliers comme il connaît l'universel.
Le ‘'Tahafut al-Falasifa'' [L'incohérence des philosophes] a eu un retentissement considérable dans le monde arabo-islamique, et jusque dans l'Europe chrétienne ; cette œuvre et son auteur ont été un des facteurs du déclin de la pensée philosophique grecque dans le monde islamique, en dépit des quelques tentatives de défense de la philosophie par Ibn Ruchd (Averroès) et d'autres (4).
Avec l'intensification de l'affrontement militaire et intellectuel entre le sunnisme et le chiisme, entre le califat abbasside, d'une part, et l'État fatimide et ses partisans et alliés dans le Machreq, de l'autre, l'Imam Al-Ghazali est mobilisé dans ce combat, et il publie effectivement une série d'ouvrages à ce sujet, le plus important étant ‘'Les vices de l'ésotérisme et les vertus de l'exsotérisme''.
L'ésotérisme des bâtinites repose sur deux principes fondamentaux : l'infaillibilité de l'imam, source obligatoire du savoir, et l'interprétation ésotérique de la chari'a (la loi révélée de l'islam) par l'imam et ses représentants. L'Imam Al-Ghazali concentre ses attaques sur le premier principe, celui de l'infaillibilité de l'imam, son but étant de défendre le califat abbasside et de justifier son existence, fut-elle symbolique (le califat se trouve alors en situation d'extrême faiblesse), d'assouplir les conditions d'accession à l'imamat et de conférer une légitimité aux sultans Seljoukides, qui détiennent alors le véritable pouvoir militaire et politique, problème juridico-politique auquel ont aussi été confrontés d'autres fuqaha (jurisconsultes) musulmans, Al-Mawardi en particulier. Mais la campagne de l'Imam Al-Ghazali contre les bâtinites n'est pas couronnée du même succès que sa campagne contre les philosophes.
II- La période de retraite de l' Imam Al-Ghazali(488-499 / 1095-1105)
Vers 1095/488 H, l'Imam Al-Ghazali, alors âgé trente-huit (38) ans, traverse une crise spirituelle qui dure à peu près six mois et que l'on peut résumer à un affrontement violent entre la raison et l'âme, entre le monde d'ici-bas et celui de l'au-delà. Il commence par douter des doctrines et clans existants (c'est-à-dire de la connaissance), puis se met à douter des instruments de la connaissance. Cette crise l'affecte physiquement au point qu'il perd l'usage de la parole et devient donc incapable d'enseigner, et elle ne prend fin que lorsqu'il renonce à ses fonctions, à sa fortune et à sa célébrité, après avoir atteint la vérité grâce à la lumière jetée par Dieu dans son coeur.
L'Imam Al-Ghazali résume les doctrines dominantes de son époque à quatre doctrines principales : la théologie dogmatique, fondée sur la logique et la raison ; l'ésotérisme, fondé sur l'initiation ; la philosophie, fondée sur la logique et la démonstration ; le soufisme, fondé sur le dévoilement et le témoignage.
De même, les moyens de parvenir à la connaissance se ramènent à : les sens, la raison et l'inspiration. Il finit par choisir le soufisme et l'inspiration ; ainsi dit – il : « … Je passais ensuite à l'étude de la Voie soufie. Elle consiste à reconnaître Science et Action pour également nécessaires. Elle vise à lever les obstacles personnels et à purifier le caractère de ses défauts. Le cœur finit ainsi par être débarrassé de tout ce qui n'est Dieu pour se parer du Seul nom de Dieu (la seule réalité de Dieu)… ».
Cependant l'Imam Al-Ghazali, convaincu que l'unité du monde et de l'au-delà était difficile, voire impossible, il prétexte un pèlerinage à la Mecque pour quitter Bagdad et se rendre à Damas (5).
Les influences soufis sont nombreuses et fortes dans la vie de l'Imam Al-Ghazali. Il vit à l'époque où le soufisme se propage : son père était proche du soufisme, son tuteur est soufi, son frère le devient à un âge précoce, ses maîtres penchent vers le soufisme, le ministre Nizam al-Mulk est proche des soufis et Al-Ghazali lui-même a étudié le soufisme. Mais le soufisme n'est pas qu'un savoir théorique étudié dans les livres ou enseigné par des maîtres, c'est aussi une action, une pratique et un comportement, dont les principes de base sont, notamment, le renoncement au monde d'ici-bas, la solitude et l'errance. C'est ce que fait Al-Ghazali qui, pendant près de deux ans, mène une vie d'ermite entre Damas, Jérusalem et La Mecque. C'est à cette époque qu'il commence à écrire le plus important de ses livres,''Ihya' `Ulum al-Din'' [Vivification des sciences de la foi] - qu'il termine peut-être ultérieurement. Divisée en quatre parties, consacrées respectivement aux pratiques du culte, aux coutumes sociales, aux vices causes de perdition et aux vertus conduisant au salut, cette œuvre n'apporte rien de fondamentalement nouveau, mais on trouve dans ses quatre volumes et ses quelques 1.500 pages l'essentiel de la pensée islamique religieuse du Moyen Âge, sous une forme à la fois exhaustive, claire et simple qui explique la place unique qu'elle occupe dans l'histoire de la pensée islamique.
L'Imam Al-Ghazali regagne Bagdad en 1097/490 H et continue à vivre comme un soufi dans le ribat (6) d'Abou Saïd de Naysabur, qui se trouve en face de la madrasa Nizamiyya. Il reprend pendant un certain temps l'enseignement, qu'il consacre essentiellement à la d'Ihya' `Ulum al-Din [Vivification des sciences de la religion (ou de la foi)], puis se rend à Tus, sa ville natale, où, continuant à vivre en soufi et à écrire, il achève semble-t-il son œuvre majeure susmentionnée et produit d'autres ouvrages dont l'inspiration mystique est manifeste (6).
L'Imam Al-Ghazali conclut à propos de cette période de sa vie en disant : « Ma période de retraite a duré environ dix (10) ans au cours desquels j'ai eu d'innombrables, d'inépuisables révélations (inspirations). Il me suffit de déclarer que les Mystiques (Soufis) suivent, tout particulièrement, la Voie de Dieu. Leur conduite est parfaite, leur Voie droite, leur caractère vertueux,… ».
III- Son Retour à l'Enseignement et Sa Guidance Mystique(499-505 / 1405-1111)
Vers 1105/499 H, l'Imam Al-Ghazali reprend ses fonctions à la madrasa Nizamiyya de Naysabur, à la demande du ministre Seldjoukide Fakhr al-Mulk, après quelque dix années d'absence.
En effet il sortit de cette vie de retraite avec la conviction et l'autorité que donne la ‘'Vraie Connaissance'' (Ilmoul yaqiîn) et la ‘'Certitude de la Vérité'' (Ilmoul Haqqui). Il revient à l'enseignement après insistance de ses amis et sur inspiration personnelle.
Il continue néanmoins à vivre la vie des soufis et à écrire. En 503 H (7), il quitte Naysabur et regagne à nouveau Tus, sa ville natale, où il poursuit la vie de renoncement des soufis tout en continuant l'enseignement.
Près de sa maison, il fait construire un Khangah (sorte d'ermitage soufi) où il écrit à cette époque ‘'Minhaj Al-'Abidin'' [La voie de la dévotion] (8), qui semble être une description de sa vie et de celle de ses élèves: renoncement au monde d'ici-bas, solitude et éducation de l'âme. C'est ainsi qu'il coule le reste de ses jours, jusqu'à sa mort en 1111/505 H.
IV- La philosophie de l'Imam Al-Ghazali
La philosophie d'al-Ghazali, comme la philosophie islamique de manière générale, tourne essentiellement autour du concept de Dieu et de ses rapports avec ses créations (le monde et l'homme). Certes, al-Ghazali commence par suivre le courant de pensée islamique du fiqh et, plus précisément, celui de la théologie dogmatique ash'arite, dans sa description de l'identité et des attributs de Dieu, et des attributs de Dieu, et le courant soufi dans la définition de la relation entre Dieu et l'être humain, mais il va plus loin en proposant une idée neuve de l'identité de Dieu, de ses attributs et de son action (9).
Al-Ghazali est en accord avec les jurisconsultes et les théologiens quant à l'unicité et l'éternité de Dieu, un dieu sans substance ni forme, qui ne ressemble à aucune chose et auquel aucune chose ne ressemble, un dieu omniprésent, omniscient et omnipotent, un dieu doué de vie, de volonté, d'ouïe, de vue et de parole. Mais le dieu d'al-Ghazali est différent en ce que l'univers et ses composantes, et les actes des hommes, sont soumis à sa forte emprise et à son intervention directe et constante, et que les concepts propres à la justice des hommes ne sauraient lui être appliqués. Il diffère aussi par la prise en considération du bien des créatures.
À l'instar de nombreux jurisconsultes et philosophes, al-Ghazali distingue deux mondes, celui-ci, qui est éphémère, et l'autre qui est éternel. Le premier, celui de l'existence matérielle, est une existence provisoire, soumise à la volonté de Dieu ; il n'est pas régi par un ensemble de lois scientifiques, qui sont en réalité une partie de ce monde, mais dominé, régi et dirigé par l'intervention directe et constante de Dieu (refus de la causalité). Dieu n'est pas seulement le créateur de l'univers, de ses caractéristiques et de ses lois (ou cause de l'existence), il est aussi la cause de tout événement qui y survient, insignifiant ou important, passé, présent ou à venir (10).
C'est dans cet univers que vit l'être humain, créature faite d'une âme immortelle et d'un corps éphémère. L'être humain n'est ni bon ni mauvais par nature, encore que sa disposition naturelle soit plus proche du bien que du mal. Il se meut, en outre, dans un espace restreint, où les contraintes l'emportent sur les possibilités de choix. Il est moins fait pour le monde d'ici bas, où il souffre, que pour l'autre, auquel il dois aspirer et vers lequel il doit faire tendre ses efforts (11).
La société, formée d'êtres humains, n'est pas et ne saurait être vertueuse pour al-Ghazali. C'est une société où le mal l'emporte sur le bien, au point que l'être humain a plus intérêt à l'éviter plutôt qu'à y vivre. La société ne peut aller qu'en empirant. L'individu y a ses droits et ses devoirs, mais son existence est insignifiant à côté de l'existence et de la puissance du groupe. C'est aussi une société stratifiée, composée d'une élite pensante et dirigeante et d'une masse, qui a entièrement abandonné son sort aux mains de cette élite. Les questions de la religion et de la doctrine sont du ressort des savants et les affaires de ce monde et de l'État sont aux mains des dirigeants. Le peuple, lui, n'a qu'à obéir. Enfin, la société est entièrement soumise à l'autorité de Dieu et à ses injonctions, son seul but étant la religion et de donner aux êtres humains la possibilité de vénérer Dieu (12).
Conscience et savoir sont les traits distinctifs majeurs de l'être humain, lequel puise sa connaissance à deux sources, l'une humaine, qui lui permet de découvrir le monde matériel où il vit, au moyen de ces outils limités que sont la perception et la raison, et l'autre divine, qui lui permet de connaître le monde de l'au-delà, par la révélation et l'inspiration. Ces deux types de connaissance ne sauraient être mis sur un pied d'égalité, du point de vue de leur source comme de leur méthode ou de leur degré de vérité. Le vrai savoir ne peut venir que du dévoilement, une fois l'âme réformée et purifiée par l'éducation de l'esprit et du corps, et en conséquence prête à enregistrer ce qui est gravé dans la mémoire. Il s'agit d'un savoir dont le vecteur n'est ni la parole ni l'écrit, un savoir qui investit l'âme dans la mesure où celle-ci est pure et prête à le recevoir. Et plus l'âme acquiert ce savoir, plus elle connaît Dieu et s'en rapproche, et plus le bonheur de l'être humain est grand (13).
Selon al-Ghazali, l'individu vertueux est celui qui renonce à ce monde pour tendre vers l'au-delà, qui préfère la solitude à la fréquentation de ses semblables, le dénuement à la richesse et la faim à la satiété. C'est l'abandon à Dieu et non le goût du combat qui dicte son comportement et il est plus enclin à faire preuve de patience que d'agressivité (14). Curieusement, au moment même où l'image de l'homme vertueux commençait à évoluer en Europe, le «moine chevalier» supplantant le moine errant, le vêtement de l'homme vertueux changeait aussi dans l'Orient arabe, avec la différence que l'armure du cavalier combattant laissait la place aux haillons du soufi. Et alors que Pierre l'Ermite ameutait les masses européennes et les mobilisait pour les croisades, al-Ghazali exhortait les Arabes à se soumettre aux souverains et à se détourner de la société. C'est ainsi que le penseur et le philosophe contribuent à façonner la société et à modifier le cours de l'histoire.
V- L'influence de l'Imam Al-Ghazali
Al-Ghazali est mort à l'âge de cinquante-cinq ans, après une vie qu'on peut estimer courte si l'on considère l'ampleur, la richesse et l'influence de son œuvre. Il est permis de dire qu'il a été un des plus grands penseurs musulmans, un de ceux qui ont laissé l'empreinte la plus profonde, méritant ainsi le surnom de « rénovateur du Ve siècle de l'Hégire ». La grande influence qu'a eue al-Ghazali peut-être attribuée à plusieurs éléments, à savoir:
- La profondeur, la force et l'étendue de sa pensée, consignée dans plus de cinquante ouvrages, dont les plus importants sont Ihya' `Ulum al-Din [Vivification des sciences de la foi], Tahafut al-Falasifa [L'incohérence des philosophes] et Al-Munquidh min al-Dalal [Erreur et délivrance], ouvrages que l'on continue aujourd'hui à étudier ;
- Ses vues étaient en accord avec son époque et son milieu, reflétant cette époque sans doute plus qu'elles ne répondaient à ses besoins et à ses exigences, et constituant un élément de continuité et d'ordre plus qu'un facteur de renouveau et de changement ;
- Après lui, la société et la pensée islamiques sont ensuite entrées dans une longue ère de sclérose et de décadence, où les grands penseurs se sont faits rares, ce qui explique que la pensée d'al-Ghazali soit restée vivante et influente.
L'influence d'al-Ghazali sur la pensée islamique peut être ramenée aux éléments ci-après :
- Retour du « principe de crainte » dans la pensée religieuse, et insistance sur l'existence du Créateur siégeant au centre de l'existence humaine et régissant directement et constamment le cours des choses (après que les soufis eurent défait le « principe d'amour ») ;
- Introduction de certains principes de logique et de philosophie (nonobstant les attaques d'al-Ghazali contre ces disciplines) dans la jurisprudence et la théologie dogmatique;
- Réconciliation entre la « charia » et le soufisme (entre les jurisconsultes et des soufis) et multiplication des confréries soufies ;
- Défense de l'islam sunnite contre la philosophie et le chiisme ;
- Affaiblissement de la philosophie et des sciences de la nature.
L'influence d'al-Ghazali s'est étendue au-delà du monde islamique pour s'exercer jusque sur la pensée européenne chrétienne. À la fin du XIe siècle et surtout au XIIe siècle de l'ère chrétienne, de nombreuses œuvres arabes, de mathématiques, d'astronomie, de sciences naturelles, de chimie, de médecine, de philosophie et de théologie ont été traduites en latin, dont certaines œuvres d'al-Ghazali, notamment, Ihya' `Ulum al-Din [Vivification des sciences de la foi], Maqasid al-Falasifa [Les intentions des philosophes ] (que d'aucuns ont prise par erreur pour un exposé de la pensée d'al-Ghazali alors qu'il s'agissait d'une récapitulation des principes philosophiques en cours à l'époque), Tahafut al-Falasifa [L'incohérence des philosophes] et Mizan al-'Amal [critère de l'action]. En outre, un certain nombre de savants européens connaissaient l'arabe et ont pu prendre directement connaissance des vues d'al-Ghazali, l'influence est très nettement perceptible chez de nombreux philosophes et savants du Moyen Âge et du début de l'ère moderne, particulièrement chez Thomas d'Aquin, Dante et David Hume. Thomas d'Aquin (1225-1274), dans sa Summa Theologiae [Somme théologique] doit beaucoup à al-Ghazali (notamment - à la Ihya' `Ulum al-Din [Vivification des sciences de la foi], à Kimiya-yi Sa'adat [L'alchimie du bonheur], à Ar-Risala al-Laduniyya [«La sagesse chez les créatures de Dieu»] et au «Message divin». Les écrits de Dante (1265-1321) révèlent clairement le pouvoir islamique d'al-Ghazali et de Risalat al-Ghufran [Épître du pardon] d'al-Maari. Et al-Ghazali a également exercé une influence sur Pascal (1623-1662), surtout en donnant la primauté à l'intuition sur la raison et les sens, et cette influence se fait sentir chez Hume (1711-1772), dans sa réfutation de la causalité.
Il semble qu'al-Ghazali ait exercé une influence plus profonde sur la pensée juive que sur la théologie et la pensée chrétiennes. Nombreux en effet étaient les savants juifs du Moyen Âge qui connaissaient parfaitement la langue arabe, et certaines œuvres d'al-Ghazali ont été traduites en hébreu. Son livre Mizan al-'Amal [Critère de l'action], en particulier, a trouvé un public chez les juifs du Moyen Âge: il a été plusieurs fois traduit en hébreu, et même adapté, les versets du Coran étant remplacés par les mots de la Torah. Un des grands penseurs juifs qui ont subi l'influence d'al-Ghazali a été Maïmonide (en arabe: Musa Ibn Maimun; en hébreu: Moshe ben Maimom [1135-1204]), cette influence étant manifeste dans son Dalalat al Ha'irin [Guide des égarés], rédigé en arabe, l'une des œuvres les plus importantes de la théologie juive Médiévale (63).
Les écrits d'al-Ghazali sur l'éducation représentent l'apogée de la pensée éducative dans la civilisation islamique. La conception de l'éducation qu'il a élaborée peut être considérée comme la construction la plus achevée dans ce domaine, définissant clairement les buts de l'éducation, traçant la route à suivre et exposant les moyens de parvenir au but recherché. Al-Ghazali a exercé une influence évidente sur la pensée éducative islamique du Vie au XIIIe siècle de l'Hégire (du XIIe au XIXe siècle de l'ère chrétienne). On peut presque dire qu'à de rares exceptions près, les praticiens et les théoriciens de l'éducation n'ont rien fait d'autre que copier al-Ghazali et résumer ses vues et ses écrits.
La quasi-totalité de la pensée éducative islamique (et en particulier sunnite) a suivi le chemin tracé par al-Ghazali, dont l'influence ininterrompue a survécu au déferlement de la modernité occidentale et à l'apparition de la civilisation arabe moderne contemporaine.
Notes :
2. Sur la vie d'al-Ghazali, voir Abdelkarim Al-Othman, Sirat al-Ghazali wa Aqwal al-Mutaqaddimin fihi [La vie d'al-Ghazali et ce qu'en ont dit les anciens] (Damas, Dar Al-Fikr, sans date). 3. Une madrasa (pl. madaris) était un établissement d'enseignement (proche des facultés et universités actuelles) créé pour la première fois aux alentours du Ve siècle de l'Hégire pour assurer l'enseignement supérieur religieux en général et diffuser les doctrines sunnites en particulier. Habituellement, les élèves étaient logés dans l'établissement, et les services du waqf les prenaient en charge pour leur permettre de se consacrer à leurs études. Une autre de leurs caractéristiques est que les enseignants y étaient nommés par l'État. 4. Voir Ibn Ruchd (Averroès), Tahafut al-Tahafut [Incohérence de l'incohérence] (Le Caire, Al-Matbaa Al-Ilamiya, 1302 H) et Fasl al-Maqal fima bayn al Shari'a wa-l-Hikma min Ittisal [Traité décisif et exposition de la convergence qui existe entre la Loi religieuse et la philosophie] (Le Caire, Al Maktaba Al-Mahmadiyya, sans date). 5. Le lecteur trouvera une description détaillée de cette crise spirituelle et intellectuelle dans l'ouvrage célèbre d'al-Ghazali Al-Munqidh min al-Dalal [Erreur et délivrance]. D'aucuns doutent que cette crise ait été exclusivement spirituelle et sans rapport avec les événements politiques du moment - luttes internes entre les sultans seljoukides, danger croissant des batinites, etc. 6. Parmi ces œuvres, Bidayat al-Hidaya [Les prémices du droit chemin], Ayyuha l-Walad [Lettre au Disciple], Al-Kashf wal-Tabyin fi Ghurur al-Khalq ajma'in [Dévoilement et démonstration des errements de toutes les créatures], Al-Maqsid al-asna [L'idéal sublime], Jawahir al-Qur'an [Les perles du Coran], Al-Risalat al-Laduniyya [Le message divin], Al-Madnun bihi `ala ghayr Ahlihi [Ce qu'il faut celer à ceux qui ne peuvent le comprendre]. 7. Parmi les écrits de cette période, citons Al-Mustasfa fi'Ilm al-Usul (Le nec plus ultra de la science des principes) et le célèbre Al-Munqidh min al-Dalal [Erreur et délivrance]. 8. Parmi ses derniers écrits, il faut citer aussi Al-Durra al-Fakhira [La perle précieuse] et Iljam al `Awamm`an ` Ilm al-Kalam [La théologie n'est pas pour le commun]. 9. Les écrits d'al-Ghazali ont en règle générale un caractère religieux, mais la composante théologique de sa pensée se trouve surtout dans: Al-Risalat al-Qudsiyya fi qawa' id al- `aqa'id [Le message sacré sur les bases des croyances] (qui fait partie d'Ihya' `Ulum al-Din [Vivification des sciences de la foi], Al-Iqtisad fil-I'tiqad [Le juste milieu dans la croyance], Mushkilat al-anwar [Le problème des illuminations], Ma'arij al-Quds fi Madarij Ma'rifat an-Nafs [L'échelle de la sainteté et les degrés de la connaissance de soi], Al-Maqsid al-Asna fi Sharh Ma'ani Asma'Allah al-Husna [L'idéal sublime dans l'exégèse des plus beaux noms de Dieu], Tahafut al-Falasifa [L'incohérence des philosophes], Kitab Al-arba'in fi Usul al-Din [Les quarante déterminations rationnelles des principes de la religion]. 10. Voir en particulier Tahafut al-Falasifa, p. 237 et suiv. 11. Voir Ma'arij al-Quds fi Madarij Ma'rifat an-Nafs et Ihya' `Ulum al-Din, vol. 3. 12. Al-Ghazali met l'accent, dans ses ouvrages sur la préservation de l'ordre établi, et il tend à prendre le parti de la société (la umma ou communauté des croyants) face à l'individu, de l'élite face au commun et du souverain face au peuple, allant même jusqu'à dénier aux sujets d'un prince injuste le droit de se rebeller (question qui a beaucoup occupé les jurisconsultes musulmans) et à ne laisser aux victimes de l'arbitraire d'autre issue que l'émigration. Voir à ce sujet Al-Mustasfa fi ` Ilm al-Usul (vol. 1, p. 111 et suiv.), Ihya'`Ulum al-Din (vol. 1, p. 50 et suiv.) et Al-Iqtisad fil-I'tiqad (p. 118 et suiv.). 13. Al-Ghazali est un précurseur de Descartes et de Hume en ce sens qu'il fait du «doute» un moyen de parvenir à la connaissance. Sur le problème du doute, les moyens de parvenir à la connaissance et les niveaux et la vérité de celle-ci, voir en particulier: Al-Munqidh min al-Dalal; Mi'yar al-'Ilm [L'étalon de la science et des connaissances rationnelles] et Al-Ma'arif al-Aqliya. 14. Sur la morale dans la pensée d'al-Ghazali, voir Ihya' `Ulum al-Din, en particulier les vol. 3 et 4.
63. Au sujet de l'influence de la pensée arabe et islamique sur la civilisation chrétienne et juive européenne en général (y compris l'influence d'al Ghazali), voir E. Myers, Arabic tought and the Western world in the golden age of islam (en anglais)."
Sources :
1. Mohamed Nabil Nofal, Al-Ghazali (1058-1111), Perspectives: revue trimestrielle d'éducation comparée (Paris, UNESCO : Bureau international d'éducation), vol. XXIII, n° 3-4, 1993, p. 531-555.
2. Al – Ghazâli , Les Secrets du Pèlerinage en Islam, avec un commentaire des cinq piliers de l'Islam ; Introduit , annoté et traduit par Maurice Gloton. Extrait de « Revivification des sciences religieuses », Ed. El Bouraq. 334Pages.
3. Al – Ghazâli , Lettre au disciple (Ayyuha-l-walad; Introduit , annoté et traduit par Hassan Boutaleb. Extrait de « Revivification des sciences religieuses », Ed. El Bouraq. 86Pages.
4. L'Imam Abû Hamid Al-Ghazali, Les dix règles du soufisme. Extrait de « Revivification des sciences religieuses », Ed. El Bouraq. 211Pages.
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| lundi 19 janvier 2009, a 19:35 |
| Pourquoi lire le Coran, alors qu'il nous arrive parfois d'ignorer le sens des versets? |
Pourquoi lire le Coran, alors qu'il nous arrive parfois d'ignorer le sens des versets?
Voici la réponse que nous cherchons tous:
Un vieil homme musulman, vivait dans une ferme dans les montagnes de "Easter Kentucky" avec son petit fils. Chaque matin, le grand père se réveillait tôt pour lire son Coran. Le petit fils voulait être comme son grand père, et essaya de l'imiter dans tous ses gestes. Un jour, son petit fils lui demanda : "Grand père! J'ai essayé de lire le Coran comme toi, mais je n'arrive pas à comprendre le sens des versets, et lorsque je comprends parfois, j'oublie aussitôt que je ferme le livre. Qu'est ce qu'on retire de bien lorsque nous lisons le Coran?? Le grand père silencieusement s'arrêta de mettre du charbon dans la corbeille et demanda à son petit fils : "Prend cette corbeille jusqu'à la rivière et ramène là moi remplie d'eau". Le garçon fit comme son grand père lui demanda, mais la corbeille se vidait d'eau avant qu'il ne revienne à la maison.
Le grand père rit et dit : " Tu devrais être plus rapide la prochaine fois", et il renvoya son petit fils avec la corbeille pour essayer une deuxième fois. Cette fois-ci le jeune garçon courra, mais la corbeille se vida encore avant de retourner à la maison. Essoufflé, il dit à son grand père qu'il était impossible de ramener de l'eau dans une corbeille, et qu'il allait prendre un seau à sa place. Le grand papa lui dit : " Je ne veux pas de l'eau dans un seau, mais dans une corbeille, c'est juste qu'il faut ressayer encore", et il parti retenter sa chance. Le jeune garçon plongea encore la corbeille dans la rivière, couru, mais quand il arriva à la maison, la corbeille était encore vide. Essoufflé il dit à son grand père : " t'as vu grand père, c'est inutile!" Le vieil homme, regarda son petit fils et lui dit : " Regardes la corbeille".. Le jeune garçon regarda la corbeille et pour la première fois réalisa qu'elle était différente. Elle a été transformée d'une corbeille sale à une corbeille propre. "Mon fils, c'est la même chose quand tu lis le Coran. Il se peut que tu ne comprennes pas ou que tu ne te rappelles pas de tout, mais quand tu lis le Coran, c'est ton âme qui change."
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| vendredi 02 janvier 2009, a 21:30 |
| Les Musulmans et la Palestine |
A
l'écoute des sentiments exprimés par les musulmans à travers le monde,
on perçoit une émotion de colère et de révolte mêlée à une profonde
expression d'impuissance. Les massacres actuels ne sont que la
confirmation de ce qui est bien connu : la « communauté
internationale » s'intéresse très peu au sort des Palestiniens et tout
se passe comme si l'Etat d'Israël, avec le soutien des Etats-Unis et de
quelques Etats européens, avait imposé un état de terreur
intellectuelle. Parmi les présidents et les rois personne n'ose parler,
personne n'est prêt à dire la vérité. Tous sont paralysés par la peur.Alors que le conflit
israélo-palestinien est parfois perçu, et vécu, comme crucial quant à
la relation entre l'Occident et l'Islam, de nombreux musulmans ne
savent plus comment agir et réagir. Qu'est-ce que l'islam a à voir avec
ce conflit ? Doit-on en faire une préoccupation religieuse dans le but
d'appeler la « umma » entière à se mobiliser ? Questions essentielles
en vérité.Les musulmans à travers le monde
font face à trois phénomènes distincts. Premièrement, dans les sociétés
majoritairement islamiques ou en Occident, ils voient qu'ils ne peuvent
attendre aucune réaction des gouvernements, et particulièrement des
Etats arabes. Ils adoptent la position de la complicité silencieuse, de
l 'hypocrisie et du mépris des vies palestiniennes. Deuxièmement, la
couverture des medias occidentaux est alarmante avec une majorité
d'entre eux acceptant et reproduisant la version israélienne des
faits : les deux belligérants seraient de force égale, avec la victime
agressée (Israël) agissant en légitime défense. Quelle distorsion !
Toutefois, le troisième facteur est particulièrement intéressant :
alors que 73% des Européens soutenaient Israël en 1967, plus de 67%
soutiennent aujourd'hui les Palestiniens. Avec le temps, la
compréhension et la sensibilité ont évolué : les populations ne suivent
pas aveuglément les jeux et les prises de position hypocrites de leurs
élites politiques.En considérant ces facteurs, les
musulmans à travers le monde, et particulièrement en Occident, doivent
clarifier leur position. Tout en refusant de transformer la guerre
israélo-palestinienne en un conflit religieux, ils ne doivent pas nier
sa dimension religieuse et, donc, prendre une position claire. D'un
point de vue islamique il doit être clair que leur résistance n'est pas
dirigée contre les juifs (l'antisémitisme est anti-islamique) ; cibler
des civils innocents doit être condamné des deux côtés et l'objectif
doit être pour les juifs, les chrétiens et les musulmans (avec les
femmes et les hommes d'autres religions ou sans religion) de vivre
ensemble avec des droits égaux et une égale dignité.Les Palestiniens ne céderont
jamais et Israël, nonobstant son incroyable puissance de feu, n'a pas
gagné le conflit. Les musulmans à travers le monde doivent être la
cheville ouvrière du souvenir et de la résistance. Non pas comme des
musulmans contre Israël, ou les Etats arabes hypocrites mais, plus
largement, pour la justice avec tous ceux (croyants ou non) qui
refusent de subir un lavage de cerveau et d'être réduits à l'état de
spectateurs impuissants. Il est temps de créer de larges alliances et
des synergies autour d'objectifs politiques clairs.Si le Moyen-Orient est en train
d'apprendre quelque chose aux musulmans, c'est de cesser d'agir
isolément et de revenir aux valeurs universelles qu'ils partagent avec
leurs concitoyens. Ils doivent réaliser qu'ils sont dans et avec la
majorité. Manifestations , articles et autres sont nécessaires mais il
faut aller plus loin. Lancer un mouvement global de résistance non
violente à la politique violente et extrémiste de l 'Etat d'Israël est
devenu impératif. La violence infligée, sous nos yeux, à une population
d'un million et demi d'êtres humains fait de notre silence, de nos
divisions et même de nos réactions émotionnelles très limitées des
attitudes somme toute indignes, malsaines, inhumaines. Une vraie et
digne résistance exige un engagement, de la patience est une stratégie,
à long terme, d'information, d'alliance et de participation
démocratique non violente.Tariq RAMADAN
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| mercredi 31 décembre 2008, a 09:03 |
| HADITH |
Anas a dit : “ Un groupe de trois hommes vint vers les épouses du Prophète, (les) interrogeant sur la dévotion du Messager de Dieu. Lorsqu'ils en furent informés, ils semblèrent la considérer de peu d'importance. Ils dirent : “ Quelle place occupons-nous par rapport au Prophète alors que Dieu lui a certes pardonné ses péchés passés et futurs ? ” L'un d'entre eux déclara : “ Quant à moi, je prie la nuit sans interruption. ” Un autre ajouta : “ Moi, je jeûne tous les jours sans interruption. ” Le troisième renchérit : “ Moi, je m'écarte des femmes et jamais je ne me marie. ” Le Prophète vint alors et demanda : “ C'est vous qui avez dit telle et telle chose ? Par Dieu, je suis parmi vous celui qui craint le plus Dieu et qui lui est le plus pieusement dévoué ; et cependant je jeûne et j'interromps le jeûne, je prie et je dors la nuit, et je prends des femmes pour épouses. Celui donc qui s'écarte de ma voie (sunna) ne fait pas partie des miens. ” (Al-Bukhârî, Muslim) |
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| mercredi 31 décembre 2008, a 08:56 |
| Dialogue entre un ange et un prophète: connaître l'islam |
Un sage musulman disait que s'il croisait un jour en voyage une personne s'intéressant à l'islam, et s'il ne disposait que de quelques minutes pour lui expliquer sa foi, il n'aurait pas mieux à faire que de citer simplement un hadith célèbre de la tradition islamique. Le voici :
‘Umar a dit : « Alors que nous étions assis chez le Messager de Dieu un certain jour, voici que vint à nous un homme dont les habits étaient très blancs et dont les cheveux étaient très noirs. On ne voyait sur lui nulle trace de voyage, et nul d'entre nous ne le connaissait. Jusqu'à ce qu'il s'assît près du Prophète, plaçant ses genoux contre les siens, et posant ses deux paumes sur ses cuisses.
Il dit : « Ô Muhammad ! Informe-moi sur l'islam (al-islâm). » Le Messager de Dieu répondit :
« L'islam, c'est que tu témoignes qu'il n'y a de dieu que Dieu, et que Muhammad est le Messager de Dieu ; que tu accomplisses la prière (salât), que tu verses l'aumône légale (zakât), que tu jeûnes le ramadan, et que tu accomplisses le pèlerinage vers la Maison si tu en as les moyens. » (L'homme) dit : « Tu as dit vrai. » Nous fûmes étonnés de le voir confirmer la réponse alors qu'il l'avait interrogé.
Il reprit : « Informe-moi donc sur la foi (al-îmân).»
Le Prophète répondit : « C'est que tu croies en Dieu, en Ses Anges, en Ses Livres, en Ses Messagers et au Jour dernier, et que tu croies à la prédestination du bien et du mal. »
(L'homme) dit : « Tu as dit vrai », et il ajouta : « Informe-moi sur l'excellence (al-ihsân).»
Le Prophète répondit : « C'est que tu adores Dieu comme si tu Le voyais. Si tu ne le vois pas, Lui te voit. »
(L'homme) dit : « Informe-moi donc sur l'Heure (dernière). »
Le Prophète répondit : « L'interrogé n'en sait pas plus à ce sujet que celui qui l'interroge. »
(L'homme) reprit : « Informe-moi sur ses signes précurseurs. »
Le Prophète répondit : « Ce sera lorsque la servante mettra au monde sa maîtresse (3), lorsque tu verras les va-nu-pieds, les déguenillés et les pauvres, les bergers de moutons se livrer concurrence pour habiter la construction la plus haute. (4) »
Puis (l'homme) s'en alla. Je restai un long moment, puis le Prophète me dit : « Ô ‘Umar, sais-tu qui m'a questionné ? » Je répondis : « Dieu et Son Messager sont plus savants ! »
Il dit : « C'est (l'Ange) Gabriel qui est venu à vous pour vous enseigner votre religion. » » (Hadith rapporté par le traditionniste Muslim)
Hani RAMADAN |
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| mardi 30 décembre 2008, a 17:59 |
| LA ZAKAT |
La zakat c'est une obligation
pour tout musulman qui possède un bien licite atteignant un niveau imposable.
Elle a été instituée par le
coran et la sunna du prophète Muhammad (SAW).
Ainsi, il est écrit :
« prélève sur leurs biens une aumône pour les purifier et les rendre
meilleurs » S 9 V 103
« Croyants ! sur
les biens que vous possédez et sur les fruits du sol, suscités par Nous à notre
usage, réservez le meilleur aux aumônes »
S2 V 267
« Observez la prière,
acquittez –vous de l'aumône prescrite » S 67 V 20
Le prophète (psl) a dit : « L »islam est
bâti sur cinq(05) fondements :
- l'attestation qu'il n'y a
de Dieu qu'Allah et que Muhammad est son prophète ;
- l'accomplissement de la
prière :
- L'acquittement de l'aumône
légale (zakat) :
- le pèlerinage à le
Mecque :
- le jeûne du mois de
ramadan.
(Rapporté par Muslim et
Boukhari)
Le présent exposé sur la zakat comprend les points
suivants :
- le but de la zakat ;
-les biens soumis à la
zakat ;
-les bénéficiaires de la
zakat.
I-
Le but de la zakat
La zakat vise à :
1-
purification
l'âme humaine de l'avarice ;
2-
secourir les
pauvres et pourvoir aux besoins des nécessiteux et des déshérités ;
3-
instaurer les
œuvres d'utilité publique ( école, mosquée, etc)
4-
limiter
l'accumulation des fortunes chez les riches et éviter q'elles ne circulent
uniquement entre les mains d'une minorité, accentuant les inégalités sociales.
La zakat est un acte
religieux qui s'inscrit résolument dans la lutte contre la pauvreté et les
inégalités sociales.
II-
Les biens soumis à la zakat
Pour qu'un bien soit soumis à
la zakat le droit musulman pose les conditions suivantes :
- le bien doit être la
propriété d'une personne déterminée ;
- être une propriété absolue
et totale ( ne pas appartenir à plusieurs personnes à la fois) ;
- la croissance : le
bien doit croître naturellement ou à travers sa valeur estimative ;
- l'atteinte du Nissab
(minimum imposable) ;
- l'accomplissement du Hawl (
période de douze mois lunaires) ;
- être un excédent après la
satisfaction des besoins fondamentaux ;
- être net de tout endettement
affectant le Nissab (payer la dette d'abord, ensuite appliquer le taux de la
zakat).
Ainsi les biens soumis à la zakat sont de cinq (05) catégories :
1-
l'or et
l'argent ;
2-
les céréales et
les fruits ;
3-
les gains
commerciaux et d'autres services ;
4-
les produits de
la terre tels que les métaux et autres produits miniers ;
5-
les animaux.
1- L'or et
l'argent
Le ,nissab de l'or est estimé
à 85grammes d'or fin 18 carats, et celui de l'argent métal à 595grammes.
Le taux de la zakat pour l'or
et l'argent sous toutes ses formes ( métalliques, formes billets) est fixé à
2,5%
2- Les
céréales et les fruits
Le nissab du céréale est de
653 kg, soit 300 sacs ( aoussouk) de 2,176kg.
Le taux de la zakat au niveau
des céréales et fruits est le 10ième (1/10) pour la culture sous
pluie et ou de la moitié du dixième (1/20) pour la culture irriguée.
3- les gains
commerciaux et d'autres services
Les biens de commerce sont
soumis à la zakat. Sont pris en compte les biens affectés au commerce (actif
réel) après déduction des dettes réelles et réintégration des créances
recouvrables, les épargnes, les bénéfices.
4- du sous Les
produits sol (produits miniers)
Pour les produits du sous sol
certains Oulémas les assimilent à l'or ou à l'argent, d'où le taux de 2,5% pour
le prélèvement de la zakat. D'autres les assimilent à des trésors antiques et
proposent comme taux de zakat.
5- Les animaux
La zakat sur les animaux évolue par pallier et
selon le type de bétail
5-1-Les chameaux
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Intervalles
fermés
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Zakat
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Observations
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5-9
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Une brebis âgée de 1 an
révolu
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On peut donner aussi une
chèvre
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10-14
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Deux (2) d'une année révolue
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15-19
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3 brebis d'une année révolue
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20-24
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4 brebis d'une année révolue
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25-35
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Une chamelle d'une année révolue
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36-45
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Une chamelle de 2 ans révolus
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46-60
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Une chamelle de 3 ans
révolus
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61-75
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Une chamelle de 4 ans
révolus
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76-90
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3 chamelles de 2 ans
révolus
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91-119
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2 chamelles se 3 ans
révolus
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A partir de 120 et plus on partage les
chameaux en groupe de 40 et de 50 têtes chacun. Pour les 40 on donne une
chamelle de deux (2) ans et pour les 50 on donne une chamelle de trois (3) ans
5-2 -Les bovins
Le nissab est de 30.
De 30 à 39 inclus on donne un
veau d'un an révolu et de 40 à 59 on donne une génie âgée de 2 ans révolus.
Au dessus de 59 ; on
partage les bovins en lots de 30 et de 40. Pour les 30 on donne un veau d'un an
révolu et pour les 40 on donne une vache de 2 ans.
5-3- Les
ovins
De 40 à 120
on paie une brebis d'un an révolu.
De 121 à 200, on donne deux (2) brebis et de 201 à 300, on donne trois (3)
brebis, et pour 301, on donne quatre (4à brebis.
A partir de 301, on donne une
brebis par centaine.
6- Les biens nouveaux
Il existe une catégorie de biens qui n'existaient pas
au temps du prophète tel que les salaires et les produits des services autres
que le commerce. Ces biens sont qualifiés de bien nouveaux et il y a des
positions diverses sur l'acquittement de leur zakat.
III-
Les bénéficiaires de la zakat
A qui est destiné la
zakat ? Dieu le très haut a fixé lui-même les bénéficiaires de la
zakat dans la sourate 09 verset 60
Il s'agit de :
1-
les
besogneux ;
2-
les
pauvres ;
3-
ceux qui y
travail (les collecteurs) ;
4-
ceux dont les
cœurs sont à gagner les sympathisants ;
5-
l'affranchissement de jougs (les
esclaves) ;
6-
Les sur endettés ;
7-
Pour la cause de
Dieu ;
8-
Le voyageur en
détresse.
Tous ces critères ont été
précisés dans la jurisprudence musulmane. La zakat est déjà affectée des
emplois précis et ne saurait se substituer aux impôts.
Cependant, la zakat doit
s'accompagner d'une mise en place de structures institutionnelles afin de rendre
sa distribution plus efficace
Conclusion
Grâce à la zakat, l'islam
établit un pont de solidarité entre riches et pauvres. C'est un instrument de
lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales. Au regard de la théorie
économique moderne, la zakat peut servir à la relance de la croissance
économique d'un pays.
Imam NOMBRE Marboulaye
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| dimanche 28 décembre 2008, a 07:35 |
| LES PALESTINIENS, L'EUROPE ET CE QUE TOUT LE MONDE SAIT |
Qu'est-ce qui a changé ?
Rien, absolument rien.
La dernière décision de l'Union Européenne de mettre un terme à son
aide à l'Autorité Palestinienne n'est ni une surprise ni un revirement
politique. L'Europe continue de plier devant les injonctions
américaines et sa politique proche orientale reste caractérisée par la
peur, la frilosité et l'hypocrisie.
Depuis plus de soixante
ans, on manipule, on ment et l'on trompe. On impose aujourd'hui à
l'Autorité palestinienne trois conditions au nom de résolutions des
Nations Unies ou du droit international que les gouvernements
israéliens successifs n'ont eut de cesse de moquer, de négliger et de
transgresser. Dans les couloirs des cabinets de Washington ou de
Bruxelles, tout le monde le sait, tout le monde se tait.
Plus récemment, on est
allé jusqu'à faire semblant de croire aux bonnes intentions du
gouvernement de Ariel Sharon qui « oeuvrerait pour la paix ». On a
admis les grands mensonges qui ont suivi les « accords » de Sharm
al-Shaykh avec le « retrait historique » de Gaza et l'engagement
unilatéral « pour la paix. » On a fait mine de croire qu'il
s'agissait d'accords sans relever la mise en scène uniquement destinée
à gagner du temps. Dans la liesse artificielle, et à grands coups de
projecteurs et caméras, on a fait mine de penser que Gaza
était libérée alors qu'Israël s'accaparait, en installant d'autres
colonies ailleurs, deux fois et demi plus de terre qu'elle n'en avait
restitué. On a fait mine de croire aux intentions pacifiques
du Premier Ministre Ariel Sharon (pour qui les Palestiniens, puis
Arafat, puis Abû Mâzen, puis les Palestiniens n'étaient pas des
partenaires fiables) qui, avec son nouveau « parti modéré », puis son
successeur ont « construit » une paix unilatérale dessinée, ici, par un
bantoustan odieux et, là, par un « mur - prison » inhumain sur moins de
19% du territoire palestinien. Belle paix, en vérité. Dans les couloirs
des cabinets de Washington ou de Bruxelles, on le sait, on se tait.
Rien n'a changé. Le
piège de la transparence électorale se referme simplement sur un peuple
dont les soixante dernières années d'histoire n'auront fait que mettre
en lumière le cynisme infâmant et la peur abyssale de la classe
politique européenne. Voilà donc que ce peuple a fait le « mauvais
choix démocratique » : il recevra, certes, une aide humanitaire mais
rien pour l'Autorité Palestinienne élue qui devra, elle, comprendre et
appliquer les résolutions des Nations Unies et le droit international.
Qu'importe que le mur israélien se construise en transgressant ce même
droit, qu'importe que les assassinats politiques et les exécutions
sommaires perpétrés par le gouvernement de Tel Aviv perdurent contre ce
même droit, qu'importe enfin la multiplication des colonies de
peuplement niant les termes de ce droit... qu'importe ! La démocratie
israélienne, qui voit ce pays être dirigé depuis si longtemps par des
femmes et des hommes ayant eux-mêmes été des assassins, ou ayant
directement aidé à des massacres (comme ce fut le cas pour Sharon à
Sabra et Shatila), est digne de respect et ne sera soumise, elle, à
aucune condition. Bien au contraire, c'est elle qui impose ses
conditions aux Etats-Unis comme à l'Europe. Avec l'arrogance de son bon
droit, absolu et souverain. Dans les couloirs des cabinets de
Washington ou de Bruxelles, on le sait, on se tait.
Rien n'a changé.
L'Europe a pris hier une décision qui est à l'image de sa politique au
cœur du conflit israélo-palestinien et qui est peut-être,
exceptionnellement, le seul dossier sur lequel il semble exister le
semblant d' « une politique étrangère européenne ». Mais celle-ci est
triste, inquiétante et, au fond, révoltante. La peur qui tétanise les
politiciens européens face à l'Etat d'Israël et à la puissance de
certains lobbies sionistes est proprement sidérante. L'amour du pouvoir
et la peur de le perdre feraient-ils à ce point s'aveugler et se taire
les consciences humaines devant les horreurs quotidiennes subies par
les Palestiniens ? Qui fera mine de croire à l'existence d'un soupçon
d'éthique politique ? Qui sont ceux, et quel courage les distingue, qui
ce sont presque excusés de l'opinion majoritaire de leurs peuples,
lorsqu'il y a trois ans (dans un sondage forcément anonyme) les
Européens affirmaient qu'Israël était le pays qui menaçait le plus la
paix du monde ? Alors que tous, dans les couloirs des cabinets de
Washington ou de Bruxelles, le savent et que tous se taisent.
Verra-t-on un jour des
politiciens un peu honnêtes, un peu courageux... qui oseront enfin dire
ce que le monde sait ? Enfin. Peut-être sera-ce aux peuples de devoir
les élire ? Enfin. La route est longue mais en face de l'hypocrisie et
du cynisme ambiants et complices, il faut au moins décider de ne pas se
taire. Jamais. La dignité des Palestiniens est de résister, la nôtre
est de dénoncer. Si nous voulons moins de violence, il faut
« unilatéralement » rompre le silence. Cela veut dire dénoncer les
peurs autant que les politiques injustes et ignobles qui continuent à
laisser tuer et mourir un peuple entier dans des territoires occupés,
exsangues, dans des prisons à ciel ouvert, au vu et au su de tous.
A l'heure où j'écris ces
lignes, une bombe s'abat, chaque cinq minutes, sur Gaza et elle tue et
terrorise des milliers d'enfants, un peuple entier. A moins que ces
bombes aient cette vertu pédagogique d'enseigner aux Palestiniens les
conséquences palpables des « bons choix démocratiques » d'Israël que
les Etats-Unis et les Européens soutiennent au nom d'un droit
international sélectif. Belle leçon, bel avenir de paix. Beaux
mensonges, belle farce. Colonisée par la peur, consciente et complice
de sa démission collective, la classe politique européenne ne cesse de
plier face aux diktats américains, à la puissance d'Israël et à ses
lobbys agissants. Dans les couloirs des cabinets de Bruxelles, tout le
monde le sait, tout le monde se tait.
Les Palestiniens
continueront de souffrir. Il ne peut être question de cesser de
critiquer chacune des décisions politiques injustes qui font perdurer
l'horreur et empêche de parvenir à une paix juste. Car enfin, c'est la
majorité des Européens qui, contre une classe politique de plus en plus
lâche, a raison : Israël est bien aujourd'hui le pays qui met le plus
en danger la paix du monde. Et cela, dans les couloirs des cabinets de
Washington ou de Bruxelles, et jusqu'à Tel Aviv, tout le monde le sait.
Tariq RAMADAN
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| dimanche 28 décembre 2008, a 07:22 |
| QUEL HUMANISME POUR L'ISLAM? |
Le rôle de la RévélationAprès avoir évoqué tous ces aspects
de l'homme, il reste, en ce qui concerne l'humanisme, une véritable
question dont on parle d'ailleurs assez peu dans les traditions
philosophiques ou religieuses de l'Occident, catholique ou protestant.
Quel est le rôle de la Révélation ?
On ne peut pas parler de l'homme et
de l'humanisme sans se poser cette question. Quelle est en effet
l'autonomie de l'homme ? On vient de parler de limites. On vient de
dire que la raison est libre, mais qui fixe la limite ? Est-ce
uniquement la raison qui s'autorégule ou est-ce qu'il y a une "révélation"
qui régule notre pratique rationnelle ? Pour l'Islam, la seconde
éventualité demeure la plus vraie, car c'est le Coran qui contient
cette Révélation.
Mais faut-il considérer qu'on est
enfermé dans les Ecritures parce qu'on les cite sans arrêt ? Tout
dépend de la façon dont on cite ; est-ce pour s'enfermer ou pour
s'orienter ? grande différence. On peut citer un texte en perdant son
humanité ou en la valorisant : en perdant mon humanité, c'est que le
texte m'ignore ; en valorisant mon humanité, c'est que le texte appelle
chez moi une humanité à faire, et non une humanité à nier.
La question, en vérité, n'est pas la
fréquence des citations mais le contexte dans lequel elles sont
insérées. Si l'on ne comprend pas le type de proximité que les
musulmans ont avec le texte, on ne les comprendra pas. Une des choses
les plus importantes dans la tradition musulmane est l'acquisition du
texte et son assimilation. Il y a des centaines de milliers de gens qui
connaissent tout le Coran par cœur : c'est l'aspect de la connaissance
du texte, connaissance par le cœur, dans le cœur et pas seulement dans
la tête (un enseignant musulman dans une banlieue française
s'indignait : ils savent un dixième du Coran et ce sont des
délinquants !). Un texte acquis dans le cœur illumine le réel, il
n'enferme pas. Toute la question est donc bien de savoir comment on
cite.
Cela étant dit quant à la place et au rôle du texte, que dit la Révélation et comment s'exprime-t-elle ?
La Révélation est d'abord une confirmation
On ne peut pas comprendre le rôle de
la Révélation selon la tradition musulmane si l'on n'a pas compris tout
ce qui a été dit plus haut sur la conception de l'homme. Nous sommes
ici à mille lieues de toute la pensée existentialiste, au premier rang
de laquelle on peut mettre celle de Kierkegaard. Rien n'est plus
étranger à la pensée musulmane que la pensée de Kierkegaard, ne
serait-ce que par le statut qu'il donne à la Révélation (celui d'une
interpellation surnaturelle adressée à l'homme et qui intervient de
l'extérieur, en rupture avec l'ordre de la nature)
Pour la pensée musulmane, la Révélation n'est pas un événement qui sort de l'ordre naturel, mais au contraire le confirme : Lumière sur lumière,
dit une formule coranique ; la lumière de la Révélation vient confirmer
la lumière du cœur. Il faut s'attacher à une formule tout à fait
intéressante de Abu Hâmid al-Ghazali : le message, dans sa lettre, est une révélation extérieure ; la raison est une révélation intérieure.
En d'autre termes, mon intelligence m'apporte une révélation qui vient
de l'intérieur et qui est confirmée par la Révélation ; je porte en moi
une révélation que la Révélation vient confirmer. Cette façon de voir
est très importante dans la tradition musulmane.
Montaigne, par exemple, nous parle du "Grand Livre du Monde".
Cette idée provient en fait d'une tradition orientale qui est reprise
dès le VIIIème siècle dans la tradition musulmane et qui met en
évidence l'idée d'un livre révélé (le Coran, qui comprend la Bible
hébraïque, la Torah,, les psaumes, L'évangile et qui reconnaît tous les
prophètes) et l'idée d'un livre déployé qui est l'Univers. Tout ce qui
rappelle Dieu dans l'Univers est un signe ; et tous les versets de la
Bible et du Coran sont stipulés comme étant également des signes (c'est
le même mot). Le signe du texte écrit renvoie au signe du "texte" créé, c'est-à-dire la création. Il y a tout un jeu de correspondances entre le microcosme et le macrocosme.
La Révélation est donc une "lumière"
qui vient confirmer une autre lumière et qui doit stimuler
l'intelligence. C'est pourquoi, à maintes reprises, Dieu interpelle
dans le Coran ceux qui sont doués d'intelligence. Qu'est-ce que
le discernement : c'est voir avec le cœur ce que la raison voit comme
élément. Le cœur ajoute la dimension du signe. Tous les mots, dans le
Coran, renvoient à cette idée de la confirmation de ce qui nous habite
déjà.
La Révélation est ensuite une orientation
La Révélation oriente ce qui nous
appelle. Nous cherchons ; elle nous oriente. Par rapport à Dieu il y a
des exigences. Par rapport au monde, la Révélation va nous donner des
orientations dans quatre domaines (pour simplifier).
- le rapport au Divin
La Révélation oriente dans le rapport
que l'on a avec le divin. Raison pour laquelle le terme Islam signifie
avant tout soumission à Dieu (qui dépasse d'ailleurs le cadre des seuls
musulmans : Abraham était soumis à Dieu). L'Islam se traduit par un
acte de foi, et non par la référence à un homme, ni à un peuple, ni à
une tradition. Par cet acte lui-même, par l'acte par lequel le cœur
reconnaît ce qui l'appelle, l'homme revient à son origine. C'est le
chemin vers la Source vive. Lors de la mort d'une personne, nous
disons : nous sommes à Dieu, c'est vers Lui que nous retournons. Dans
cette première orientation, ce que nous trouvons dans le texte, c'est
le rappel du rapport au Divin : comment être avec Dieu ? se connaître
pour cheminer vers la Source. Pour devenir musulman, il faut
reconnaître qu'il n'y a qu'un Dieu et que le dernier prophète est Son
prophète.
Ensuite il nous faut savoir comment
être musulman, c'est-à-dire comment revenir à cette Source : Il faut se
chercher, retourner à son cœur, s'analyser et faire un bilan de
conscience, ce qui est véritablement renvoyer l'homme à lui-même.
Dans la tradition musulmane il n'est
pas déclaré que l'homme soit à l'image de Dieu. Dieu est au-delà de
tout ce que l'on peut imaginer. Rien ne Lui est semblable et rien ne
peut s'approcher de Lui. On peut s'orienter intellectuellement vers la
compréhension de Ses qualités mais jamais dans la définition de Son
Etre. Ce qui nous rapproche de Dieu c'est une réflexion sur l'étincelle
qu'Il a mise en nous, mais jamais pour Le définir, toujours pour nous
rapprocher. Le rapport à Dieu n'est jamais un rapport de définition ou
de captation intellectuelle, mais un rapport de proximité spirituelle.
On doit sentir cette proximité : c'est toute la tradition soufie, mais
c'est aussi la tradition orthodoxe.
- le rapport de soi à soi
Il va y avoir ici, systématiquement,
une valorisation de la dimension de l'homme, au nom de son innocence,
au nom de sa responsabilité, avec l'exigence de son humilité. En
permanence on relèvera dans la confiance les qualités que l'homme a,
mais dans le souci d'être méfiant. chacun d'entre nous sait que
certaines de ses qualités, dans certaines conditions, peuvent devenir
des défauts. L'émotion et la sensibilité sont en soi positives. Mais
une sensibilité mal placée peut se retourner et devenir un défaut. Une
générosité peut devenir un défaut si elle est excessive. C'est là un
aspect fondamental de ce que l'on peut appeler l'humanisme musulman :
mettre en évidence une valorisation importante de ces qualités, mais
avec le souci de cette maîtrise à tous les niveaux. Il nous faut
reconnaître que nous sommes avant tout un don de celui qui nous a
créés. La tradition prophétique dit que notre corps ne nous appartient
pas et que chaque élément de notre être a des droits sur nous.
C'est la raison pour laquelle l'Islam
commence toujours par l'universalité de la responsabilité avant
l'universalité du droit. C'est la source d'un débat sur la Déclaration
universelle des Droits de l'Homme. On peut reconnaître sa valeur
universelle en matière de droits. Mais on peut s'interroger sur sa
pertinence à guider les hommes en matière de responsabilité.
Nos religions, en effet, nous
enseignent que c'est notre responsabilité qui oriente nos droits. Si,
en revanche, seul le droit circonscrit la responsabilité, chaque homme
peut devenir, au nom de son droit, un être des plus destructeurs, qui
légitime tout au nom du droit, ce que l'on a appelé la dictature du
droit. Or nous sommes effectivement aujourd'hui dans une société du
droit. Mais la vraie question est alors que, si nous avons des droits,
quelle est la responsabilité qui habille notre droit ? Un droit "non habillé"
de responsabilité est au risque de l'orgueil. Nous avons la
responsabilité de la liberté de notre corps. Nous ne pouvons pas faire
n'importe quoi de notre corps. C'est là une orientation éthique.
- le rapport de soi à sa famille
On ne peut que souligner avec force
que le noyau de l'humanisme islamique n'est pas l'individu seulement.
L'être humain est un être de sociabilité et sa première sociabilité est
la famille. Lorsqu'on dit en occident que l'autonomie de la raison et
le primat de l'individu sont deux fondements de la modernité, cela pose
un problème en Islam. Il n'y a pas pour l'Islam de primat de l'individu
en ce sens qu'il serait dégagé de tout lien d'humanité ; son premier
lien d'humanité est le lien avec la famille. Il y a omniprésence de
cette préoccupation : un humanisme au cœur même de la première relation
sociale qui est celle de la reconnaissance des père et mère. Ce sont
des valeurs déterminantes. Le droit de l'individu ne peut jamais faire
fi de la responsabilité familiale. Reste à voir comment tout cela peut
être géré, car cela peut devenir oppressant. Toute la question est de
savoir où est l'équilibre.
- le rapport de soi à la société
Nous n'entrerons pas dans tous les
détails. Il ne peut y avoir non plus ni science ni économie sans
orientation, c'est-à-dire sans éthique. Ce qui gêne aujourd'hui dans
tout le débat actuel sur la mondialisation, c'est qu'il faudra bien que
l'on exige véritablement du consommateur et de l'ordre économique,
d'aller plus loin. Il va falloir s'interroger non seulement sur le
primat de l'économique au regard de tout autre type de rapport humain,
mais finalement aussi sur l'éthique en économie. Au nom de quoi fait-on
ce que l'on fait ? peut-on dégager d'aussi importantes sommes de
bénéfices ?
La culture nous interpelle aussi
profondément : Y a-t-il, ou non, une éthique en matière culturelle ?
Peut-on, au nom de la liberté d'expression, admettre n'importe quelle
expression et dire : libre est mon expression et elle peut dépasser
tout limite éthique ? Sans doute l'expression artistique a son domaine
spécifique. Mais quand une société est questionnée, de façon profonde,
sur la liberté d'expression, au niveau de la sexualité par exemple,
quand elle est placée en face d'un certain public, un public d'enfants
ou d'adolescents notamment, elle ne peut pas systématiser un mode
unique d'expression. Nous ne nous cachons pas de poser les vraies
questions, quitte à paraître réactionnaires, alors que nous aimerions
plutôt nous dire responsables. Quels principes gèrent la production
culturelle ? Est-ce-que ce ne sont que des principes financiers ? Nous
sommes tous confrontés aux mêmes problèmes.
Pour terminer, nous dirons que cet
humanisme musulman, fondé sur une orientation, aboutit à la plus
difficile des notions : en toutes choses, entre l'innocence, la raison
et les choix que nous sommes amenés à faire, la position de l'équilibre
est déterminante ; ne rien nier de ce que nous sommes, mais savoir nous
maîtriser, pour tendre vers ce que nous voulons être. C'est une
humanité qui fait face à elle-même, qui se valorise en connaissant les
risques mais en exigeant de maîtriser ces risques et de maîtriser les
excès.
Telles sont les lignes essentielles
de l'humanisme musulman, qui se traduit au travers de la philosophie,
au travers de la théologie et aussi au travers des perspectives, et qui
recoupe dans ses conclusions, beaucoup de ce que l'on trouve dans les
traditions chrétiennes et dans les traditions juives. Mais il est vrai
qu'aujourd'hui - et nous y insistons beaucoup - au nom de la conception
de l'homme, il est extrêmement difficile, au cœur même de l'Occident,
pour quelqu'un de tradition musulmane, d'accepter sans réagir
l'affirmation d'une primauté absolue des droits des êtres humains, sans
qu'il soit insisté, en rapport précisément avec la Transcendance, sur
l'obligation d'une responsabilité active.
D'où les débats et les confrontations intéressantes et possibles entre les deux traditions.
Tariq RAMADAN
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| dimanche 28 décembre 2008, a 07:20 |
| A toi ma sœur, mon frère en humanité, |
Où
que tu sois sur la terre, tu as dû, comme ce fut mon cas, faire face à
la peur, aux peurs des gens qui t'entourent, à ta propre peur. Peur de
la mort, peur de la guerre, peur du lendemain...
Mais c'est peut-être la peur de
l'autre qui colonise le plus nos cœurs et nos esprits aujourd'hui. Nous
sommes dans un monde de la communication globale mais nous dialoguons
de moins en moins, nous écoutons peu et nous nous enfermons dans nos
ghettos intellectuels. Nos peurs me font peur pour notre avenir commun.
Que fais-tu, toi, pour dépasser tes
peurs ? Ecouter, connaître, sortir de ton ghetto mental. Avec combien
de femmes et d'hommes d'une autre culture ou d'une autre religion as-tu
partagé du temps et travaillé pendant les dernières semaines ou même
durant cette année ?
Parler d'ouverture et de respect et
rester dans nos prisons virtuelles ne changera pas nos quotidiens, ni
nos sociétés, ni notre monde. Cela commence par soi, au fond... se
libérer de la prison de ses peurs et s'ouvrir à la connaissance de
l'autre et à la confiance mutuelle.
Il n'est pas besoin d'argent ou de
diplôme, simplement un peu de bonne volonté, de la détermination et un
peu de courage pour prendre le risque d'aller à la rencontre de
l'inhabituel.
C'est un beau miroir, sais-tu, où tu apprends que tu as de multiples identités et que l'humilité est ta dignité.
Tariq RAMADAN
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| dimanche 28 décembre 2008, a 07:14 |
| SYMBOLES RELIGIEUX, A VOIR ET A COMPRENDRE |
La
controverse qui a lieu en ce moment au Canada sur la visibilité des
symboles religieux n'est pas unique en son genre. Après les diverses
polémiques autour du « foulard islamique » en France, on a vu les
affaires de ce type se multiplier dans toutes les sociétés
occidentales : des protestations contre des crucifix puis des minarets
trop voyants en Suisse, des plaintes contre les tenues vestimentaires
religieuses et choquantes aux Pays-Bas et en Angleterre, enfin
d'étranges décisions portant sur des sapins de Noël aux États-Unis et
au Canada.
Les affaires se suivent et il faut
chaque fois faire face à des réactions passionnées, irrationnelles, qui
ou bien s'alimentent du discours victimaire de ceux qui voient de
l'islamophobie partout, ou bien entretiennent la peur que l'homogénéité
culturelle du pays est en danger d'être colonisée par une religion
étrangère. [...]
Nos sociétés sont prises d'un profond
malaise : à l'heure où, en théorie, chacun célèbre la diversité et la
tolérance, voilà qu'en pratique, nos collectivités se crispent, se
recroquevillent, et on ne sait plus ce qu'on a le droit de dire ou de
montrer et jusqu'où il est permis d'être différent tout en étant un
citoyen. L'heure est assez grave, et il ne faut pas minimiser les
dangers qui nous guettent.
La loi commune d'abord
Il est urgent de rappeler que ce qui
doit nous permettre de vivre ensemble et de nous respecter est d'abord
un cadre juridique — la loi commune — qui doit traiter tous les
citoyens sur un pied d'égalité. À l'intérieur de ce cadre qui fonde
l'État de droit et que les citoyens comme les résidants se doivent de
reconnaître, les libertés fondamentales doivent être respectées :
liberté de conscience, d'expression, de culte, de mouvement, etc. Or
nous assistons depuis quelques années à une érosion générale de ces
droits et à des remises en cause particulièrement dangereuses. Nous
vivons une période de régression à plusieurs égards. Depuis cinq ans,
la toile de fond des débats politiques a été celle de la menace
terroriste, qui a naturellement impliqué celle de la sécurité. Au nom
de cette dernière, et parce que la peur s'est installée, une majorité
de citoyens a trouvé normal que leurs droits civils aient été
réévalués, voire remis en cause. C'est au coeur même de cette lourde
atmosphère que s'est cristallisée la question de l'islam : de la peur
du terrorisme, nous sommes passés à la peur de l'autre, du musulman, de
sa visibilité, de sa différence et du danger qu'il représente pour
l'identité nationale.
Au terrorisme et à la nouvelle
visibilité, il faut ajouter la réalité de l'immigration qui, du Canada
jusqu'en Europe, ne cessera pas : le nombre d'hommes et de femmes
musulmans va donc encore augmenter.
Gérer les peurs
Le débat sur le multiculturalisme et
l'identité est traversé par ces questions, ces peurs et ces
crispations. Ce n'est pas la législation qui fait problème (celle-ci
nous mettrait plutôt d'accord), ce sont nos peurs et nos perceptions
qui nous divisent, nous opposent et pousseraient certains à aller
jusqu'à changer la loi. Nous assistons à un profond choc des
perceptions, et si nous n'y prenons pas garde, nous y perdrons tous
notre confiance (en nous et en autrui) et nos libertés (ce qui touchera
d'abord les musulmans aura ensuite des effets sur tous les citoyens). Comme
nous ne savons pas comment gérer ces peurs, ces doutes et ces
perceptions négatives, d'aucuns pensent que la seule solution consiste
à faire disparaître tout symbole religieux ou culturel qui montrerait
la différence. La neutralité de l'espace public équivaudrait à la
disparition de tout signe distinctif : cela maintiendrait l'égalité et
permettrait de ne point choquer. D'autres, plus optimistes,
proposent l'exact opposé : au nom du multiculturalisme, la neutralité
de l'espace public consisterait à montrer tous les symboles de façon
libre et indifférenciée. La vue de cette diversité devrait être de
nature, selon eux, à faire disparaître les peurs. Cette ouverture
d'esprit est séduisante mais la mondialisation nous rappelle tous les
jours qu'il ne suffit pas d'observer les différences pour être capable
de les appréhender de façon positive. Ces deux positions sont
extrêmes et irréalistes : on ne dépasse pas la peur de la diversité et
des différences en les cachant ou en les surexposant. Trois conditions
doivent à notre sens être réunies pour aborder sereinement ce débat.
Loi, éducation, civilité
D'abord, comme nous l'avons dit, il
faut rappeler le cadre de la loi et appliquer celle-ci de façon
égalitaire pour tous les citoyens et à l'égard de chaque communauté
religieuse ou culturelle. Ensuite, plutôt que de faire
disparaître les signes de l'espace public, il est urgent de les
intégrer aux programmes d'enseignement officiel des écoles. Nos
sociétés plurielles doivent donner à leurs citoyens les moyens de
comprendre les religions, les symboles et les pratiques. Il faut
instruire, exercer l'entendement et l'esprit critique des jeunes et de
tous les citoyens pour leur permettre de dépasser les peurs : cela
signifie de mieux connaître leurs propres références philosophiques,
religieuses et culturelles et d'appréhender l'univers de l'autre comme
une richesse et non comme une menace. La troisième condition
relève à la fois du bon sens et de la civilité : il faut nous
réconcilier avec les débats de société, critiques, profonds, sans
compromission mais qui ne confondent pas la critique avec la
provocation stupide et blessante, parfois lâche et malveillante. Sous
couvert de défendre la liberté de penser, certains intellectuels,
journalistes ou politiciens sont simplement en train de normaliser les
propos haineux et racistes qui minent nos démocraties et produisent
exactement le contraire de ce qu'ils disent défendre. Les
symboles religieux doivent être visibles dans l'espace public, avec
dignité, sans provocations inutiles. Ici des arbres de Noël, là des
menora juives, plus loin des minarets... Ces symboles représentent la
vie dans sa diversité et il convient de savoir respecter les
sensibilités en prônant la discrétion autant que l'esthétique. Pour
atteindre cette expression assumée et raisonnable de la diversité dans
nos sociétés, il faut expliquer, éduquer, se connaître et connaître
autrui. Sans ces efforts, nous serons tous perdus. Avoir peur d'un
arbre de Noël ou avoir peur qu'on en ait peur revient au même : dans
les deux cas, il s'agit d'un manque de confiance, en soi et en autrui,
qui mine lentement nos sociétés. Nos démocraties sont en
danger car, en étant colonisés par la peur et aveuglés par la passion
identitaire, nous nous illusionnons profondément sur notre liberté.
Mais notre libération, il est vrai, dépend grandement de nous.
Tariq RAMADAN
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| dimanche 28 décembre 2008, a 07:03 |
| PALESTINE, ISRAEL ET LA CONSCIENCE PLANETAIRE |
Il
devient de plus en plus clair que le conflit israélo-palestinien est
central pour la paix dans le monde et pour promouvoir une meilleure
entente entre les sociétés musulmanes et l'Occident. Même le premier
ministre britannique Tony Blair l'a relevé récemment sur al-Jazeera
alors même qu'il s'exprimait sur la détérioration de la situation en
Irak. Or, nous sommes aujourd'hui au bord de la guerre civile et
l'annonce d'élections anticipées par le Président Mahmoud Abbas a
provoqué une flambée de violence avec le refus catégorique des élus du
Hamas et d'une partie de la population d'accepter cette solution. La
situation est catastrophique et la paix est très éloignée.
On aurait pu espérer qu'avec la
disparition de la scène politique de Sharon et d'Arafat, qui se
connaissaient autant qu'ils se détestaient profondément, qu'une
nouvelle page pourrait peut-être s'ouvrir et un processus de paix se
mettre en marche. Ce ne fut pas le cas et les choses ont empiré. Ehud
Olmert et Kadima n'ont pas changé d'un iota leur politique vis-à-vis de
celle de Sharon et tout s'est passé comme s'il s'agissait de gagner du
temps. Du côté palestinien, Mahmud Abbas, qui était l'interlocuteur
attendu et voulu par Israël n'a rien obtenu pendant de longs mois et
l'arrivée au pouvoir de Hamas l'a isolé puis isolé l'ensemble du peuple
palestinien sur la scène internationale. La crise libanaise, la guerre
puis les images des morts innocents du Sud Liban ont marqué une
nouvelle fracture entre les peuples et les gouvernants et non seulement
dans le monde arabe mais également en Occident où le silence des
gouvernements n'a pas été compris. Pendant ce temps, à Gaza, la terreur
continuait de régner les bavures se sont multipliées avec la mort de
familles, de femmes et d'enfants. Il n'y a plus de processus de paix,
plus rien n'avance dans la région et les Palestiniens asphyxiés sont au
bord de l'implosion.
Il est l'heure de faire une
évaluation critique de la situation. Le problème israélo-palestinien ne
sera jamais la seule affaire de deux peuples, de deux gouvernements.
Nous sommes en face d'un conflit universel qui dans les perceptions
comme dans les faits réunit toutes les dimensions du « clash des
civilisations ». Dans la psyché global, Israël représente tout à la
fois l'Occident, la culture judéo-chrétienne, le progrès et la
démocratie alors que les Palestiniens représentent l'Orient, la
civilisation musulmane, la tradition et l'ordre autocratique et souvent
corrompu. On peut faire semblant de ne pas prendre la mesure de ce
conflit mais c'est bien de cela qu'il s'agit aujourd'hui et le fait
qu'aucune solution ne soit visible à l'horizon est une annonce de
futurs conflits et de guerres, non une promesse de paix.
Il faut cesser d'entretenir de faux
espoirs : quels que soient les dirigeants israéliens (du Likoud, de la
gauche ou des religieux) ou palestiniens, (Mahmud Abbas, le Fatah ou le
Hamas), la paix sera impossible si on laisse ces deux entités face à
face. Avec l'ancienne autant qu'avec la nouvelle génération. L'histoire
est trop chargée et les forces tout à fait inégales. On aimerait
espérer que les Etats-Unis prennent urgemment conscience de leur rôle
et comprennent enfin que leur soutien unilatéral, quasi aveugle, aux
gouvernements successifs israéliens est une folie suicidaire qui, à
terme, desservira clairement les intérêts de tous et notamment d'Israël
dans la région. Le gouvernement américain s'est trompé en Iraq et
continue à se méprendre profondément au cœur du conflit
israélo-palestinien. Les présents conseillers et acteurs de
l'administration Bush sont aveuglés par leur alliance avec Israël, et
sauf à un changement total de cap, ils continueront à perdre tout
crédit aux yeux des populations musulmanes. La grande puissance
américaine ne pourra plus intervenir que par la force si elle continue
à brûler toutes les cartes de sa diplomatie.
C'est peut-être du côté de l'Europe
qu'il faut espérer un réalignement dans le conflit. La prise de
conscience de la déroute en Iraq, la réaction des populations
européennes aux massacres au Liban et enfin la détérioration de la
situation à l'intérieur des territoires occupés va nécessairement avoir
des conséquences sur les politiques des Etats européens. Sera-t-il
possible à ces derniers de proposer autre chose, voire de forcer le
gouvernement américain à revoir sa copie au Moyen-Orient ? C'est ce que
personne ne peut déterminer pour l'heure mais il est clair que le
rapport Baker parlant de l'Iran et de la Syrie comme élément de la
solution est un potentiel repositionnement américain qui a été entendu
et compris en Europe. Il est urgent que les pays européens
interviennent dans le débat et proposent autre chose qu'un soutien mou
aux « modérés » de la région qui n'ont aucune carte en main et qui ne
pourront de toute façon rien faire sans leur engagement déterminé.
Il n'y aura pas de solutions au
Moyen-Orient sans engagement plus conséquent de la communauté
internationale et particulièrement de l'Europe. Ni les nouveaux leaders
directement impliqués, ni les Etats arabes ne pourront faire avancer le
processus de paix. Revenir aux accords internationaux et les faire
respecter, libérer les territoires occupés de toute présence
israélienne et faire cesser la construction du mur jugée illégale par
les instances internationales avec l'impérative contrepartie de la
cessation, du côté palestinien, des attentats et les attaques contre
les villes et les civils, voilà le cadre auquel il faut revenir au plus
vite. Il appartient à la communauté internationale de comprendre
qu'elle est un acteur incontournable que ses représentants doivent
prendre langue avec toutes les parties avec une vision claire et
équilibrée. Elle parviendra à ses fins si, et seulement si, elle
propose une démarche équilibrée et raisonnable. Dans le cas contraire
ses interventions comme ses silences sont contreproductifs. Tous les
mouvements de résistance - quels qu'ils soient du Fatah, du Hezbollah,
du Hamas voire des produits de la rhétorique d'al-Qaïda - gagneront en
force et en légitimité sur le terrain dans le vide laissé par les
instances internationales et le silence apparenté à une carte blanche
offerte à la superpuissance régionale qu'est en fait Israël.
Que l'on parle de soutien financier,
de commerce d'armes, de la possession de l'arme nucléaire et des
exigences de paix, tout se passe comme si Israël obtenait des
passe-droits que les Etats arabes, perses ou palestiniens n'acquerront
jamais. Les Palestiniens ne sont point dupes et ils n'écouteront pas
les voix qui voudraient leur faire croire que la solution devra se
trouver au gré de discussions directes avec l'ennemi du jour. Ils
savent ce qui se passe derrière la scène et si les Européens et les
Américains continuent à tromper et à se tromper de derrière ladite
scène, il y a fort à parier qu'il n'y aura pas de paix au
Proche-Orient, autrement dit pas de paix dans le monde. Ces cinq
dernières années nous ont appris que, bon gré mal gré, tout est
connecté : notre silence complice face à la souffrance au Moyen-Orient
nous apportera par voie de conséquence directe l'insécurité dans notre
quotidien. Notre silence est l'allié objectif de leur violence autant
que leurs morts accompagnent nos nouvelles peurs quant à notre
sécurité. Dans l'aventure chacun de nous y perd quelque chose : au pire
la vie, au minimum la liberté.
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| dimanche 28 décembre 2008, a 06:58 |
| Les défis de la recherche et de l’enseignement des Etudes islamiques dans l’actuel climat politique |
L'intérêt
pour les Etudes islamiques s'est considérablement accru ces dernières
années mais malheureusement pas toujours pour les bonnes raisons. On
connaissait déjà les études multiples qui avaient fleuri à la fin du
XIXème et au début du XXème siècle quand les Empires coloniaux (plus
spécifiquement la Grande Bretagne
et la France) cherchaient à comprendre les références religieuses et
les motivations pratiques des peuples colonisés. La recherche répondait
alors à des besoins précis : appréhender les valeurs et les pratiques
des nouveaux administrés moins dans un souci de connaissance de l'autre
(ce fut rare) que par la volonté de maîtriser les outils qui pouvaient
soit permettre une meilleure gestion des affaires coloniales, soit
accompagner « l'entreprise de civilisation », soit enfin pour rendre
possible l'instrumentalisation de ces connaissances – ou de certains
savants (ulamâ') – dans le but d'asseoir un pouvoir
légitimé par le religieux ou certains représentants religieux. Rares
furent les études orientalistes dénuées de projections politiques :
pendant des décennies, on a assisté à des études et à des recherches
« intéressées » sur la question de l'islam. C'est d'ailleurs, politiquement, une tendance compréhensible et naturelle.
Aujourd'hui, la promotion des « Etudes
Islamiques » semble tout autant « intéressée » mais avec des données à
la fois plus directement palpables et qui interagissent de façon
complexe et globale. Les sociétés occidentales sont traversées par
trois phénomènes internes qui ont réveillé l'attention et poussé à
multiplier les recherches sur l'islam : la visibilité accrue des
nouvelles générations de musulmans désormais occidentaux, les flux
migratoires qui ne sont pas destinés à s'estomper mais au contraire à
s'accroître et enfin le terrorisme qui menace indistinctement toutes
les sociétés d'Occident et d'Orient. On peut ajouter à ces phénomènes
domestiques, les réalités de la scène internationale avec la centralité
du conflit israélo-palestinien, les guerres en Afghanistan et en Irak,
la question turque en Europe et l'omniprésence de la rhétorique binaire
autour du conflit (voire de l'alliance
possible) des civilisations. Dans tous ces cas de figures, les Etudes
islamiques sont directement ou indirectement impliquées : on cherche à
comprendre, prévenir, se protéger, maîtriser voire combattre quand il
s'agit de l'islamisme
violent. Ainsi les sociologues, les politologues, les experts en
terrorisme produisent des quantités vertigineuses de recherches sur
l'islam, les musulmans, l'identité, l'immigration, l'islamisme, la
radicalisation, la violence, le terrorisme, etc. parfois commandées par
des cabinets gouvernementaux parfois par des grandes entreprises : ce
sont ces sujets qui « intéressent », ce sont ces sujets qui aujourd'hui
reçoivent des subventions de plusieurs millions de dollars.
Aujourd'hui, comme hier, la recherche est naturellement « intéressée ».
La première difficulté qui émerge au cœur de cet engouement très orienté vis-à-vis des Etudes islamiques, et qui apparaît comme un défi central, est en fait la réduction de plusieurs siècles d'héritage légal (fiqh), d'études sur le divin (‘aqîda), de développements philosophiques (kalâm), de pensée mystique (sûfî) et d'élaboration sociale et politique (siyâsa shar'iyya)
à de simples études contemporaines sur des idéologies politiques, les
migrations ou les mouvements sociaux. Les « nouveaux spécialistes de l'islam » depuis trente ans sont les sociologues et les politologues auxquels
il faut rajouter, depuis six ans, les experts en terrorisme. L'étude de
la pensée religieuse proprement dite – de la théologie – de ses
fondements, de ses spécialisations, de ses évolutions est secondaire,
voire totalement absente. Au-delà de l'intérêt
nourri par le conflit irakien, on s'intéresse peu à la richesse des
traditions sunnite et shiite, à leurs relations millénaires et à leur
univers théologique et juridique respectif. Les Etudes islamiques
semblent étonnamment avoir déserté les chaires académiques qui devaient
leur être d'abord naturellement attribuées autour de la théologie, de
la philosophie et de l'Histoire de la pensée. Il
est de bon ton aujourd'hui de citer le philosophe rationaliste Averroès
pour montrer combien l'on reconnaît à l'islam « quelque chose » ou
« quelqu'un » qui s'approche de la philosophie occidentale :
l'omniprésence d‘Averroès dans les discours académiques politiquement
corrects n'est en fait que la révélation, en négatif, de l'absence
de connaissance des grandeurs théologiennes et penseurs musulmans à
travers l'Histoire. Il est impératif que les universités d'Occident se
réconcilient avec une connaissance des civilisations et des cultures,
et notamment de l'islam
(mais on pourrait en dire de même concernant l'Inde et la Chine) qui ne
soit pas uniquement motivée par des agendas idéologiques ou des peurs
collectives. Il s'agit ici d'une décision politique majeure et c'est un
défi qu'il convient de ne pas minimiser.
L'étude
des différents domaines scientifiques relatifs à l'enseignement de la
pensée islamique, de son héritage comme de son expression
contemporaine, requiert une approche holistique qui établisse, en
amont, les champs prioritaires du savoir. L'obsession de la lutte
contre « la radicalisation et le terrorisme » donne aux Etudes islamiques
contemporaines une image de territoires académiques assiégés par des
considérations politiques et économiques dangereusement utilitaristes.
Or si l'on est sérieux quant au respect de la diversité des
civilisations, à leur dialogue impératif et à la promotion des valeurs
communes, il est urgent de repenser le contenu des enseignements.
L'intégration du fait religieux, de la théologie et de ses savants (ulamâ'), un enseignement du fiqh (droit et jurisprudence) et des fuqahâ' (juristes) en même tant qu'une approche historique et critique de l'histoire
de la pensée islamique avec ses philosophes et ses courants sont des
disciplines qui font cruellement défaut aujourd'hui. On doit aussi se
poser la question des professeurs et des enseignants proprement dits :
alors que l'on a admis que des enseignants juifs, chrétiens, hindous ou
bouddhistes (même quand elles/ils sont pratiquants) pouvaient avoir une
approche objective de leur objet d'étude, tout se passe comme si cela
n'était pas vraiment possible dans le cas des enseignants musulmans qui
sont soit sujets à caution quant à leur objectivité soit dont on attend
qu'elles/ils ne pratiquent pas (voire qu'elles/ils soient des
« ex-musulmans ») ou défendent des thèses perçues par l'Occident comme
« pro-occidentales ». Une étude statistique - même informelle - du
profil des professeurs des Etudes islamiques à
travers les sociétés occidentales confirmerait cette tendance quant à
l'engagement des enseignants. Sous prétexte d'objectivité (qui est bien
sûr une exigence première dans le champ académique et vis-à-vis de
laquelle il ne faut accepter aucun compromis), on en est venu à
déterminer un enseignement essentiellement « exogène », de l'extérieur, et
cela est forcément problématique si l'on cherche à comprendre l'univers
de référence islamique à la fois « objectivement » et « de l'intérieur ».
Le troisième défi consiste à réussir à opérer une distance entre les pressions de l'actualité
et l'étude objective de la pensée islamique contemporaine. La violence,
le terrorisme et l'attente répétée de la dénonciation du terrorisme par
les « autorités islamiques » nous empêchent souvent de considérer que
nous sommes en face d'un univers en effervescence intellectuelle et qui
produit du Maroc à l'Indonésie, des Etats-Unis à l'Australie en passant
par l'Europe et la Turquie, des réflexions critiques neuves,
intéressantes, audacieuses et non pas seulement par les penseurs, femmes
ou hommes, connus ou reconnus par l'Occident. Au-delà des déclarations
médiatiques de certaines figures publiques sur la modernité, la
rationalité, les femmes, la sharî'a et la violence, il existe des courants de fond, des évolutions profondes et lentes, qui opèrent – de l'intérieur
– dans toutes les sociétés et les communautés islamiques du monde. Loin
de la précipitation, loin des discours populistes et idéologiques,
l'univers académique a le devoir de prendre au sérieux ces évolutions,
de les étudier et d'en présenter objectivement les contours et les
enjeux. L'étude sérieuse de la production intellectuelle (et donc une
connaissance minimale de la langue : arabe, urdu ou autres), des
profils des actrices et des acteurs, des évolutions et des tensions
entre les générations par la mise en perspective historique des
données ; tout cela doit constituer une partie du contenu des Etudes islamiques
contemporaines. C'est armé de ce savoir que des approches en théologie
ou sociologie comparées prennent sens et permettent d'établir des
correspondances autrement plus sérieuses que celles dangereuses et
simplistes, fondées sur le fait que l'islam, vivant encore son
Moyen-âge puisqu'il est en 1428, doit évoluer, vivre son aggiornamento et rejoindre l'Occident dans la modernité. Avec
un tel dispositif intellectuel a priori, l'étude d'une religion ou
d'une civilisation n'est ni académique ni objective mais sert à nourrir
des idéologies, entretenir des dominations ou à conforter des
arrogances.
Dans les discours communs comme à l'intérieur de la sphère académique, on a distingué l'islam et les musulmans de l'islam politique, de l'islamisme et des islamistes. Cette première distinction est fondamentale pour tout développement sérieux des Etudes islamiques
contemporaines. Ici encore, cependant, nous avons besoin d'une sérieuse
reconsidération critique des enseignements offerts dans beaucoup de nos
universités. La profondeur historique (conséquence directe de la
rupture avec l'héritage classique dont nous parlions plus haut) est
négligée et tout se passe comme si l' « islam politique » avait vu le
jour durant la seconde moitié du XXème siècle. Au mieux cherchera-t-on
dans l'héritage classique des penseurs que certains islamistes
contemporains citent, sans même prendre le temps d'étudier ce que ces
penseurs ont vraiment dit et non ce que leur ont fait dire leurs
interprètes contemporains. On octroie ainsi, à certains groupes
violents, une autorité interprétative a posteriori, qui n'est fondée
que sur une négligence (ou une ignorance) a priori,
et que d'ailleurs les sociétés musulmanes ne leur ont jamais reconnue.
La figure emblématique de ce traitement est bien sûr Ibn Taymiyya qui
serait le penseur de tous les extrémismes : une telle réduction est non
seulement coupable mais elle est révélatrice d'un transfert d'autorité
et de perspective. Les discours et les actions des islamistes violents
contemporains sont les fenêtres à travers lesquelles l'héritage
islamique et les savants islamiques sont relus et évalués : cette
démarche n'est ni sérieuse ni académique pourtant elle est récurrente
dans les travaux de recherche.
On doit aussi insister sur les mises en perspective historique, les différentes tendances de l'islam
politique (de mouvements proches de la théologie de la libération à des
mouvements littéralistes ou violents en passant par des mouvements
légalistes et partisans de la démocratie : de façon similaire aux
tendances politiques chrétiennes ou juives d'ailleurs) ; de même que
l'évolution interne de ces mouvements (en Egypte, au Maroc, en Algérie,
en Tunisie, en Turquie, en Indonésie, etc.). Les Etudes islamiques contemporaines font face à ce défi majeur d'avoir à réconcilier les étudiants qui s'y intéressent avec
un univers de complexité stratifié et multidimensionnel. La
connaissance de la langue, des cultures, des mémoires et des histoires,
des dynamiques et des évolutions sont autant de paramètresquand
on étudie l'autre pour ce qu'il est et non seulement parce qu'il
représente une menace objective, démographique, culturelle ou
politique. C'est cela dont les citoyens responsables ont besoin et
c'est ce à quoi les universités doivent s'intéresser en priorité pour
leurdonner les outils du savoir et la compétence dans l'action sociale, économique, médiatique ou politique.
Les
défis sont nombreux. On perçoit ici et là des signes de changement et
des évolutions grâce à deux phénomènes concomitants : de plus en plus
d'Occidentaux musulmans s'engagent dans des Etudes islamiques et y apportent leurs connaissances et leurs sensibilités – de l'intérieur
– et, dans le même temps, des professeurs et des enseignants cherchent
de plus en plus à questionner les anciens paradigmes, à multiplier les
angles d'étude pour procéder à un travail d'objectivation du sujet
« islam » plus cohérent, plus complet et, somme toute, plus académique.
Mais nous sommes encore loin du compte et les défis sont multiples et
complexes. Nous l'avons dit, il s'agit d'une question hautement
politique et politisée : l'investissement de fonds publics ou privés
dans la recherche et l'enseignement répond à des agendas qui ne sont
pas toujours très « académiques » et cela explique les approches
idéologiques et très utilitaristes de notre époque. Au demeurant, le
plus grand défi – en amont – est peut-être de faire comprendre aux
politiques comme aux donateurs que l'investissement à long terme dans
des Etudes islamiques sérieuses, au cursus complet –
de la théologie à la philosophie en passant par les sciences sociales
et politiques – et en prise avec les dynamiques contemporaines internes
est, en fait, impératif pour préserver les intérêts des démocraties
dans le futur. Les calculs politiciens à court terme sont dangereux au
sein de l'université
(comme ailleurs) : seuls des investissements dans la recherche
fondamentale et le respect des principes scientifiques et
d'objectivation quant à l'objet d'étude permettront aux étudiants de
relever les défis de la mondialisation et des sociétés plurielles de
demain. Les Etudes islamiques, exactement pour les
raisons que nous connaissons et le climat politique actuel, ont un
besoin impératif d'être considérées avec sérieux et compétences et
c'est aux politiques autant qu'aux responsables d'Université, aux
professeurs et aux étudiants d'avoir le courage de le dire et de
s'engager pleinement à reconsidérer de façon critique et constructive
ce que nos institutions proposent aujourd'hui.
Tariq RAMADAN
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| dimanche 28 décembre 2008, a 06:42 |
| ACTUALITE |
DROITS HUMAINS NIES POUR LES PALESTINIENSLe
rapporteur spécial des Nations Unies pour les Droits de l'Homme (Droits
Humains), Richard Falk, n'a pas eu à forcer le trait dans son rapport
publié cette semaine. En rendant compte de ce qui se passe aujourd'hui
à Gaza et en Cisjordanie, il conclut que le gouvernement israélien
viole les Conventions de Genève et soumet Gaza a un état de siège
effectif et terrible. Les checkpoints et les interventions sécuritaires
se multiplient en Cisjordanie alors que le nombre d'autorisations de
construire octroyées aux colonies de peuplement s'est multiplié par
trois depuis les « accords » d'Annapolis qui stipulaient pourtant qu'il
fallait que l'expansion de ces dernières cesse.
Plus de 800 morts à Gaza dont une centaine
d'enfants, des exécutions ciblées, et sommaires, un blocus qui affame
une population entière…après que les autorités israéliennes aient
« promis » de lever le siège, de permettre l'assistance humanitaire et
de mettre un terme à la politique de peuplement. Qu'y a-t-il ne nouveau
au fond ? Rien, toujours les mêmes mensonges, toujours la même
hypocrisie, toujours la même stratégie : gagner du temps, tromper les
instances internationales et l'opinion publique, opprimer un peuple
pour le forcer à l'étouffement, à l'abandon et enfin à la reddition.
La stratégie israélienne a partiellement réussi sur
un point ce faisant. Transformer la question palestinienne en question
« humanitaire ». Il faudrait donc « assister » le peuple affamé (dont
la situation n'aurait pour cause que ses « dirigeants extrémistes et
terroristes »), lui offrir le pain, le maintenir en état de survie. Les
inondations d'hier confortent cette idée qu'il s'agirait, pour les
Palestiniens, de se voir offrir une « compassion internationale » pour
un peuple faisant face à « une catastrophe humanitaire » multiforme.
Quel mensonge. Quelle hypocrisie... qui permet, au
demeurant, de faire croire que sur le plan politique, on aurait affaire
à deux adversaires également responsables, également coupables. Le
souci « humanitaire » légitime permet ainsi une neutralité politique
illégitime, et surtout lâche de la part de la communauté
internationale. Car enfin l'oppression continue, la mort des innocents,
le déni de droits, les exécutions, les humiliations…l'occupation au
jour le jour de la Cisjordanie et le siège féroce et inhumain de Gaza.
Et pourtant, la stratégie globale est vouée à
l'échec. Le peuple palestinien ne plie pas, ne disparaît pas et les
consciences qui s'éveillent se répandent à travers le monde. 73%¨des
Européens soutenaient Israël au début des années soixante-dix… 67%
soutiennent désormais les Palestiniens. Une inversion. On ne peut pas
mentir indéfiniment. L'Histoire parle et parlera. Sur le terrain, la
politique israélienne est en train de mettre un terme, dans les faits,
à une possible solution de deux Etats. Bientôt, il faudra regarder la
réalité en face, celle qu'un grand nombre parmi nous a défendue depuis
tant d'années : un Etat, un Etat de droit, avec une citoyenneté
égalitaire pour tous, juifs, chrétiens, musulmans ou autres et la vraie
transparence démographique et démocratique…
Pour l'heure, les voix dans l'Histoire doivent
rappeler le sens de l'Histoire et de la dignité des femmes, des hommes
et des enfants. La défense des droits de la Palestine et des
Palestiniens est un impératif moral, un ordre de la conscience, une
condition de la dignité. Notre engagement et notre soutien, dans nos
cœurs et nos esprits, ne doivent pas se traduire comme des actes de
charité mais des revendications de justice. Il n'est pas question de
s'agenouiller pour réconforter le mendiant, ses besoins et ses larmes
mais de se lever pour confronter politiquement l'oppresseur, ses
mensonges et ses armes.
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| mardi 09 décembre 2008, a 07:27 |
| Barack OBAMA : Espoir sans Naïveté |
Les
huit années qui viennent de passer sous la présidence de George W. Bush
et de son administration nous ont habitués a tellement d'erreurs, de
mensonges, d'instrumentalisations et de manipulations politiciennes que
l'on ne peut que se réjouir qu'une page se tourne enfin dans l'histoire
des Etats-Unis. A partir de septembre 2001, l'essentiel du propos
politique de l'administration Bush s'est concentré sur la guerre
« contre le terrorisme », « contre les Talibans », « contre Saddam
Hussein » et plus largement « contre l'axe du Mal ». Les citoyens
américains ont peu à peu pris conscience du vide de cette rhétorique
guerrière, et arrogante, dont le candidat John McCain ne s'est
finalement pas vraiment distancer. Barack Obama est désormais le
président des Etats-Unis et on peut saluer cet événement pour de
nombreuses raisons sans tomber dans l'évaluation naïve des perspectives
d'avenir.
Les racines,
le passé et les multiples identités culturelles de Barack Obama
contrastent furieusement avec le profil de George Bush ou de John
McCain. Il a forcément une compréhension et un rapport différents avec
les autres pays du monde, et notamment ceux du Sud, et avec la société
américaine elle-même. C'est à partir de ce capital d'être et
d'expérience que l'on est en droit d'espérer de nouvelles politiques
intérieures et internationales. Sur le plan fondamental, Colin Powell
avait justement posé les termes de la question : Barack Obama n'est pas
musulman, il est Noir et chrétien mais, au fond, qu'y aurait-il de mal
à ce qu'il soit musulman ? Y a-t-il un problème à être
« African-American » et/ou musulman dans l'Amérique d'aujourd'hui ?
Alors que l'Amérique semble s'accommoder majoritairement de l'élection
d'un Noir, tout semble montrer qu'un nouveau racisme antimusulman s'est
installé après septembre 2001. Face à ces peurs et à ces
positionnements ethniques et religieux, l'origine et le passé de Barack
Obama devraient lui permettre de devenir le président de tous en
refusant paradoxalement les faux clivages, l'ethnicisation, la
culturalisation ou la « religionisation » de la question sociale aux
Etats-Unis. Barack Obama ne deviendra le symbole d'une nouvelle
Amérique que s'il utilise son statut de président afin de promouvoir
des politiques intérieures qui défendent l'égalité des citoyens, la
justice, la lutte contre les discriminations à l'emploi ou à l'habitat,
de nouvelles politiques urbaines. Une politique intérieure qui
répartissent mieux les opportunités et les pouvoirs entre les
citoyennes et les citoyens de quelque origine qu'elles/ils soient. La
force du premier président noir sera de faire oublier sa couleur pour
se préoccuper exclusivement de promouvoir des politiques sociales
égalitaires et sans couleurs. Le pari n'est pas gagné.
Sur le plan
international, Barack Obama devrait enfin mettre un terme à la surdité
de l'administration précédente qui s'efforçait de persuader les
Américains que ceux-ci étaient « victimes » d'agresseurs qui
« détestaient » leur civilisation et leurs valeurs. Au-delà de la
condamnation des attentats terroristes – qui est quasi unanime et qui
ne doit souffrir aucune condition - , il faut entendre les critiques et
les griefs qui proviennent des populations du monde entier. La
politique de Bush a engendré un rejet internationalement partagé des
Etats-Unis. Il faudra commencer par des actes symboliques mais qui
montrent clairement que pour le nouveau président la vie d'un Afghan,
d'un Irakien ou d'un musulman a autant de valeur que la vie d'un
Américain. Que l'on cesse ce langage arrogant et guerrier et que l'on
ferme les prisons de la honte à Guantanamo mais également en Afrique et
à travers le monde. Barack Obama ne peut plus justifier, au nom de la
sécurité des Etats-Unis, la mort des innocents, la torture légalisée et
les traitements indignes dans les extraditions et jusqu'à la gestion
discriminatoire des visas américains. Si les origines multiples de
Obama sont porteuses d'espoir c'est dans l'exacte mesure où elles
devraient lui permettre de rester ouverts et non pas justement pour
qu'il s'y enferme aveuglément en les utilisant comme un prétexte ou un
alibi.
La campagne
nous a montré qu'il ne fallait pourtant pas se faire trop d'illusions.
Les changements pourront être conséquents dans certains domaines mais
ils resteront très relatifs dans d'autres. Le conflit
israélo-palestinien est central pour la paix du monde et on a pu voir
Barack Obama tenir des propos tellement en faveur d'Israël (devant le
lobby pro-israélien américain AIPAC) qu'il y a fort à parier que rien
ne changera substantiellement sur cette question. Comme d'ailleurs sur
la politique destinée à faire face à la crise économique globale. On
semble, dans ces deux domaines (soutien à Israël et défense l'économie
libérale), toucher à des espaces sacrés, à des dogmes, que personne ne
semble avoir le courage de questionner aux Etats-Unis. L'avenir du
monde dépend pourtant de ce conflit local-global et de l'ordre
économique international.
Il faut donc
entretenir un espoir mesuré. Il est certain que des choses changeront,
positivement, avec l'avènement de Barack Obama. Il faut les saluer sans
perdre sa capacité critique quant aux sacro-saints dogmes de
l'establishment qui peine à reconnaître la dignité du peuple
palestinien et les dégâts d'un ordre économique qui, au bout de sa
logique et des endettements, tuent des millions d'innocents à travers
le monde et jettent aujourd'hui des familles entières d'Américains à la
rue. Au sortir d'une campagne électorale qui n'a jamais été aussi
couteuse, il est bon de se souvenir que les victimes de la crise
économique globale seront désormais autant américaines qu'africaines ou
asiatiques. C'est à l'aune de ces défis que Barack Obama prouvera ou
non qu'il est le président de tous et du vrai renouveau.
Les musulmans
aux Etats-Unis et à travers le monde sont majoritairement satisfaits :
ils espèrent voir la fin de ces politiques de la peur, de la méfiance
et de la polarisation répandues par l'administration Bush. Les
musulmans ont néanmoins leur part de responsabilité : se libérer de la
mentalité de victime, être plus cohérents avec leurs propres valeurs,
se libérer de leur ghetto intellectuel et enfin être positivement, et
de façon critique, proactifs afin de se sentir appartenir à ce « Nous »
(ce « We »), engagés dans les réformes au moment où ils répètent « Yes,
WE can ». |
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| mardi 09 décembre 2008, a 07:20 |
| LE JEUNE, LE SOUVENIR, LE SACRIFICE |
A
l'heure où les pèlerins sont à Arafat, les musulmans du monde jeûnent.
Tous se rapprochent et se souviennent, de la périphérie au centre,
l'existence de l'Un, Sa miséricorde, Son pardon, Son Amour. Sa
proximité.
Il est l'Un (al-Ahad), Il est le Miséricordieux (ar-Rahmân), Dispensateur de toutes les miséricordes (ar-Rahîm). De Lui, en ces jours, Il faut se rapprocher. Méditer, servir, aimer.
Servir, aimer, méditer. Du plus
profond de soi, chercher et trouver le sens et le don, et les couvrir
de générosité et d'amour.
La fête du sacrifice est une fête de
l'amour. Une St Valentin, puissance éternité. Il faut aimer, aimer et
servir, aimer et méditer.
Le sacrifice est un signe et un symbole. Faut rappeler qu'il est une sunna mu'akadda (tradition
certifiée) qui n'est pas une obligation formelle et qui peut être
remplacée par un don (ou l'équivalent en argent) pour éviter le non
respect des animaux ou le gaspillage. Faut-il rappeler cette méditation
à l'heure de la fête ?
Bonne fête dans l'amour, de l'Un et des vôtres,
Bonne fête dans le service de l'Un et des êtres humains,
Bonne fête dans la méditation, près de l'Un et du Sens
Loin du formalisme et des
apparences, partager en aimant le Divin à travers le respect de Sa
créature humaine autant qu'animale.
Dire BismiLLah... (Je commence par Dieu, Au nom de Dieu…) et répandre un peu d'amour et beaucoup de paix.
Salam ‘alaykum, la Paix soit avec vous, Bonne fête, Eid Mubarak
Tariq RAMADAN
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| lundi 08 décembre 2008, a 19:24 |
| SERMON DE TABASKI 2008 |
Au nom d'Allah, le Miséricordieux
par essence et par
excellence
Toutes les louanges sont à Allah, Seigneur des univers. Louanges
à Lui pour ses innombrables bienfaits, pour son immense générosité et pour sa
majesté. Il a honoré la Ummah
par l'accomplissement des bonnes actions qui conduisent à sa proximité et à sa
satisfaction.
Celui qu'Il guide aura reçu une lumière, tandis que sera dans
l'égarement manifeste, celui qui en est privé. Serviteurs d'Allah, craignez
Dieu et souvenez vous de Lui, Il se souviendra de vous. Remerciez-le pour Sa
guidance et Son don et n'oubliez pas que si « vous voulez énumérer les bienfaits d'Allah, vous n'y parviendrez
jamais ». 14/34
Que sa paix et son salut soient sur le Sceau des
prophètes (Saw), sa famille, ses compagnons
et les croyants, jusqu'au jour dernier.
La célébration de l'Aid El
Kabir est un grand moment de souvenir et de reconnaissance à Allah pour ses
multiples faveurs.
Il couronne la pratique du 5e
pilier qu'est le pèlerinage aux lieux saints
et nous rappelle au souvenir d'Abrahim(pbsl), le patriarche, dont la
figure emblématique illumine tous les itinéraires spirituels.
La signification du hajj dans
son aspect symbolique, correspond à ce voyage intérieur que nous sommes en
principe censés entreprendre pour revenir, comme c'est le cas du Hajj, à notre
état primordial, à notre cœur, à notre centre immuable et infini, lieu de l'unité
absolue, où toutes les contradictions se neutralisent, se fondent, pour laisser
place à l'être spirituel, à l'être universel, subsistant en Dieu.
La talbiya (réponse à l'Appel divin) formulée par le pèlerin vise précisément à
renouveler le Pacte primordial (al-mîthâq) scellé entre Dieu et les hommes dans
la pré-éternité, avant l'incarnation des esprits sur terre : « Ne suis-Je point votre Seigneur ? Ils
dirent : oui, nous en
témoignons »7/172).
On perçoit alors l'unité de
la communauté musulmane et, au-delà, de la communauté humaine. Puisque les
pèlerins proviennent de toutes les régions du monde, puis y retournent, quelque
chose du centre est ainsi disséminé à la périphérie. Par cette action répétée
chaque
année, la totalité de la communauté musulmane se trouve purifiée.
En ce jour de souvenir, celui qui est nommé le père des
Prophètes nous inspire une belle leçon
d'abnégation, de sacrifice et de renoncement.
Le saint Coran nous dit que
le prophète Abraham se vit confier la tâche de conduire l'humanité. "Et
rappelle-toi, quand ton Seigneur eut éprouvé Abraham par certains
commandements, et qu'il les eut accomplis, le Seigneur lui dit : « Je vais
faire de toi un exemple à suivre pour les gens". 2/125
Son itinéraire tout comme celui de tous ces prophètes nous montre
que la foi signifie résister, se battre, lutter et tous les jours persévérer.
Du haut des sept cieux, Dieu proclame : « Ceux qui luttent pour protéger
leur foi, Nous les guiderons sur notre voie. Dieu est avec les
bienfaisants » 29/70.
Souviens toi toujours
d'Ibrahim : Il a cru de toute l'énergie de son cœur et n'a eu cesse de
demander à Dieu de parler à son cœur ‘'pour
que mon cœur s'apaise'' 2/260 ; murmurait –il.
Il fut l'exemple de ceux qui
portent la foi, ‘'l'ami de Dieu" choisi, élevé, et rapproché.
La fête du Sacrifice. Un
signe, un souvenir, un rappel... ce serviteur, cet ami de Dieu, cet humble qui
a accepté et n'a eu de cesse de dire, de protéger et de lutter pour Dieu, pour la Lumière, pour la vérité.
Jusqu'au bout.
-Takbir
Abraham abandonne sa familledans cet endroit désertique en les confiant
à Allah en ces termes : ‘'Mon Dieu,
je viens de laisser ici ma famille. La provision qu'ils ont en leur possession est insuffisante,
si elle s'épuise, ils mourront, mon Dieu je te les confie par rapport à leur
subsistance, à leur vie. Faites en sorte, mon Dieu, que ce désert soit une
terre fertile où va converger toute l'humanité, un lieu ou il y aura la
provision, l'eau, en abondance, où il n'y aura aucune pénurie afin qu'ils
puissent t'adorer'' 14/ 35-37
Ceci montre que l'invocation,
la confiance en Allah est primordiale pour l'homme et encore plus pour le musulman
qui doit être en contact permanent avec Dieu.
Référons-nous à la Mecque qui est aujourd'hui
une cité verdoyante vers laquelle tout le monde entier converge. A l'origine,
c'était une vaste plaine désertique nue où il n'y avait rien. L'histoire de la Mecque est liée à
l'invocation faite par Abraham notre père à tous.
L'invocation
est l'arme du croyant, comme le dit le Prophète Mohamad(Sws).
C'est l'invocation qui a permis à Adam et Hawwa d'être pardonnés et réadmis au
sein de la miséricorde divine, à Ayoub d'être
guéri, à Younous de sortir du ventre de la baleine, à Mohamed (sws) de vaincre
à Badr, à Zakariya d'avoir une progéniture, etc..
Aid el kabir est une fête à vivre en groupe car c'est un moment
de partage. On y partage la prière, le repas, les sourires et les cadeaux.
C'est le moment de chasser l'égoïsme, c'est le moment de rappeler à toutes et à
tous que nous sommes une religion d'amour, de rencontre et de solidarité.
Mais en toutes choses, le
musulman reste sobre et évite le gaspillage.
Aussi au niveau des réjouissances, il nous faut retenir que ce
qui est interdit avant Tabaski le
demeure en Tabaski et même après. ‘' Pas
d'obéissance à une créature dans la désobéissance à Dieu'' dit le Prophète
Mohamad (Sws).
-Takbir
Chers frères et sœurs
L'actualité nationale reste
marquée par la bonne récolte.
Les résultats prévisionnels
de la campagne 2008/09 s'élèvent à 4, 2 millions de tonnes de céréales
Au dessus des efforts fournis
par les uns et les autres pour accroître la production céréalière nationale,
n'oublions pas la grâce divine sans laquelle la bonne pluviométrie n'aurait pas
d'effet.
Il faut donc souhaiter que
des mesures soient prises pour que ces données aient une répercussion sur la
situation alimentaire avec une tendance
à la baisse des prix de certaines céréales.
Une chose est d'avoir de
l'abondance, une autre est de savoir gérer cette abondance avec gratitude, humilité
et équité.
Il faut, à l'évidence, prendre
des mesures pour éviter la spéculation et limiter l'exportation du surplus de
sorte à ne pas inhiber les efforts consentis ; encourager la population à
la consommation de la production nationale.
Comment ne pas rappeler le drame
de Boromo ?
Tout
en appelant les familles éplorées au courage et à la persévérance, il est bon
de rappeler à tous, que cette tragédie a
une responsabilité plurielle.
Des passagers qui acceptent d'être embarqués avec des
animaux à ceux chargés de réprimer
et qui ne le font pas, qui est
fautif ?
Tout le monde voit des cars
transportant animaux, matériaux de construction et passagers en même
temps : tout le monde se tait ! qui est fautif ?
Les comportements à risques
tels que l'usage du téléphone au volant ou encore l'excès de vitesse sur
nos voies sont des pratiques courantes.
Aux yeux et au su de tous, beaucoup
de nos moyens de transport sont de véritables cercueils ambulants, vendant la
mort à moindre coût : tout le monde le sait, mais tous se taisent !
La jeunesse constitue la
tranche de la population la plus touchée par les accidents de circulation et
les chiffres le prouvent.
Selon le ministère des
transports, 40% des personnes tuées par accident au Burkina ces dernières
années avaient moins de 25 ans.
D'ores et déjà se féliciter
des mesures du Gouvernement qui a décidé
de faire de la journée du 15 novembre de chaque année une journée
nationale de sensibilisation sur la sécurité routière;de revoir les
mesures de sécurité du transport routier par la réinstauration de la feuille de
route, de la liste des passagers avant embarquement, du contrôle et de la
stricte application des pénalités afin d'enrayer le transport mixte, la
surcharge des véhicules, l'excès de vitesse, etc.
Mais c'est moins dans les
textes que dans le changement de mentalités et de comportements que réside
la solution.
Il faut donc appeler les
burkinabé à un changement de
comportement tant dans les faits, gestes que dans les mentalités en vue d'un
civisme dans la circulation routière.
Chers frères et sœurs,
La journée du 1er
décembre, journée mondiale sida (JMS) a été célébrée cette année sous le
thème'' le leadership slogan Stop sida : tenir la promesse''.
Depuis sa création en 2002, la Cialis, symbole d'unité des
musulmans car regroupant la quasi-totalité des associations musulmanes a permis,entre
autres, la formation des Imams et prédicateurs
en communication pour un changement de comportement et en prise en
charge communautaire des personnes affectées et infectés, des femmes sur les
risques de la transmission mère-enfant, d'assurer la scolarité d'orphelins du
Sida et d'organiser des causeries éducatives sur les modes de transmission et
contre la stigmatisation des malades.
Avec l'existence des
coordinations régionales toutes les activités ont eu une couverture nationale.
Il faut donc appeler
l'ensemble des musulmans à soutenir toutes les activités sur la question; pour briser le
tabou, c'est une question de dévotion nationale.
Aussi, il nous faut appeler
les musulmans à plus de mobilisation autour de la pandémie, au changement de perception sur
le Sida et les malades du Sida et à lutter contre la stigmatisation des
personnes vivant avec le VIH.
Ainsi, témoignerons-nous de
notre engagement citoyen et notre
volonté d'accompagner les efforts des Autorités.
Etre là où les créatures de
Dieu ont besoin de toi, pour protéger, promouvoir, réformer, accompagner…..sur
le chemin qui mène à la
Source.
En un mot comme en mille,
vivre l'Islam, c'est vivre avec les autres, parmi les autres et leur être
utile, ‘'Nous vous avons créées à partir
d'un homme et d'une femme et fait de vous des nations et tribus pour que vous
tissez des liens entre vous. Mais sachez que le meilleur d'entre vous est celui
qui a la crainte de Dieu''
(Coran49 :13).
Si
la foi est véritablement une lumière, qui guide, éclaire, illumine,
montre le chemin, protège des déviations dans l'obscurité, cette foi doit
donc faire de nous des combattants de tous les défis et des instants.
‘'Sois
bon comme Dieu l'a été à ton égard'' proclame le livre sacré. 28/77.
Chers frères et sœurs,
A l'occasion de la fête de
l'indépendance, l'AEEMB sera décoré comme Chevalier de l'ordre du mérite de la
jeunesse et des sports : C'est une reconnaissance de l'engagement citoyen
de cette association.
Elle partage cette
distinction avec les parents d'élèves et étudiants qui ont fait confiance à ce
cadre de formation, à tous ceux et celles qui accompagnent depuis le premier
matin de sa naissance.
Ils sont nombreux, ceux, qui
dans la discrétion, d'hier à aujourd'hui, par leur apport multiforme, ont fait
de l'AEEMB ce qu'elle est.
A tous et à toutes, Allah,
l'exalté saura trouver la juste récompense ici et là-bas.
Ensemble, nous espérons
poursuivre cette noble ambition, qui se renouvelle de génération en
génération : offrir à notre nation, des hommes et des femmes de foi, qui
parce qu'ils ont intégré le divin dans leur quotidien, se mettent au service
des autres, grâce à une spiritualité citoyenne.
Le meilleur, sans nul doute
est à venir, grâce à Allah et à votre présence et votre soutien.
A cet effet, l'AEEMB espère
toujours bénéficier de votre soutien
pour son ambitieux projet de construction de sa mosquée, devenue exigue, au regard de l'affluence.
Les études liées aux aspect
architecturaux, de génie civil et de sécurité sont toujours en cours et les
contributions, bien qu'encourageantes, demeurent insuffisantes au regard des
besoins.
-Takbir
Chers frères et sœurs,
L'actualité du monde est
aussi marquée par l'élection de Barack Obama comme 44e Président des Etats-Unis d'Amérique.
Dans un pays ayant connu
l'esclavage, la ségrégation raciale et où la lutte pour les droits civiques,
l'élection de cet homme est riche d'enseignements.
Souvent en Afrique, des gens
sont considérés comme étrangers dans leur propre pays !
Une leçon du vivre
ensemble : lui, le descendant d'africains, se retrouver à la tête de la plus grande puissance du
monde, il y a là assurément des leçons pour l'humanité.
Toute la terre appartient à
Dieu et il nous demande de le parcourir pour tirer des leçons et apprendre à
vivre ensemble.
Vivre ensemble selon
l'Islam : aller à la rencontre de tous et de toutes, apprendre de l'autre,
partager des valeurs universelles de l'espèce adamique,
Vivre ensemble selon l'Islam,
c'est être avec Dieu et vivre avec les hommes, au-delà de la couleur, de
l'ethnie et autres.
Une leçon de persévérance et
d'abnégation : on doit lutter de toutes ses forces pour réaliser son idéal
et Dieu est avec ceux qui sont dans une posture optimiste. ‘Ne
désespèrent de la miséricorde de Dieu que les incroyants''. 12/87.
La crise financière que nous vivons frappe par sa rapidité et son enchaînement : la crise
immobilière américaine s'est transformée en crise financière et bancaire,
elle-même entraînant une crise économique mondiale avec des récession aux Etats-Unis, en Europe et partout
ailleurs.
Elle vient nous rappeler à tous, le besoin d'éthique et d'humilité.
Dans un pays comme le nôtre,
dépendant beaucoup de l'aide extérieure, il nous faut compter d'abord sur nous-mêmes, adopter
une posture optimiste et prospective pour relever les défis qui se posent.
De la part des gouvernants et
gouvernés, une meilleure gestion des deniers publics, une plus grande attention aux couches
défavorisées, qui ressentent plus une exigence de solidarité, une
hiérarchisation des priorités pour ne pas gaspiller les maigres ressources dont
nous disposons et bien évidemment une ardeur au travail, le travail bien fait.
DEUXIEME PARTIE
-Takbir
Chers frères et sœurs,
En ce jour de mémoire et de remerciement, nous devrions avoir une pensée pieuse pour tous ceux qui
sont éprouvés et avoir en mémoire que
Dieu, parce qu'il est plus proche de nous que notre veine jugulaire, Coran 2/187, a interdit de se
décourager, d'aller au désespoir et de dire : je suis perdu, Dieu m'a
abandonné.
Il nous faut marquer notre compassion
et notre solidarité à l'égard de tous ces hommes et femmes qui ici, là, là-bas
et ailleurs, qui souffrent sur la terre
de Dieu :
-Parce qu'ils ont perdu leur emploi,
traînent des maladies, parce qu'ils sont orphelins, endettés, pleins
d'angoisses et du mal de vivre.
Toutes ces épreuves, en plus de la
mort d'êtres chers, la misère et la pauvreté, la peur et le désespoir bafouent
la dignité des fils d'Adam.
Dieu est à proximité : « Certes, Je suis proche. Je réponds à
l'appel de qui m'appelle quand il m'appelle » 2/186.
Frère et sœur, sache que ta foi t'invite à être de ceux
qui ont un geste qui apaise, un sourire qui rassure, un cœur qui aime,
éclaire, illumine son entourage.
Notre foi est une foi d'amour
en Dieu et pour servir les fils d'Adam.
L'Islam est une voie qui nous
fixe un sens des finalités et nous guide
vers un horizon de valeurs : ne jamais oublier le lien vertical qui nous
nourrit de lumière pour éclairer l'horizontalité de nos rapports quotidiens
dans la cité des hommes.
C'est un message sublime dans sa profondeur et sa capacité de
transformer l'individu et la société.
C'est ce qui doit nous
amener, tous, à être des porteurs de cette étiquette de miséricorde.
C'est pour cela que le Coran est :
-al houda, le chemin idéal
pour ne pas se perdre ; al fourquan, le distinguant du mal et du
bien ; an-nour, la lumière qui éclaire et montre le chemin ; az-zikr,
le rappel pour ne pas oublier l'essentiel ; al moubarak, la source de
bénédiction ;ar-rissalat, la lettre que Dieu t'adresse parce qu'il veut te
parler ; al kitab, le livre que l'ont lit pour apprendre à être, pour
savoir–être avec Dieu, pour savoir vivre avec ses créatures.
Chers, Frères et Sœurs,
Le
temps et ses déchirures nous prennent souvent une partie de nous-mêmes et
seul un cœur présent peut échapper à l'oubli.
Dieu
nous invite a avoir le lien permanent avec lui : ‘'Ne soyez pas comme ceux qui ont oublié Dieu et Dieu fît qu'ils
s'oublièrent eux-mêmes''. 59/19-21
Pour
maintenir notre cœur éveillé et attentif, Dieu fît de nous unecommunauté
de rappel : cinq fois par jour, un cœur présent à travers la prière ;
chaque vendredi, un bilan hebdomadaire ; une fois dans l'année au mois de
Ramadan, le retour à lui pour nous recharger spirituellement ;
répondre à son appel, une fois dans sa vie (qui efface tous les péchés) en
allant aux lieux saints.
Chaque
jour, à chaque instant, le cœur du croyant ne peut que désirer Dieu.
Habillons nous des vêtements
de la piété, ce sont les meilleures parures, dit le Coran.
Chaque jour qui passe est une
partie de notre vie qui s'en va, multiplions alors nos bonnes œuvres pendant
que notre vie diminue.
Tout disparaît sauf Dieu,
mais ce qui a été fait au nom de Dieu ne disparaît pas.
Chers frères et sœurs,
Les derniers jours du mois de décembre pressent le pas Janvier nous offrira une nouvelle page ou l'aurore de l'année 2009 illuminera dans les esprits et les consciences, des rayons d'espoirs et de défis. C'est toute cette mélodie du temps qui inspire nos vœux ardents et à l'endroit de chacun de vous.
Que
les instants à venir nous apportent à
tous la joie et le bonheur, dans nos familles et dans la nation.
Qu'ils
nous procurent la joie d'être en compagnie des gens qui nous font aimer Dieu,
qui partagent avec nous leur amour de Dieu et qui veulent nous faire connaître
le vrai bonheur, celui d'être parmi les bien-aimés de Dieu, içi et là-bas.
Qu'Allah nous guide, nous
protège et nous comble de sa grâce.
Imam TIEMTORE Tiéogo
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| vendredi 05 décembre 2008, a 18:24 |
| DIX JOURS |
Nous y entrons sans vraiment nous en apercevoir.
Dix jours de l'année…avant la fête du souvenir et du sacrifice.
Abraham allait vivre l'épreuve de l'amour. Et pour être allé au bout de la confiance, son amour fut sauf, et son fils sauvé.
La vie est un pèlerinage. Il faut encore et encore revenir au centre, à soi.Le cœur.
Le cœur… qui veut dire le centre,
soi, la vie, l'amour et la foi. La vie est un pèlerinage du cœur, vers
le cœur, pour le cœur. Il faut aller avec cœur.
D'aucuns vont se mettre en route. D'autres suivre leurs routes. D'autres prier et jeûner. D'autres encore oublier.
Dix jours. Le silence. Abraham a souffert d'aimer et c'est pourtant cet amour qui l'a libéré.
L'aventure de la foi. L'amour est
prison ou liberté et c'est le choix de chacun de chercher la clef…de sa
prison, ou de la liberté.
Un chemin, en chemin, une clef
Tariq RAMADAN
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| samedi 08 novembre 2008, a 20:40 |
| CONTRE LES MARIAGES FORCES : LES SENS D'UN REFUS |
Personne aujourd'hui ne peut dire ce qui se passe exactement dans le secret des familles et des décisions relatives aux mariages des enfants. On constate, dans de nombreux pays européens, une recrudescence des fugues de jeunes (adolescents ou adultes) juste avant l'été car ceux-ci craignent d'être emmenés dans les pays d'origine pour y être mariés de force. Avec ce constat, on peut ajouter quelques données factuelles que l'expérience du terrain a permis de vérifier. Les mariages forcés ne concernent pas que les filles ni une culture ou une religion (ils sont pratiqués en Afrique, en Asie, en Amérique ou en Europe parmi les hindouistes, les bouddhistes, les juifs, les chrétiens et les musulmans, etc.) et touchent toutes les classes sociales (des plus pauvres jusqu'aux milieux aristocratiques des sociétés contemporaines). Il est difficile de percer les silences et même de déterminer quand il s'agit d'un mariage forcé ou d'un « mariage arrangé » pour lequel l'individu concerné a pu décider et accepter les conseils et les choix de la famille. Parfois, la précision psychologique qui accompagne les mariages arrangés les transforment, de fait, en mariages forcés et ce n'est pas acceptable. Mais tous les mariages arrangés ne sont pas des mariages forcés : il faut donc être prudent, écouter, dialoguer, accompagner et parfois trancher. Quand le jeune adulte, garçon ou fille, est forcé d'agir contre son cœur, ses désirs et sa conscience parce qu'il/elle est contraint(e) objectivement ou psychologiquement, alors il s'agit d'un mariage forcé qu'il faut prévenir et refuser. Ce n'est pas toujours facile.
Pendant quatre ans l'association faîtière rotterdamoise SPIOR a travaillé sur cette question et a organisé des rencontres avec les parents, les jeunes, les responsables religieux, pour répéter avec force que rien ne pouvait justifier ce type de mariage. Les responsables de SPIOR ont également répété qu'il ne s'agissait pas de pratiques exclusivement musulmanes mais que, comme cela se passait aussi dans les communautés musulmanes et que certains parents le justifiaient au nom même de l'islam, il fallait se prononcer clairement contre cette trahison des enseignements islamiques. Un manuel d'information et de renseignements pratiques a été publié (Main dans la Main contre les mariages forcés) et distribué aux familles, aux travailleurs sociaux et aux responsables d'associations. Dans le cadre de mon engagement (académique et social) auprès de la municipalité de Rotterdam, j'ai rencontré les responsables de SPIOR et leur ai proposé de lancer ensemble (SPIOR et la Municipalité) Une campagne européenne contre les mariages forcés. Le manuel a été traduit en huit langues (dont l'italien, l'arabe et le turc) et des rencontres ont été organisées dans les capitales européennes, de Bruxelles à Berlin en passant par Londres et Madrid, etc. Nous serons le 21 octobre à Turin pour lancer la campagne en Italie et mobiliser l'opinion publique autant que les politiciens et les responsables d'associations.
Cette campagne a été très majoritairement saluée et on a vu, comme en Belgique, le conseil des imams, appeler ces derniers à consacrer un de leurs sermons à cette question. Près d'une cinquantaine ont répondu à l' appel à travers le pays alors qu' une mairie (Molenbeck) et les medias ont porté l'initiative de façon très positive en comprenant qu'il fallait, ensemble, briser le silence. Toutefois, nous avons aussi essuyé des critiques : des musulmans nous ont reproché de stigmatiser l'islam et de parler d'un phénomène marginal. Or, nous avons répété que ce dernier ne concernait pas uniquement les musulmans mais qu'il fallait catégoriquement dénoncer les fausses justifications religieuses. Le mariage forcé est tout simplement anti-islamique. Personne ne sait le nombre exact de cas mais c'est le silence de plomb qui couvre ces pratiques qui nous fait penser que le phénomène est marginal. Il y a trop de cas et il faut avoir la dignité d'en parler. Des milieux laïques nous ont reproché d'en faire une affaire religieuse ou de vouloir récupérer « leur » cause : il est triste de constater que certains pensent que la cause des droits humains ou du respect de l'intégrité des personnes soit un espace de compétition et de disputes stériles. C'est ensemble qu'il faut travailler et si certains justifient ces pratiques au nom d'une compréhension biaisée de la religion, il est bon qu'une parole religieuse s'exprime et vienne contester la légitimité de ces dénis de droit. La parole religieuse n'est pas, et ne peut pas être, exclusive mais elle est nécessaire comme on a pu s'en apercevoir en parlant avec certains parents pensant agir selon l'islam, avec amour, et au nom du bien de leurs enfants. La question est délicate : il faut condamner les mariages forcés et les solutions exigent du temps, de l'écoute, de l'empathie, de reconnaître l'amour des parents sans accepter l'usurpation du droit des enfants. C'est ensemble, en additionnant nos ressources et nos compétences, et au nom de nos valeurs communes que nous gagnerons cette lutte. Tariq RAMADAN |
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| jeudi 06 novembre 2008, a 13:08 |
| LA PRATIQUE DU HADJ |
FSI, après le jeûne du mois de ramadan, le Hadj est l'événement qui polarise actuellement l'attention de la oumma dans son ensemble. A quelques jours du départ pour les lieux saints, organisateurs et pèlerins se préparent activement pour réussir l'événement.
Cependant, s'il y a un aspect qu'on devrait mettre au devant de ces préparatifs, c'est bien l'apprentissage des rites du hadj. Le pèlerinage n'est ni un simple voyage, ni un voyage touristique. Il est avant tout un acte cultuel, le cinquième pilier de l'islam. A l'image de toute pratique cultuelle, il comprend des rites qu'il faut connaître et savoir le sens profond avant de prétendre aller à la Mecque. Tout comme nous avons mis du temps à apprendre à prier, si on se décide d'aller au pèlerinage, il faut apprendre sérieusement les rites du hadj. Dans un hadith quoudsi, Dieu nous dit : « connaissez-moi avant de m'adorer car si vous ne me connaissez pas, alors, comment allez-vous m'adorer ? ». C'est pourquoi chaque futur pèlerin doit faire de l'apprentissage de la pratique du hadj une priorité. Du reste, Dieu nous recommande de faire de cela la prioritéde nos priorités quand il dit : « le pèlerinage s'effectue en des mois déterminés. Quiconque s'y engage, devra s'interdire tout rapport sexuel, tout libertinage et toute dispute durant la période du pèlerinage. Quelques bien que vous fassiez, Dieu en a connaissance. Prenez vos provisions, mais la meilleur des provisions est la piété. Craignez-moi, o homme doués d'intelligence !» C2V197. Ainsi donc Allah nous invite dans ce verset, à mettre l'accent sur la préparation spirituelle du pèlerinage, qui reste la seule voie de réussite de cette pratique.
Dans le sermon d'aujourd'hui nous allons revenir succinctement sur les actes qui constituent le rituel du Hadj afin que cela soit un rappel pour tous et surtout les candidats au pèlerinage 2008.
FSI, le pèlerinage comprend des actes obligatoires, des actes surérogatoires et des interdits.
Les actes obligatoires du pèlerinage
Ce sont les piliers fondamentaux du pèlerinage donc l'omission ou la négligence de l'un d'entre eux invalide le pèlerinage.
1- L'intention
D'après le célèbre hadith du prophète (SAW) connu par tous et rapporté d'après Omar,« les actes ne valent que par les intentions qui l'ont inspiré ». Cela est aussi valable pour le pèlerinage dont l'intention doit par ailleurs préciser le type de pèlerinage dont on accomplira. Selon l'intention que le pèlerin formulera, on distingue trois modalités de pèlerinage :
- l'ifrad : l'intention de faire le grand pèlerinage uniquement,
- le quiram : l'intention d'accomplir conjointement le grand pèlerinage et la oumra sans quitter l'état de sacralisation jusqu'à la fin du hadj,
- le Tamatto : l'intention d'accomplir la oumra puis on se désacralise et le 8 zoul hadj on entre en état de sacralisation pour le grand pèlerinage.
2- L'ihram
C'est la première étape du hadj. Elle consiste à entrer en état de sacralisation pour le pèlerinage.
Elle a lieu à l'entrée du territoire sacré dans un site approprié appelé Mikat.
Arrivé au Mikât, le pèlerin
-prendre un bain rituel,
- taille ses ongles, épile les aisselles et le pubis,
- formule l'intention en précisant l'option du hadj qu'il voudra accomplir
-porte la tenue d'ihram qui comprend pour l'homme deux pagnes
- commence à répéter la Talbia qui consiste à dire : « labbayka allahoumma labbayk ! labbayka lâcharîka laka labbayk ! innalhamda wanimata laka wal moulk, lâcharika laka labbayk ! ». il signifie « Me voici, Seigneur, me voici ! Me voici ! Tu n'as point d'associé ! A toi la louange, la grâce et la souveraineté. Tu n'as point d'associé ! ». Cette formule a des variantes et elle sera la formule la plus répétée par le pèlerin et à toutes les étapes du hadj. Il conviendrait donc que chaque pèlerin la retienne dès maintenant.
Les interdits de l'état d'ihram
Une fois en état de sacralisation, le pèlerin ne doit plus commettre les actes suivants :
- coiffer ou se raser la tête ou bien raser ou coiffer la tête d'autrui
- tailler les ongles ou les orteils
-se parfumer
- porter un habit cousu, se couvrir la tête pour les hommes.
-Les femmes sont autorisées de porter des habits cousus et le voile. Mais elles doivent pas fermer le visage ni porter des gans
- porter des chaussures fermées (seules les sandales sont autorisées)
- chasser des gibiers et les tuer
- couper des plantes
- conclure un mariage ou faire une proposition de mariage
- faire des préliminaires de rapports (baiser, caresses…) et des rapports sexuels (même entre conjoints légaux).
Celui qui commet un de ces interdits doit une réparation sous forme d'expiation.
Pour celui qui se coiffe, se rase la tête, se taille les ongles, se parfume ou porte un habit cousu, doit en expiation de chaque acte commis, trois jours de jeûne ou nourrir six pauvres ou encore offrir une bête en sacrifice comme indiqué dans C2V196.
Celui qui tue un animal doit en compensation donner en sacrifice une offrande équivalente (C5V95). De même celui qui commet les préliminaires de l'acte sexuel doit offrir un mouton en sacrifice. Quand à celui va jusqu'à faire des rapports sexuels, pèlerinage s'annule. Que Dieu préserve de ses interdits.
3- le tawaf
Le tawaf est l'un des piliers fondamentaux du hadj.
Il consiste à effectuer sept fois le tour de la maison sacrée de Dieu. Il débit à l'angle de la pierre noire matérialisé par une ligne noire qui traverse le rayon de la cuvette qui a la kaaba à son centre. Pendant la tawaf, on doit être en état de pureté, se couvrir la nudité, avoir la sainte maison à gauche, ne pas interrompre sans avoir boucler les sept tours. Il est recommandé de presser les pas lors des trois premiers tours ( pour hommes capables), baiser la pierre noire ou de faire un geste de loin, faire abondamment des invocations de toutes sortes et en toute langue, de faire deux rakats à la fin du tawaf au niveau de la station d'Abraham (Makam Ibrahim) et ensuite s'abreuver à la source de zam zam.
Au cours du tawaf, il est interdit de prononcer des propos vains, de bousculer et de nouir à autrui (par des gestes ou des paroles). Le doit être accompli avec recueillement et concentration dans le sentiment de la grandeur de Dieu, de sa crainte révérentielle et dans l'espoir de sa récompense. Celui qui perd ses ablutions au cours du tawaf doit l'interrompre pour aller les refaire et revenir recommencer à zéro. Le tawaf est annulé comme la prière par l'état d'impureté.
On distingue quatre types de tawaf :
- le tawaf al-Quoudum : le tawaf à l'arrivée du pèlerin à la Mecque
- le tawaf al- ifâda : le circuit de déferlement accompli après le retour de la station d'Arafat
- tawaf al-wadâ : le tawaf d'adieu accompli quand le pèlerin quitte la Mecque pour retourner dans son pays.
- le tawaf surérogatoire que le pèlerin peut accomplir à tout moment tant qu'il est à la Mecque. D'après le prophète (SAW) « quiconque accomplit un tawaf aura pour chaque pas qu'il a fait une bonne action inscrite pour lui, un péché effacé à son compte et sera élevé d'un degré ». Rapporté par Al haquim.
4- le SAYE
C'est la marche entre SAFA et MARWA deux collines des environnants de la kaaba. Il fait suite au tawaf et survient après avoir bu l'eau de zam-zam, le pèlerin se dirige vers SAFA, où il commence le saye qui comprend sept fois le trajet entre les deux collines. Il faut compter un trajet de SAFA à MARWA et un 2e trajet de MARWA à SAFA. Et ainsi de suite on terminera le SAYE à MARWA. Au cours du Saye il faut également invoquer et chanter les louanges de D en se rappelant de la situation Hagar, la femme d'Abraham et son fils Ismaël de la vie desquels cette pratique tire ces origines.
5- la station d'ARAFAT
Il consiste à se déporter de Mina à la vallée du mont ARAFAT le 9e jour du Zoul hadj pour aller y demeurer tout l'après midi jusqu'au coucher du soleil. C'est le plus grand moment du hadj à propos duquel le prophète (SAW) dit : « le pèlerinage c'est ARAFAT ». Celui qui rate la station d' ARAFAT à rater son pèlerinage. Un pèlerin qui manque toutes les étapes et qui arrive à se rendre à ARAFAT, son pèlerinage est valable. ARAFAT est aussi un grand moment du hadj en ce sens que ce jour, toutes les invocations des pèlerins sont systématiquement exaucées. Ainsi, il faudra mettre cela au profit pour prier, invoquer Dieu, faire toutes ses doléances et ses projets à Dieu, prier pour tous ses proches et son pays.
Les actes sunna du hadj
En plus des piliers du hadj, il y a des actes surérogatoires qui comprennent
- le séjour à Mina le 8e jour de Zoul hidja. Cet acte marque le début du grand pèlerinage.
- Le passage à Mouzdalifa au retour du mont ARAFAT où l'on accomplira en djam'ou les prières de Magrib et Ichai et l'on n'y quitte qu'après la prière de Soubh.
- Le retour à Mina le 10e jour où on effectuera la lapidation de Djammarat Aquaba (la grande stèle de satan) le matin, puis le sacrifice de la tabaski obligatoire pour le pèlerin et ensuite on se rase la tête. Cela marque le début de la désacralisation car toutes les interdictions sont levées à partir de ce moment sauf les rapports sexuels qui ne seront autorisés qu'après le tawaf ifâda (le tawaf de retour d'ARAFAT) dont on a la possibilité d'accomplir le 10e jour ou bien on peut le retarder au retour définitif de la Mecque.
- Le séjour à Mina de deux ou de trois jours de tachriq pour la lapidation des trois stèles de satan.
Toutes ces étapes et rites du pèlerinage ont un sens et une signification profonde sur les quels nous reviendrons dans les prochains sermons.
FSI, retenons pour le moment que le hadj est un ensemble de rituel qui a un contenu essentiellement spirituel qu'il faut connaître avant de s'y rendre.
A tous, nous souhaitons un bon pèlerinage avec moins de problèmes et moins de difficultés.
Imam El Hadj Tiguiani NOMBRE
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| samedi 25 octobre 2008, a 00:44 |
| LES INTERDITS DANS LE CORAN |
INTRODUCTION
La loi islamique répartie l'ensemble des activités humaines en plusieurs groupes :
1-Fard ou wadjib (devoir ou obligation) : regroupe les activités dont l'accomplissement est récompensé et l'omission punie. (Faire citer des exemples)
2-Mandoub (recommandé) : c'est une action dont l'accomplissement est récompensé mais l'omission n'est pas punie.
3-Moubâh(silence) :ce sont des choses permises par le silence du coran et du prophète(saw).
4-Makhrouh (désapprouvé) : ce sont des actions désapprouvé mais non punies.
5-Haram (interdit) : c'est l'ensemble des actes interdits et punis par la loi.
6-Halal(permis) : ce sont les actes autorisés par la loi. S'ils sont accomplis au nom de Dieu , il y a une récompense.
Dans le cadre de ce cours, nous allons examiner ensemble la question du haram(interdit).
I) Définition
L'interdit (haram), c'est ce que la loi divine a dit de ne pas faire sous peine de punition. C'est une absence formelle d'autorisation de sorte que le contrevenant s'expose au châtiment de Dieu dans l'au-delà de même qu'il peut encourir une sanction légale dans ce bas monde.
II) Les principes de l'islam en matière de halal et de haram
La définition de l'interdit se fait conformément aux principes suivants :
1-la règle première (originelle) en tout est la permission
2-seul Dieu a le droit d'autoriser et d'interdire
3-interdir le licite (halal) et autoriser l'interdit (haram) sont étroitement lié à l'associationnisme
4-l'interdit se rapporte toujours aux choses impures et nocives
5-il y a dans les choses licites de quoi se passer des choses interdites
6-tout ce qui mène à l'interdit est lui même interdit
7-la ruse pour faire passer l'interdit est elle-même interdite
8-la bonne foi n'excuse pas l'interdit
9-le devoir d'éviter les choses équivoques
10-pas de complaisance et pas de différence dans le jugement des interdits
11-la nécessité lève l'interdit.
III) Sens de l'interdit
Dieu qui est le créateur des humains et qui leur octroie ses biens sans compter est libre de nous interdire ce qu'il veut mais par miséricorde, Il a permis certaines choses et en interdit d'autres. L'interdiction (haram) se rapporte aux choses impures sauf si ce n'est un châtiment (exemple des Juifs…).Lorsque Dieu interdit quelques choses, c'est dans le but de préserver la santé et l'intégrité de l'être humain.
IV) Les conséquences de la transgression des interdits.
Les interdits sont à l'image d'une frontière séparant une zone de paix et une zone de guerre. Pénétrer dans la zone de guerre nous expose à des risques certains.
Lorsqu'on commet un interdit on s'expose aux faits suivants :
-La colère de Dieu
-La diminution de la foi
-La condamnation des humains
-La punition au jour du jugement
-Le poids de sa conscience
Par contre celui qui obéit à Allah en évitant les interdits est :
-aimé de Dieu
-tranquille avec sa conscience
-respecté des autres humains
-élu au jour du jugement dernier.
V) Quelques cas d'interdits dans le saint coran
1-le mensonge : « …abandonner le culte des idoles et cesser de mentir »(S22v7)
« …la colère d'Allah sera sur lui s'il est un menteur »
2-la fraude : « Malheur aux fraudeurs qui lorsqu'ils achètent aux autres exigent pleine mesure, mais qui lorsque eux-mêmes mesurent ou pèsent pour les autres faussent et trichent dans la mesure. »(s83v1-3)
3-l'arrogance : « Ne marche pas avec arrogance sur la terre, car jamais tu ne pourrait la fendre ni te hisser au niveau des montagnes » (s17v37) (voir aussi S57V23)
4-La corruption :(S2V60)
5-La moquerie : (S49V11) « Ô vous qui croyez ! Ne vous moquer pas les uns les autres…. »
6-L'hippocrisie : (S2V8 ;S63V1) : « D'aucuns parmi les hommes disent : ''nous croyons en Dieu et au jour dernier ‘' , alors qu »ils ne sont pas des croyants… »
7-L'avortement :(s17v31) : « Ne tuez pas vos enfants par crainte de la misère … »
8-L'intérêt et l'usure (s2v275) « Ceux qui pratiquent l'usure se présenteront le jour de la résurrection comme des aliénés possédés par le démons… »
9-Le vin et l'alcoolisme (s5v90) : « Ô vous qui croyez ! Les boissons alcoolisées, les jeux du hasard,…ne sont qu'une souillure diabolique. Fuyez les… »
10-L'adultère : « N'approchez pas la fornication… »(s17v32) voir aussi (s24v2).
11-Le vol :(s5v38) « Au voleur et la voleuse, coupez la main en punition de leur forfait… »
Conclusion
Le prophète (saw) répondant à Salman Al Farissi dit « Le licite est ce que Dieu a autorisé dans son livre ; l'interdit est ce qu'il a interdit ; et tous ceux à propos de quoi il s'est tu entre dans son pardon » tout musulman doit faire l'effort de connaître les interdits pour pouvoir s'en éloigné. « Il vous a effectivement détaillé ce qu'il vous a interdit».
Imam TIENDREBEOGO Ismael |
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| Présentation | SIMBORO Abdoul Azize
Professeur au CEG de TCHERIBA
Tél: (226) 70387898
Courriel : simborolm@yahoo.fr
Mon Blog: http://simboro.blog.mongenie.com
« Il n’est point de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va. »
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